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Découvrez "Délibérée", une revue de réflexion libre sur la Justice.

Après dix ans de "silence littéraire", le Syndicat de la magistrature revient sur la scène des médias avec la revue Délibérée aux éditions La Découverte.
Le Village de la justice s’est entretenu avec Matthieu Bonduelle, Rédacteur en chef de la revue Délibérée pour vous permettre de découvrir ce nouvel espace de réflexion ouvert et critique sur la justice, le(s) droit(s), les libertés et leurs enjeux.

Village de la Justice : Quelles ont été les motivations qui ont incité le Syndicat de la magistrature à créer cette revue ?

Matthieu Bonduelle : Le Syndicat de la magistrature a édité un journal pendant près de 40 ans, "Justice", conçu comme le support intellectuel de l’action syndicale. Ce journal a cessé de paraître en novembre 2007, essentiellement pour des raisons financières. Par la suite, le SM a diversifié ses modes de communication, en éditant notamment une revue électronique, mais il a fait le constat qu’il lui manquait un espace pour penser avec d’autres les grands enjeux pour la justice, le(s) droit(s) et les libertés.

"Il manquait un espace pour penser avec d’autres les grands enjeux pour la justice, le(s) droit(s) et les libertés."

C’est ainsi qu’est né le projet de lancer une revue en partenariat avec une maison d’édition et associant un nombre significatif de personnalités extérieures. Délibérée est coéditée par La Découverte, son comité de rédaction est composé de 18 membres, dont 9 sont extérieurs au SM (sociologue, politiste, historien, avocat, professeur de droit, militant associatif…).

Quels sont les objectifs, les ambitions de la revue Délibérée ?

"Il est nécessaire de travailler à renouveler la réflexion sur la justice dans une logique de transformation sociale."

Notre projet est indissociablement intellectuel et politique. Nous sommes convaincus qu’il est nécessaire de travailler à renouveler la réflexion sur la justice dans une logique de transformation sociale. Ce qui impose, d’une part, de s’attacher à défaire le paradigme libéral-sécuritaire qui étouffe aujourd’hui toute pensée voire toute intelligibilité, sur ce sujet peut-être plus encore que sur d’autres, et de s’employer à « vendre la mèche », c’est-à-dire à dévoiler la manière dont la justice est effectivement rendue et dont nos droits et libertés sont (ou non) protégés.

A qui s’adresse-t-elle ?

A tous ceux qui s’intéressent, à un titre ou à un autre, à la justice et au droit : les professionnels (magistrats, greffiers, avocats, universitaires…) mais aussi les journalistes, les militants, les étudiants et les simples curieux. La justice et le droit sont partout, il en est question tous les jours dans les journaux, chacun peut éprouver le besoin d’en savoir plus et d’y réfléchir. Peut-on critiquer une décision de justice ? Les juges aux affaires familiales sont-ils favorables aux mères ? Les juges sont-ils plus laxistes que les autres citoyens ? Quelle est la situation de la justice dans d’autres pays ? Comment la justice est vécue par celles et ceux qui y sont confrontés ? Voilà le type de questions que nous abordons.

Quel est l’état d’esprit de la revue ?

Faire vivre le débat d’idées et diffuser des connaissances sur la justice et ses enjeux.

Notre conviction est que la justice est une question de société. Elle n’appartient ni à ceux qui ont choisi d’en faire leur métier, ni à ceux qui rêveraient d’en faire un bouc-émissaire. Elle doit être utilement interrogée, discutée, contestée, et pour cela connue, comprise, appropriée. Il s’agit d’un travail critique à mener en commun. Même si le SM en est l’initiateur, et dès lors l’animateur naturel, cette revue n’est pas la sienne, elle a sa vie propre. Il ne s’agit pas pour nous de définir une doctrine, mais de faire vivre le débat d’idées et de diffuser des connaissances sur des questions méconnues et insuffisamment débattues.

Qu’apporte à la revue la diversité des origines professionnelles des auteurs ?

La diversité du comité de rédaction se retrouve en effet chez les contributeurs et nous y tenons, au nom précisément d’une conception ouverte de notre objet, pour multiplier les points de vue et les angles, ne pas être dans l’entre-soi syndical, judiciaire ou même juridique. Il n’y a pas que les juristes qui aient des choses intéressantes à dire sur la justice et il est sain que les juristes ne s’adressent pas qu’à eux-mêmes.

Le Village de la Justice apprécie la revue Délibérée pour :

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Délibérée n°1 (juin 2017)

La diversité des sujets abordés.
Dans le premier numéro (juin 2017), l’équipe éditoriale ouvre la réflexion sur le thème "Peut-on critiquer la Justice ?" La revue nous interpelle également sur la prison, sur la (non) justice en Turquie, sur les contrôles au faciès...
Extraits accessibles ici ; autre article accessible librement à lire ici.
Dans son deuxième numéro (octobre 2017), le dossier principal porte sur la question terroriste. Sont abordés également les thèmes du juge et de la justice sociale, de l’accompagnement des mineurs délinquants...
Extraits accessibles ici.
Le troisième numéro (sortie prévue en février 2018) a pour dossier principal "Drogues : un enjeu de société & de justice".

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Délibérée n°2 (octobre 2017)

La pluralité et la diversité professionnelle et géographique des auteurs.
Si la revue est animée par le Syndicat de la magistrature, les articles sont rédigés par des professionnels du droit, mais également, par des chercheurs, des sociologues, des médecins... Tous ces regards différents permettent une liberté de ton et de réflexion appréciable.

Ses dessins qui ne manquent ni d’humour, ni de réalisme, ni de piquant... !

Son format, qui nous permet d’emporter et de lire la revue en tous lieux.

Informations pratiques :

  • son éditeur : maison d’édition La Découverte,
  • sa fréquence : 3 numéros par an,
  • son prix : 12 euros,
  • ISBN : 978-2-7071-9765-8
  • où la trouver : la revue est accessible sur abonnement (36 euros par an pour 3 numéro d’une centaine de pages chacun), sur cairn.info et en librairie (sur commande).
  • un site : Edition La Découverte.

Propos recueillis par Marie Depay pour le Village de la Justice.

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