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Faire un L.L.M, oui, mais par quels moyens ?

Un LL.M., ou Master of Laws, est un diplôme avancé en droit de plus en plus convoité par les étudiants en droit français (voir notre guide ici). Expérience enrichissante d’un point de vue personnel, le LL.M. est aussi un moyen de se différencier sur le marché. Cependant, le coût de ces études laisse parfois les étudiants désemparés.
La Village de la Justice a fait appel à Joan M. Betti, avocate américaine et intervenante à l’école Haute Etudes Appliquées du Droit (HEAD), qui nous expose ci-dessous quelques possibilités d’aide financière qui s’offrent aux étudiants français afin qu’ils puissent réaliser un tel projet.

Article mis à jour en avril 2019

Quel niveau d’investissement ?

Bien que les programmes LL.M. soient proposés par les universités du monde entier, les établissements aux États-Unis et au Royaume-Uni restent les plus recherchés par les étudiants français, et ils sont aussi les plus chers. Cette année, par exemple, les frais scolaires annuels d’Harvard Law School dépassent 63.000 USD et on peut s’attendre à des frais d’environ 42.000 USD pour des universités américaines moins connues, comme par exemple Golden Gate University School of Law à San Francisco. 

Les établissements aux États-Unis et au Royaume-Uni sont les plus recherchés et les plus chers.

Les frais scolaires sont moins élevés au Royaume-Uni où on peut s’attendre à des frais de scolarité entre 8.850 GBP à 16.500 GBP pour les ressortissants de l’UE, et entre 15.000 GBP et 29.200 GBP pour les étudiants « internationaux ». En ce qui concerne l’impact et l’entrée en vigueur du Brexit, les étudiants admis dans un programme au Royaume-Uni pour l’année 2019/2020 jouiront toujours des taux avantageux pour cette année-là. Il reste à voir ce qu’il adviendra pour les années suivantes.

A ces frais il faut ajouter les coûts périphériques pour l’année dont l’ampleur varie selon la destination, y compris pour :
• Le logement
• La nourriture, les sorties, les loisirs
• Le transport (aller/retour et sur place)
• Le visa et autres formalités administratives
• Les manuels et fournitures pédagogiques (environ 1.300 USD aux États-Unis)
• L’assurance médicale (environ 3.000 USD aux États-Unis)
• Les frais variés de l’institution (par exemple, les frais de l’association d’étudiants, carte d’étudiant).

En somme, aux États-Unis, on peut s’attendre à des dépenses annuelles (hors frais scolaires) qui se chiffrent entre 22.500 USD et 33.500 USD !

Quelles aides financières sont offertes ?

Plusieurs bourses d’études sont proposées aux étudiants français qui poursuivent un programme LL.M. aux États-Unis ou au Royaume-Uni.

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Joan Betti

Les bourses universitaires.

De manière générale, toutes les universités offrent, sur critères propres à chacune, des bourses d’études pour les programmes LL.M. sous forme de réduction des frais de scolarité. Il faut porter une attention particulière aux dates limites de réception des candidatures pour ces bourses qui peuvent être simultanément avec la présentation du dossier de la candidature d’étude, ou après que la candidature d’étude soit acceptée.

Les bourses Fulbright et partenaires de la Commission franco-américaine.

Le programme Fulbright administré par la Commission franco-américaine propose un système de bourses pour les études aux États-Unis, toutes disciplines confondues, dont quelques bourses pour les étudiants en droit qui y partiront suivre un programme LL.M.. Le montant de la bourse varie de 6.000 USD à 45.000 USD et la demande se fait en parallèle avec les démarches de demande d’admission auprès des universités.

Les étudiants en droit peuvent aussi bénéficier des bourses proposées par les fondations privées associées à la Commission franco-américaine. Ces bourses sont, soit destinées aux étudiants toutes disciplines confondues, soit destinées exclusivement aux étudiants en droit.

