Par Elodie Garoux, Etudiante.
 
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  • Parution : 18 mai
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Reconnaissance des crimes de guerre commis par le gouvernement syrien soutenu par la Russie.

« Entre décembre 2019 et mars 2020, le gouvernement syrien, soutenu par son alliée la Russie, a soumis les populations civiles des zones contrôlées par l’opposition, dans le nord-ouest de la Syrie, à un nouveau déferlement de violence. Même en comparaison avec les neuf années tragiques que vient de vivre le pays, les déplacements de population et l’urgence humanitaire provoqués par cet épisode ont été sans précédent ».

Ce lundi 11 mai 2020, un rapport publié par Amnesty International a reconnu que le gouvernement syrien, soutenu par la Russie, a commis une série de crimes de guerre contre les populations civiles des zones contrôlées par l’opposition dans le nord-ouest de la Syrie en 2019 et 2020. Le rapport affirme que le gouvernement a commis des attaques aériennes et terrestres, qui ont frappé des zones résidentielles et des infrastructures vitales.

Les constatations sont basées sur des interviews de Syriens et de travailleurs humanitaires internationaux (74 personnes ont été interrogées), des vidéos, des photographies, des images satellites et des communications radio interceptées. Les attaques se sont principalement produites dans les zones tenues par l’opposition à Idlib, à l’ouest du gouvernorat d’Alep et au nord-ouest d’Hama. Le rapport documente 18 attaques dans ces zones contre des écoles et des installations médicales. Au moins 11 civils ont été tués et 30 autres blessés. De nombreux civils ont fui vers des camps de réfugiés déjà surpeuplés et aux conditions déplorables.

Le rapport affirme que ces attaques constituent de "graves violations" du droit humanitaire international. Certaines de ces violations comprennent le fait que "les attaques n’étaient pas dirigées contre un objet militaire spécifique et qu’elles ont violé l’immunité d’attaque directe des civils et des biens à caractère civil, ainsi que la protection spéciale accordée à des personnes et des objets spécifiques, notamment les installations médicales, le personnel médical et les enfants".

Le rapport affirme également que la communauté internationale, y compris le Conseil de sécurité de l’ONU, est "largement paralysée" par les atrocités commises en Syrie et que les normes humanitaires sont politisées. Le 15 avril 2020, Amnesty International a envoyé une lettre sur ses conclusions et a demandé des informations connexes aux missions permanentes de la Syrie et de la Russie auprès des Nations unies à New York, ainsi qu’à Hay’at Tahrir al-Sham, la plus grande coalition de groupes armés dans le nord-ouest de la Syrie. Le 15 avril 2020, Amnesty International avait envoyé des lettres résumant ses conclusions et demandant des compléments d’information aux missions permanentes des gouvernements syrien et russe auprès de l’ONU. Amnesty n’a reçu à ce jour aucune réponse.

Comme le précise le rapport, « la crise sanitaire mondiale liée au Covid-19 accroît encore la pression sur la réponse humanitaire dans une région où le système de santé, mis à mal par les hostilités, a déjà du mal à fonctionner et est loin d’être suffisamment équipé, et où la surpopulation dans les sites accueillant les personnes déplacées augmente les risques de contamination. Les États donateurs doivent veiller à ce que les fonds nécessaires soient alloués à un plan des Nations unies visant à se préparer et à réagir à une possible flambée de l’épidémie dans le nord-ouest de la Syrie. Toutes les parties au conflit doivent par ailleurs s’abstenir de tout agissement susceptible d’entraver la fourniture d’une aide rapide et impartiale ».

Sources : https://www.amnesty.org/download/Documents/MDE2420892020FRENCH.PDF

Elodie Garoux, Etudiante

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