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Les réseaux adaptent leurs services pour répondre aux nouveaux enjeux des avocats.

L’Agence Clearcase et Le Village de la Justice se sont mobilisés pour vous proposer un dossier sur une des bonnes résolutions classiques de rentrée : la réponse à la question du développement du cabinet (pas seulement sur le seul aspect financier).
Après avoir l’année dernière interrogé les avocats sur leurs pratiques des réseaux, après avoir présenté les caractéristiques de 6 réseaux, Elodie Teissèdre [1] prolonge le dossier avec Le Village de la Justice et pose ici la question de l’adéquation entre l’offre et la demande en matière de réseaux et de leur pertinence en 2018.

Quel service en retour du paiement de la cotisation ?
La question taraude les adhérents – actuels et futurs – de tout réseau professionnel. Parfois perçus comme vieillissants et peu dynamiques, les réseaux lancent depuis quelques années de nouvelles initiatives pour renforcer leur proposition de valeur ajoutée et faire évoluer les perceptions. C’est ainsi que de nouveaux sujets se ménagent une place dans leurs actions, à l’instar du digital. En parallèle des réseaux bien établis (Alta-Juris, Juris Défi, Eurojuris, Gesica, UIA...), de nouveaux acteurs émergent, qu’ils soient à l’initiative d’une association (comme Humanethic depuis 2017, revendiquant 20% de membres médecins, infirmiers, experts comptables...) ou de groupements d’avocats en quête de croissance ou de diversification. L’enquête « Réseaux » 2018 menée par Clearcase et le Village de la Justice auprès de 6 grands réseaux permet d’observer l’évolution des attentes des avocats en France, ainsi que les priorités d’avenir telles qu’ils les identifient.

On mise sur l’offre de formation, la visibilité des membres et le digital.

Par le passé, on rejoignait un réseau pour rompre son isolement. Si l’internet a quelque peu modifié cette situation, les réseaux ont tout de même su proposer un effet d’entraînement positif qui continue certainement à séduire des avocats à la recherche d’entraide et d’un accès à des confrères spécialisés. Ils ont également su agir en faveur du développement de compétences en créant des offres de formation plus ou moins étoffées sur des sujets juridiques, puis progressivement non juridiques.
Leurs membres remontant un besoin de développement de leur clientèle et de plus grande efficacité de leur cabinet, ils proposent désormais des rencontres, des formations et parfois du coaching, bien que cela reste rare.
Certains font le choix d’investir l’échelon régional pour offrir à leurs adhérents une dynamique de proximité.

La communication digitale étant souvent perçue comme inaccessible ou compliquée à l’échelle d’un cabinet, les avocats se tournent depuis quelques années vers leurs réseaux pour les faire participer à l’effort de visibilité. Ceux-ci adaptent en conséquence leur organisation, leurs outils et leurs process pour y répondre. Un site internet responsive et moderne, des comptes sur les media sociaux et une stratégie éditoriale pour mettre en avant les contributions des membres, une newsletter... S’ils ne sont pas encore de véritables plateformes de communication, les réseaux engagent des efforts certains en ce sens.
Plusieurs sites internet sont refondus actuellement, et 2 des 6 grands réseaux animent activement des comptes très suivis sur LinkedIn et sur Twitter.
Pour être relevés, ces challenges exigent plus de ressources. Mais cela n’empêche fort heureusement pas de tenter des choses : certains s’essayent à communiquer avec leurs membres via Whatsapp, d’autres les font participer à l’effort collectif, comme l’identification des Legal ech de demain.

La transition digitale est véritablement l’enjeu autour duquel les réseaux se sont le plus mobilisés, ou tout du moins celui qui les réunit. Les questions relatives à la cybersécurité, comme le besoin d’orientation parmi les outils numériques, sont partout. Il n’y aura d’autre choix que de savoir y répondre dans l’avenir.
Offrir un accès à des outils numériques mutualisés sera une nécessité pour permettre aux adhérents, qui de rester indépendant demain tout en se développant, qui de bénéficier de services à défaut moins accessibles.

Le sujet de la Legaltech est en revanche plus clivant. Si on a vu ces derniers mois un réseau s’engager à faire connaître des legaltech à ses membres, à effectuer des mises en relation et même à co-créer des solutions nouvelles, ce volontarisme ne fait pas consensus d’un réseau à l’autre.
Pour autant, nombre des organisations interrogées dans cette enquête ont mis en place des moyens d’offrir une veille digitale. Selon toute vraisemblance, appartenir à un réseau demain permettra plus facilement de se tenir au courant des services digitaux potentiellement utiles à son fonctionnement ou à ses pratiques.

Au-delà du numérique, les enjeux et les sujets ne manquent pas. Interprofessionnalité, accessibilité du droit, modes amiables de règlement des contentieux... Ils occupent des places différentes dans l’ordre de priorité de chaque réseau. Mais nous devrions dire tant mieux, car les avocats n’auront que plus de choix devant des réseaux clairement différenciés demain.

Pour autant, les réseaux ne se positionnent que peu souvent sur des enjeux prospectifs.

La pression numérique est suffisamment perceptible pour que l’ensemble des réseaux s’y intéresse.
Qu’en est-il de sujets comme le management de cabinet, la RSE, l’influence des modes de travail collaboratif, ou encore les nouveaux métiers du professionnel du droit ? L’enquête Réseaux n’a peut-être pas permis de sonder correctement cela. Il est aussi possible que sur ces sujets, le volontarisme soit moins fort globalement. Peut-être l’est-il moins aussi chez les adhérents... Il serait intéressant cependant de voir se créer des cellules prospectives pour agir en amont des besoins des adhérents, et ainsi faciliter les mutations à venir.

En conclusion, les réseaux ont su réagir en s’attelant à des sujets anxiogènes pour leurs membres, et pourraient tout à fait travailler sur des sujets plus divers et de long terme demain. Les professionnels du droit trouveront aussi dans l’avenir proche une aide et des services auprès d’autres organismes que leurs réseaux habituels : soit des réseaux à l’initiative de cabinets, comme il s’en crée en continu (qui proposeront peut-être des plateformes de services digitaux cdemain). Soit des organismes de formation continue, incubateurs des barreaux...
Chacun devra alors certainement se positionner plus fermement sur des sujets ou des enjeux spécifiques pour tirer sa/ses carte(s) du jeu.

La Synthèse de l’enquête 2018 en un clin d’’oeil...

Elodie Teissèdre
Communication by design, Agence Clearcase
www.clearcase.fr

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Notes :

[1Communication by design, Agence Clearcase

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