• En ce qui concerne les bourses destinées aux étudiants toutes disciplines confondues, il existe les bourses proposées par : la Fondation Georges Lurcy (6 à 8 bourses, d’un montant compris entre 5.000 USD et 20.000 USD), la Harvard French Scholarship Fund (3 à 6 bourses pour les étudiants admis dans l’une des facultés d’Harvard, d’un montant compris entre 3.000 USD et 6.000 USD), la Dotation Arthur Sachs (6 à 8 bourses, aussi pour les étudiants admis dans l’une des facultés d’Harvard, d’un montant compris entre 5.000 USD et 20.000 USD), la Fondation Monahan (2 à 5 bourses d’un montant maximum de 25.000 USD (les dossiers en droit doivent s’intéresser aux sciences vivantes ou à la propriété intellectuelle)) et la Bourse Leonora Lindsley Memorial Fellowship (1 ou 2 bourses pour descendants d’un résistant de la 2nde Guerre Mondiale, d’un montant compris entre 6.000 USD et 12.000 USD).

• En ce qui concerne les bourses destinées exclusivement aux étudiants en droit, il existe les bourses proposées par : l’University of Pennsylvania Law School (1 bourse, d’un montant de 25.000 USD) et Vanderbilt University Law School (1 bourse, d’un montant de 35.000 USD).

Il vaut mieux entamer les démarches pour obtenir une bourse 12 à 18 mois avant le commencement du programme !

Les bourses des cabinets d’avocats.

Des cabinets d’avocats peuvent également octroyer les bourses. Chaque année, à travers la Bourse "Herbert Smith Freehills – Cercle Montesquieu", le cabinet Herbert Smith Freehills propose deux bourses d’études d’un montant de 10.000 EUR à des étudiants en droit désireux d’entreprendre un programme LL.M. aux États-Unis (offert en association avec la Commission franco-américaine) ou au Royaume-Uni (offert en association avec le British Council/Entente Cordiale).

Le cabinet White & Case offert des bourses aux étudiants en droit des affaires qui souhaitent compléter leur formation avec un programme LL.M. à l’étranger. Pour l’année académique 2018-2019, le montant global de la bourse était de 50.000 EUR, réparti entre les trois lauréats selon leurs besoins.

Il n’est pas inutile de rappeler que le dossier de candidature de bourse d’études prendra du temps à compléter ; la date limite de dépôt du dossier est très en amont de la date du début des études (souvent le 1er décembre pour débuter un programme à la rentrée d’automne qui suit). Il vaut mieux, donc, entamer la démarche bien à l’avance – 12 à 18 mois avant le commencement du programme souhaité n’est pas trop tôt !

Et si on ne trouve pas de financement ?

Évidemment, la concurrence en vue d’obtenir ces bourses très prestigieuses est rude...
Néanmoins, d’autres moyens existent pour se doter d’une expérience d’études à l’étranger. Par exemple, de nombreuses opportunités existent pour les étudiants en droit de partir étudier à l’étranger dans le cadre d’échanges interuniversitaires qui ont été mis en place entre leur propre institution en France et les institutions à l’étranger.

D’autres moyens existent pour se doter d’une expérience d’études à l’étranger.

Même si ces programmes n’aboutissent pas à un diplôme, ils offrent aux étudiants, eux aussi, la possibilité de développer des compétences recherchées par les recruteurs tels que des connaissances d’une autre langue, des connaissances d’un autre système juridique et, éventuellement, quelques connaissances renforcées dans un domaine d’activité. Ils offrent également l’occasion pour l’étudiant de construire un réseau professionnel international et de faire preuve d’ouverture d’esprit. Dans certains cas, ils peuvent servir à satisfaire l’obligation du Projet Pédagogique Individuel (PPI).

Pour en savoir plus sur ces possibilités, il faut se renseigner auprès de la personne responsable des relations internationales de sa propre institution d’enseignement.

Propos recueillis par Nathalie Hantz
Rédaction du Village de la Justice

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