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Guide pratique du LL.M pour étudiants perdus !

Étudier à l’étranger ? Pour quelle raison ? Où ? Quel investissement faut-il prévoir ? Comment postuler ? Voici quelques questions que l’on se pose que l’on soit étudiant en droit ou déjà en poste, et qui conduisent souvent à envisager un LL.M (ou Master of Laws).
Le Village de la Justice s’est tourné vers Joan M. Betti, avocate américaine et intervenante à l’école Haute Etudes Appliquées du Droit (HEAD) à Paris, qui vous dit tout sur le sujet, conseils d’experte à l’appui.

(Mise à jour Avril 2019)

Village de la Justice : Qu’est ce qu’un LL.M.?

Joan Betti : Un LL.M., ou Master of Laws, est un diplôme avancé en droit. Des programmes LL.M. sont proposés par les universités du monde entier, même si les établissements aux États-Unis et au Royaume-Uni restent parmi les plus recherchés. Les candidats pour ces programmes doivent déjà, dans un grand nombre de cas, disposer d’un premier diplôme en droit, et pour les programmes les plus prestigieux, souvent quelques années d’expérience professionnelle.

Qu’apporte-t-il ?

Suivre un programme LL.M. peut apporter des avantages appréciés par des recruteurs : des connaissances d’une autre langue, des connaissances d’un autre système juridique, des connaissances spécialisées dans un domaine d’activité. Cette expérience offre aussi l’occasion d’ouvrir son esprit, et de construire un réseau professionnel constitué de juristes et d’avocats du monde entier.

Dans certaines juridictions, le fait d’avoir suivi un programme LL.M. pourrait rendre éligible une personne pour se présenter à l’examen d’admission au barreau, ce qui peut être le cas, par exemple, pour les barreaux des États de New York et de Californie.

Être diplômé d’un LL.M. n’est qu’un moyen parmi d’autres de se différencier sur le marché du travail.

Mais, soyons clairs, être diplômé d’un LL.M. n’est qu’un moyen parmi d’autres de se différencier sur le marché du travail.

Quel niveau d’études faut-il avoir pour postuler à un LL.M ?

Les conditions d’admission varient en fonction du pays choisi. Dans la plupart des cas, il faut que les candidats LL.M. aient déjà obtenu un diplôme de droit. Toutefois, dans certains pays, comme le Royaume-Uni ou encore l’Irlande, les candidats qui sont diplômés d’une université mais qui n’ont pas fait des études de droit peuvent être admis dans un programme LL.M.

Dans certains cas limités, des candidats ayant plusieurs années d’expérience professionnelle dans un domaine connexe peuvent eux aussi être admis.

Quelle est la durée des études ?

Le programme d’études LL.M. dure normalement entre 9 à 12 mois. Il existe des programmes à temps partiel qui durent plus longtemps.

Quel investissement financier ?

Une année d’études pour un LL.M. est coûteuse mais varie considérablement selon la juridiction et l’institution choisie pour les études.

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Joan Betti

Aux États-Unis, par exemple, les frais scolaires annuels d’Harvard Law School sont à plus de 63.000 USD et ceux de Golden Gate University School of Law sont environ 42.000 USD. En plus de cela, il faut ajouter les coûts pour le logement, la nourriture, les livres, les transports, l’assurance médicale, entre d’autres.

Les frais scolaires sont moins élevés au Royaume-Uni et en Irlande, et les ressortissants de l’UE bénéficient des taux encore plus avantageux - ils peuvent s’attendre à des frais de scolarité entre 8.850 GBP à 16.500 GBP pour les programmes au Royaume-Uni et entre 8.200 EUR et 10.100 EUR pour ceux en Irlande.

En ce qui concerne l’impact et l’entrée en vigueur du Brexit, les étudiants admis dans un programme au Royaume-Uni pour l’année 2019/2020 jouiront toujours de ces taux avantageux pour cette année-là. Il reste à voir ce qu’il adviendra pour les années suivantes.

Il ne faut pas hésiter à se renseigner sur les programmes en Australie, au Canada ou encore en Inde.

. Comme déjà souligné, il y a des programmes LL.M. proposés par les universités du monde entier. Il ne faut donc pas hésiter à vous renseigner sur les programmes en Australie, au Canada ou encore en Inde.

Faut-il avoir une spécialité ? Quelle spécialité choisir ?

Il existe deux types de programmes LL.M. : des programmes « spécialisés », et des programmes « généraux ».

