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Les avantages et possibilités du coworking pour l’avocat...

La recherche de locaux est l’une des premières difficultés que l’avocat rencontre au moment de son installation. Utiliser un espace de « coworking » est une solution qui est de plus en plus souvent adoptée. Ces espaces de travail ont su se développer, se professionnaliser et se spécialiser à l’image de la pépinière du Barreau de Paris ou du nouvel espace à Montpellier.
Qu’est ce que le « coworking » ? Ses avantages et inconvénients ? La Rédaction du Village de la justice vous propose quelques éléments de réponse.

Que sont les espaces de « coworking » ?

La notion de « tiers lieux », plus connue sous le terme de « coworking », a été introduite en 1989 par Ray Oldenburg. Ce sociologue américain s’intéressait à la naissance de nouveaux lieux, intermédiaires entre le domicile et le travail. La maison et autres « endroits de vie » sont considérés comme étant les « premiers lieux » alors que les « second lieux » sont les endroits de travail où les individus passent l’essentiel de leur temps. Les « tiers lieux » représentent des « points d’ancrage de la vie communautaire qui favorisent des échanges plus larges et plus créatifs et permettent ainsi d’entretenir la sociabilité urbaine » [1].
Monsieur Oldenburg met en avant quelques éléments communs à ces lieux : faible coûts, proposent de la nourriture ou des boissons, facilement accessibles, chaleureux et confortables, accueillant un public d’habitués où il est très simple de se faire de nouveaux amis. Très américain n’est-ce pas ?
Et bien si ça pouvait le paraître il y a quelques années, les choses changent en France... notamment du fait des problèmes de déplacement en métropole, de la recherche d’une meilleure conciliation vie privée / vie pro... et du confinement de 2020 et de son télétravail imposé !

Il s’agit donc de lieux neutres dénués de toutes relations hiérarchiques de travail et où les réseaux se relient les uns aux autres. Pour les utilisateurs réguliers, la bonne humeur et les conversations sont en principe au rendez-vous.

On retrouve aujourd’hui ce type d’espace de travail dans toutes les grandes villes (Paris, Lyon, Bordeaux, Toulouse, Lille, Montpellier...). Une simple recherche sur Internet suffit pour en trouver un près de chez soi, mais l’on préfèrera si l’on est avocat (mais aussi juriste) un endroit qui garantira la confidentialité (wifi sécurisé, distance entre les écrans...).
Le tarif mensuel est, en moyenne, de 240 euros par mois. La pépinière de Paris (CDAAP), un espace exclusivement dédié aux avocats de Paris, propose un espace à 260 euros HT pour un avocat en 1ère année d’exercice.

Un nouvel espace de coworking pour avocats à Montpellier, Coworka.

Le CDAAP avait été précurseur à Paris il y a quelques années déjà, et voici qu’un nouvel espace ouvre ses portes à Montpellier. Lancé par Elodie Manonviller et financé notamment par crowdfunding, cet espace accueille les avocats dans un environnement très travaillé, espaces de travail, de réunion, de formation, patio, restauration possible sur place par un chef deux jours par semaine, espaces décorés...
L’espace de coworking a aussi vocation a accueillir des évènements, des
formations, pour permettre à tous de développer leurs compétences
professionnelles.
Le projet, soutenu par l’incubateur du Barreau de Montpellier, place haut l’ambition du lieu, qui doit être plus qu’un lieu de travail : "Le coworking a pour vocation de moderniser l’exercice, la communication et l’accessibilité de la profession d’avocat" nous a signalé sa fondatrice. C’est dans l’air du temps.

Quels sont les avantages des « coworking » ?

Le 1er avantage que confère le coworking est qu’il rompt l’isolement que peut ressentir un avocat lorsqu’il travaille seul et chez lui.
Les échanges au sein de cet espace donnent la possibilité aux avocats de s’enrichir mutuellement, de créer des synergies ou encore des associations de compétences.
Dans un espace non dédié aux seuls avocats, il peut y avoir aussi d’intéressants échanges avec les autres entrepreneurs.

Le second avantage est évidement le gain de temps de déplacement, ou l’organisation de ces déplacements (par exemple travailler une demi-journée dans un tiers-lieu entre deux déplacements professionnels).

Opter pour travailler au sein des « tiers lieux » permet également de travailler en dehors de chez soi tout en n’ayant pas à supporter le coût d’une location de bureau classique. L’utilisation d’un tel endroit est très flexible : il est possible de réserver un bureau pour une journée comme pour une année.

Les espaces sont bien équipés en mobilier et en matériel, disposent de connexions internet haut débit et sont souvent placés dans des endroits facilement accessibles. Les avocats disposent ainsi de tous les outils leur permettant de s’adapter aux besoins de leurs clients.

Pour un avocat se lançant dans son activité et disposant d’une clientèle restreinte, la proximité offerte par le « coworking » avec des entrepreneurs lui permet d’agrandir son carnet d’adresses. Ces jeunes entrepreneurs ont tous besoin d’un avocat pour obtenir des conseils relatifs au lancement de leur projet. Sa présence dans les lieux ne peut être qu’un atout pour développer sa clientèle.

Enfin, être avocat nécessite de posséder une belle adresse afin d’accentuer une certaine crédibilité auprès des clients. Une domiciliation dans une des grandes villes de France permet de remplir cet objectif.

Les inconvénients du « coworking »

Recourir aux espaces de « coworking » n’est adapté que pour les avocats qui viennent de s’installer à leur compte. Lorsque le cabinet se développera, cet espace ne correspondra plus aux besoins de l’avocat qui aura besoin de ses propres locaux.

Compte tenu du degré de concentration nécessaire pour que l’avocat puisse être productif, le « tiers lieux » est déconseillé pour le professionnel qui a besoin de calme et de silence pour travailler. En effet, ce type de lieu est recommandé pour les personnes qui apprécient de travailler dans un endroit animé et avec un minimum d’agitation.

Enfin, tous les espaces de coworking ne sont pas forcément adaptés à la profession. L’avocat devra ainsi trouver un endroit qui lui garantira le respect de la déontologie, notamment en matière de secret professionnel et de confidentialité (pensons à l’accueil client ou aux réunions).

En conclusion, le « coworking » semble une alternative très intéressante pour démarrer son activité ou ponctuellement. Il permet de disposer d’un espace de travail en dehors de chez soi à moindre coût, de rompre l’isolement et d’être en contact avec des confrères ou d’autres entrepreneurs.

Rédaction du Village de la justice

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Notes de l'article:

[1« Les tiers lieux, espaces d’émergence et de créativité. » Patrick Genoud et Alexis Moeckli, Revue économique et sociale n°2, Lausanne.

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