Accueil Management Marketing & Développement

Elleslaw : de futures avocates informent les femmes sur leurs droits.

Elles sont six élèves-avocates à l’ERAGE, et ont démarré un « kit de survie juridique » destinées aux « femmes modernes (ou non !) ». Sur leur blog EllesLaw, elles rédigent ainsi des articles sur des thématiques concrètes et variées, pour apporter une « information juridique neutre, objective, simple et gratuite ». Un moyen qui, en plus de participer à l’accès au droit, vise à changer l’image qu’ont certains justiciables de la profession d’avocat.

Eulalie Lepinay, Julie Pichon, Nathalie Vaneenoo, Léa Rudloff, Manon Crochet et Julia Bricca ont lancé leur projet dans le cadre de travaux de leur école, en débutant leurs recherches par « les forums féminins sur Internet et des groupes Facebook ». « Nous nous sommes aperçues que ces femmes interagissaient entre elles afin d’évoquer leur situation, qui comportaient de nombreux problèmes juridiques. Le constat était alors évident : elles ne parvenaient pas à trouver de réponse fiable, voire pas de réponse du tout, les laissant dans une situation frustrante. D’autant que bien souvent, celles-ci n’osent pas faire appel à un avocat.
Nous avons donc pu identifier les contours d’une vraie demande à laquelle nous pouvions répondre. Etant une équipe de six femmes, nous nous sentions légitimes à parler des problèmes spécifiques rencontrés par les femmes et propres à leur genre. »

C’est alors le point de départ de leur blog juridique, un « format vivant permettant une large diffusion, et surtout entièrement gratuit ».

« Nous avons opté pour une démarche de vulgarisation du droit, afin de le rendre plus accessible et compréhensible, confirme Nathalie Vaneenoo. L’accessibilité est en effet l’un de nos piliers, avec la proximité et la simplicité. »
Pour son attractivité, elles misent aussi bien sur des sujets concrets, d’actualité, et identifiables par toutes, que par un visuel « inspiré des codes de certains magazines féminins. » Ainsi, leurs « chroniques de femmes modernes » se découpent en plusieurs catégories : « l’Amoureuse », « la Working Girl », « la Demoizelle », « la Celibattante », … Si elles peuvent paraître un peu cliché, il s’agit pour les six futures avocates d’un véritable parti pris « en jouant la carte de la légèreté à 100%.

Cela se matérialise concrètement pour le nom des catégories, mais aussi par la présence de dessins au style caustique et féminin, ou encore la création d’un article sous forme de recette de cuisine. On peut y voir un cliché, ou alors un concept inédit pour un blog juridique, selon les points de vue. Avec nos catégories, nous catégorisons le droit, pas les femmes. Leurs noms reprennent ni plus ni moins les différents domaines du droit. »

Pour autant, si le blog se veut tourné vers les femmes, « il concerne aussi les hommes. Des questions relatives à la rupture conventionnelle, la PMA, la GPA, le licenciement des femmes enceintes sont en réalité transversales. Il en va de même pour le PACS ou les questions liées au divorce, ou l’adoption. »

Et la suite ?

Leur démarche démontre en tout cas une véritable volonté de favoriser l’accès au droit et à l’avocat, et à diffuser l’information juridique au plus grand nombre, dans le respect bien entendu des règles déontologiques. « Nous ne donnons pas de consultations personnalisées. Nous expliquons aux personnes qui nous posent des questions individualisées que nous n’avons pas le droit de leur répondre. A la place, nous rédigeons un article très général sur le point de droit que leur question évoque. »

Et elles reçoivent, depuis le lancement du blog, de nombreux retours positifs. « Nous avons mené une grande campagne de communication diversifiée - presse, associations, réseaux sociaux. Le blog parvient ainsi à susciter un intérêt grandissant. Nous recevons une large majorité de retours positifs, et le nombre de visites ne cesse d’augmenter. »
Et les jeunes femmes ne comptent pas s’arrêter là. « Nous souhaitons désormais fidéliser notre communauté afin de poursuivre le développement du blog. Nous réfléchissons sérieusement à son avenir et nous ne manquons pas d’idées pour le pérenniser en le professionnalisant. »

« Ce qui est certain, c’est que l’information juridique restera gratuite pour la communauté, souligne Manon Crochet. Nous ne pouvons pas raisonnablement prôner l’accessibilité au droit et rendre le tout payant, ce serait un non-sens. »

Clarisse Andry
Rédaction du Village de la Justice

Recommandez-vous cet article ?

Donnez une note de 1 à 5 à cet article : L’avez-vous apprécié ?

26 votes

Article lié :