Si vous n’êtes pas satisfait du master que vous avez obtenu, que vous êtes en liste d’attente ou que vous avez été refusé dans chacune de vos candidatures, plusieurs recours sont possibles... et d’autres options vous sont ouvertes !
1) Vos recours.
La saisine du recteur.
En vertu du droit à la poursuite d’études consacré à l’article L612-6 du Code de l’éducation, il est possible de saisir le recteur de votre région académique lorsque votre situation correspond à certains critères (Pour en savoir plus sur les conditions de saisine du recteur :Droit à la poursuite d’études : comment ça marche ? Par Rémy Dandan, Avocat.).
Afin de saisir le recteur, vous devrez vous rendre sur le site https://saisine.monmaster.gouv.fr/#/ à partir du 18 juillet 2025. Vous remplirez alors un nouveau dossier de candidature qui comportera une lettre de motivation unique. Vous devrez indiquer les domaines qui vous intéressent. Je vous conseille de rester plutôt ouverts dans vos critères à ce stade.
Concernant la finalité de cette saisine, une confusion semble parfois apparaître dans l’esprit de certains étudiants. En effet, le recteur a pour obligation de présenter votre dossier à au moins trois formations. Cela ne veut pas pour autant dire que vous y serez accepté. En résumé, le recteur propose et les directeurs de master disposent. Vous recevrez des mails de la part du recteur indiquant l’ensemble des formations auxquelles votre dossier a été envoyé, puis elles vous répondront par mail pour indiquer si vous êtes pris ou non.
En réalité, la probabilité d’être pris est particulièrement faible. Sachez également que votre dossier peut être transmis à un master qui ne relève pas du droit. Pour avoir suivi la saisine du recteur d’une amie plutôt intéressée par un aspect particulier du droit privé, son dossier avait été transmis à des masters en droit privé, en droit public, mais aussi - étonnamment - à un master MEEF 1er degré (ce sont les études qui permettent de préparer le concours pour devenir professeur des écoles). Si une chose similaire vous arrive, que la formation sans lien avec le droit vous accepte, qu’elle ne vous attire absolument pas et qu’elle ne vous rendrait aucunement service pour continuer vos études en droit, ne vous sentez pas coupable de la refuser.
Le recours gracieux.
Si vous estimez avoir été refusé par un master sans raison valable, vous avez la possibilité de faire un recours gracieux auprès de l’établissement. Votre recours devra comporter les raisons motivées pour lesquelles vous souhaitez contester la décision de refus et les éléments nouveaux et pertinents qui soutiennent votre demande (par exemple, votre relevé de notes du semestre 6). Vous devrez expliquer en quoi la décision de refus est contestable. Ce recours a peu de chances d’aboutir. Je connais plusieurs personnes qui l’ont tenté, sans succès.
En dehors de ces recours officiels, vous avez également toujours la possibilité de tenter votre chance directement auprès des directeurs de master en leur envoyant un mail expliquant votre situation et en mettant les différents éléments de votre dossier en pièce jointe. N’hésitez pas à reproduire cette démarche à plusieurs reprises (sans tomber dans le harcèlement ou l’irrespect évidemment), notamment en période de rentrée scolaire. Parfois, les directeurs ne savent pas forcément s’il reste des places dans la formation. Il faut donc doubler votre démarche auprès de l’Administration. Je connais personnellement deux personnes qui ont reçu une acceptation de cette manière, en insistant régulièrement auprès de l’Administration. Elles avaient fini par être acceptées aux alentours du 20 septembre, alors même que les listes d’attente étaient clôturées. Ce n’est en rien une solution miracle, mais cela a le mérite d’avoir déjà fonctionné.
Si malgré les différentes voies de recours, vous n’avez pas été pris en master, ne vous inquiétez pas, vous n’êtes pas seuls. Cela ne veut pas dire que c’est la fin de vos études ou que vous n’étiez pas fait pour le droit. Avant de retenter votre chance l’année prochaine, je ne peux que vous conseiller de prendre du temps pour vous, pour réfléchir à votre parcours et à ce que vous pouvez améliorer. Mes conseils sur comment améliorer votre dossier et anticiper la sélection en master (Voir l’épisode 1) s’appliquent également à cette situation.
2) D’autres options...
Voici une synthèse proposée par la rédaction du Village de la Justice des différentes options qui s’offrent à vous pour pallier vos refus en master.
Option 1 : L’année « césure ».
