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Sortie Ciné : "une intime conviction" : l’apologie du doute portée au cinéma.

L’affaire Viguier, du nom de la victime, a longtemps défrayé la chronique. Elle a inspiré Antoine Raimbault, qui en a fait un film, "Une intime conviction". Sa sortie est prévue le 6 février 2019.
Ayant assisté à l’avant-première, le Village de la Justice vous en livre ses impressions.... et vous a fait gagner 10 entrées !

https://www.youtube.com/watch?v=xO0TCJYS46w

Un film sur l’affaire Jacques Viguier, au cinéma le 6 février, avec Marina Foïs et Olivier Gourmet (dans le rôle d’Éric Dupont-Moretti).

Un procès haletant.

De l’affaire Viguier, tout a été dit ou presque. C’est "le procès sans corps", une des plus grandes énigmes judiciaires du 21ème siècle.
Suzanne Viguier, professeur de danse, disparaît le 27 février 2000 de son domicile. Trois jours plus tard, son mari, Jacques Viguier, Professeur de droit public, vient signaler sa disparition à la Police, suivi une heure plus tard par son amant, Olivier Durandet, qui fournit son récit. Celui-ci soupçonne l’universitaire d’avoir tué sa femme.
Le décor est planté. Les événements s’enchaînent. Jacques Viguier semble étrangement peu concerné, évasif, son attitude est incompréhensible. Quelques jours après son signalement à la Police, il part faire du ski avec ses enfants...
Son couple bat sérieusement de l’aile depuis des années, les deux époux font chambre à part, et alternent scènes de disputes quotidiennes et infidélités chroniques. Aux yeux de l’opinion publique, il est le coupable idéal.

Pourtant, aucune preuve matérielle ne l’accable formellement et Jacques Viguier peut compter sur le soutien infaillible de ses enfants et de sa belle-mère.

Face à un dossier complexe, où se mêlent des faisceaux d’indices à charge et à décharge contre le Professeur de droit, où l’influence de l’amant sur les membres de la police judiciaire et certains chroniqueurs judiciaires intrigue, les jurés doivent exprimer leur intime conviction.

Dans ce thriller haletant, le réalisateur Antoine Raimbault mélange éléments réels tirés du dossier et personnages fictifs pour revenir sur un procès hors du commun. Olivier Gourmet, magistral dans le rôle d’Éric Dupont-Moretti, l’avocat de Jacques Viguier, et Marina Foïs, dans le rôle de Nora, personnage fictif convaincu de l’innocence de l’accusé, forment un duo de choc pour mettre en place une stratégie de défense. Leur différence de tempérament et d’expérience, est subtilement filmée par la caméra d’Antoine Raimbault. Là où Nora, serveuse dans le film, fait preuve d’une certaine impulsivité en dépit de sa ténacité, le ténor du barreau compense par son tact et sa connaissance poussée du milieu judiciaire français. Réussiront-ils à prouver l’innocence de Viguier ?

Le doute comme élément clé pour statuer.

Le doute profite toujours à l’accusé. Ce principe fait partie des fondements sur lesquels s’articule le droit pénal. Le film interroge sur sa force juridique face à un faisceau d’indices matériel qui accable tour à tour Jacques Viguier et Olivier Durandet. En somme, quelle valeur vont accorder les jurés à cet élément, quand le principal accusé détruit le matelas de la victime quelques temps après sa disparition ? Et quand des traces de sang sont retrouvées dans le domicile des époux ? Ou quand l’amant omet pendant dix ans de signaler sa visite au domicile de la victime au lendemain de sa disparition ?
Autant d’éléments factuels que les jurés ont dû départager avec le doute instauré par des contre-arguments, telle que l’incapacité de Jacques Viguier à soulever de lourds objets du fait de ses problèmes de dos, ainsi que la présomption d’innocence dont bénéficient les accusés.

Si le réalisateur connaît l’affaire Viguier du bout des doigts, son œuvre n’a pas vocation à résoudre le mystère. Chaque spectateur se fera sa propre opinion au terme des deux heures de fiction. Son intime conviction.

A voir aussi : sur le tournage du film Intime conviction.

A l’occasion de la sortie du film le 6 février, Le Village de la Justice vous a fait gagner 10 entrées ! Les gagnants ont été prévenus par email.

Nessim Ben Gharbia.
Rédaction du Village de la Justice.

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