Si on souhaite se spécialiser, le choix des domaines d’approfondissement est large et la sélection de ceux-ci dépend surtout sur de l’intérêt du candidat et de son projet professionnel. Les filières de spécialisations les plus courantes sont celles du droit fiscal, du droit numérique, du droit de la propriété intellectuelle, du droit commercial, et du droit international et de l’arbitrage.

Cependant, une spécialisation n’est pas impérative, et dans certains cas même, pas souhaitable. L’étudiant peut, par exemple, préférer s’imprégner du raisonnement du système juridique à travers un large éventail de sujets. De plus, si l’objectif est de se présenter à l’examen d’admission au barreau de New-York, l’étudiant français sera tenu de suivre plusieurs cours exigés à cet effet.

Quel niveau faut-il avoir en langue ?

Pour les programmes anglophones, le candidat doit normalement passer un test de niveau en anglais et avoir des résultats plutôt élevés.

Le test le plus courant pour les programmes aux États-Unis est le TOEFL [1], et celui pour les programmes au Royaume-Uni, l’Irlande et Australie est l’IELTS [2]. Il faut vérifier auprès de chaque institution pour savoir le niveau exact qui sera exigé.

Une bonne connaissance de la langue d’étude est nécessaire.

En tout cas, une bonne connaissance de la langue d’étude est nécessaire pour être en mesure de suivre les cours et rédiger des travaux écrits.

Comment sélectionner le pays dans lequel on veut suivre son LL.M.?

Le choix du pays devrait se faire sur la base des préférences personnelles et le projet professionnel du candidat. Les États-Unis sont très souvent visés par les candidats français en raison de la bonne renommée des universités américaines et leur mode d’enseignement. Mais le Royaume-Uni, l’Irlande et l’Australie offrent eux aussi des options très intéressantes. Quoi qu’il en soit, il faut bien se renseigner sur des programmes et des cours offerts.

Comment postuler ? Doit-on se munir de lettres de recommandation ?

Les éléments nécessaires afin de construire un dossier de candidature diffèrent selon l’institution. Normalement, il faut remplir (très soigneusement) un formulaire de candidature, et fournir un CV, des lettres de recommandation et des relevés de notes traduit et certifié.

La lettre de motivation est un élément fondamental du dossier de candidature.

En outre, il faut rédiger une lettre de motivation (Personal Statement) - élément fondamental des dossiers de candidature – dans laquelle le candidat doit présenter sa propre personnalité, son parcours, son projet professionnel et comment les études visées pourraient l’avancer vers ses objectifs. Les universités prêtent beaucoup d’attention à cette lettre et il est impératif, donc, que le candidat consacre suffisamment de temps et réflexion à sa rédaction.

Concernant le processus de candidature, là encore tout dépend de l’institution. Normalement, les éléments sont à envoyer directement à l’université (par l’internet ou par courrier), mais aux États-Unis il est parfois exigé que les éléments soient envoyés par l’intermédiaire du LSAC (the Law School Admission Council).

Quand faut-il envoyer son dossier ?

Les dates limites de dépôts de candidature sont propres à chaque institution et varient considérablement (par exemple 1er décembre 2018 pour une entrée en août 2019 pour Hardvard Law School et 15 juin 2019 pour Cardozo School of Law à New York).

Commencer le processus un an avant le début du programme n’est pas trop tôt !

Mais, il faut garder en tête que plusieurs universités pratiquent un processus de « rolling admissions » (les admissions se font "au fil de l’eau"), ce qui est le règle générale au Royaume-Uni. Il ne faut pas oublier non plus qu’il existe des programmes ayant deux entrées par année.

Quels conseils pour bien choisir son LL.M. programme et bien préparer son dossier de candidature ? Combien de temps doit-on s’y prendre à l’avance ?

La concurrence pour être admis au sein d’un programme LL.M. « prestigieux » est devenue de plus en plus rude : ces programmes ne seront donc pas à la portée de chacun. Il existe, cependant, un grand panel de choix.
Si vous êtes décidé à poursuivre un programme LL.M., le tout est de bien vous renseigner, choisir un programme qui vous correspond et dans lequel vous avez une vraie chance d’être admis et de préparer votre dossier de candidature avec beaucoup de soins. Commencer le processus un an avant le début du programme n’est pas trop tôt.

Des adresses utiles pour aller plus loin...

Propos recueillis par Nathalie Hantz
Rédaction du Village de la Justice

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Notes :

[1Test of English as a Foreign Language

[2International English Language Testing System

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