Quand on parle d’année césure (au sens large), il est souvent question d’aller s’installer temporairement à l’étranger. Service civique, volontariats, bénévolats, les possibilités de s’engager sont nombreuses (voir par ex. sur le site www.etudiant.gouv.fr).
Des expériences enrichissantes d’un point de vue personnel, mais pas seulement. De quoi aussi vous construire un parcours et un profil « atypique », ce n’est plus un gros mot semble-t-il ;-)
Option 2 : Les autres formations et certifications juridiques.
Suivre un diplôme universitaire (DU) – à distance ou en présentiel - dans un domaine du droit qui vous plaît vous permettra d’approfondir vos connaissances et de valoriser votre dossier en vue de la
prochaine sélection en master. Ces formations sont généralement moins sélectives (voir pas du tout pour certaines) qu’un master. Attention pour les boursiers, la majorité des DU ne vous permettent pas d’être éligible à la bourse sur critère sociaux. Vous pouvez également compléter vos connaissances avec des MOOC.
Option 3 : Les formations non juridiques.
Prenons un postulat assez communément admis : vos connaissances et compétences juridiques (celles que vous avez acquises ou que vous allez acquérir pendant votre futur master) sont globalement communes à tous les étudiant(e)s de votre spécialité.
Pouvoir présenter à un employeur des compétences complémentaires à ces « hard skills » est un marqueur différenciant sur votre CV.
Et, ceci, qu’il s’agisse de soft skills (savoirs-être et « compétences » comportementales) ou de digital skills (les professions juridiques se digitalisent à vitesse grand V, donc, ça peut-être le moment de vous y atteler).
Il pourrait aussi s’agir d’une année de formation dans une autre spécialité que le droit, qui vous donnera des connaissances spécifiques dans d’autres matières et environnements dans lesquels vous souhaitez exercer par la suite (santé, environnement, économie, psychologie, etc.).
Vous pourriez bien ainsi devenir le « mouton à 5 pattes » tant recherché par de nombreux recruteurs… avec ou sans Master d’ailleurs.
Option 4 : L’insertion professionnelle.
Rien de vous empêche de vous mettre dès maintenant à la recherche d’un emploi, avant de postuler à nouveau en Master l’année prochaine si vous le souhaitez encore à ce moment-là.
Il est vrai que les postes et les conditions de rémunération associées seront peut-être moins attractifs qu’avec un Bac+4 ou un Bac+5, mais c’est quand même une option à ne pas négliger.
De nombreuses carrières sont accessibles avec un Bac+3 en droit : reportez-vous à notre article De Parcoursup aux métiers du Droit : tout sur l’orientation pour vos études..
L’acquisition d’une première expérience professionnelle dès maintenant (si vous reprenez vos études par la suite) sera forcément un élément différenciant lorsque vous vous présenterez à nouveau sur le marché du travail avec votre Master en poche. Si cette expérience est concluante, cela vous fera peut-être changer d’avis sur les poursuites d’études, voire de spécialité. Et, à terme, la validation des acquis d’expérience pourra vous permettre de faire évoluer votre carrière, avec la validation de ce fameux niveau Master (sur la VAE, voir www.service-public.fr et min. Éducation, Éduscol).
Cela peut aussi vous permettre de vous confronter à la réalité du travail pour vous projeter et de confirmer vos propres projections. Comme pour les stages d’ailleurs, vous pourriez bien vous rendre compte à temps que la réalité de l’exercice professionnel n’est pas tout à fait à la hauteur de vos espérances.
La page emploi du Village de la Justice peut grandement vous aider dans vos recherches ;-)
Option 5 : Les concours.
Comme l’indique l’Onisep, « justice, sécurité, santé, administration, impôts et douanes : la fonction publique offre de réels débouchés aux juristes ». Et, bonne nouvelle, bon nombre de concours de la fonction publique sont accessibles à Bac+3.
Sur les concours de la fonction publique, voir :
www.emploipublic.fr: Les concours accessibles à Bac+3 ;
www.onisep.fr : Les concours de la fonction publique ouverts aux diplômes en droit.
la page « métiers » sur le site du ministère de la Justice.
Et bien sûr, sur le Village de la Justice, nos fiches métiers.
Attention : en entrant dans la fonction publique, vous devez généralement vous acquitter de plusieurs années de service (souvent cinq années) avant de pouvoir vous réorienter dans une autre profession. (Dans le cas contraire, il vous faudra rembourser l’argent investi dans votre formation.)
En synthèse
Pour peut-être vous convaincre de voir les choses sous un autre angle... retrouvez le contenu de cet article... sous un autre angle ! >> présentation interactive.


