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Soft skills #2 : la confiance en soi.

Tous les mois, retrouvez sur le Village de la Justice, une chronique de William Cargill sur le sujet des soft skills, ces compétences bien souvent négligées et pourtant fondamentales pour l’exercice des professions du droit. Après le premier opus, Softskills : et si le hard ne suffisait plus ?, place à la pratique avec la confiance en soi.

Le fait que des avocats puissent éprouver un manque de confiance en eux ne manquerait pas de surprendre la plupart des citoyens, tant le sujet semble à l’opposé de l’image d’Epinal de l’avocat sûr de lui et plein de panache.

De nombreux avocats en manque de confiance.

Et pourtant, quoi que l’on en pense, la question de la confiance en soi, ou plus exactement du manque de confiance en soi, est un des thèmes les plus fréquemment évoqués en coaching d’avocats.

Travailler sur la confiance en soi permet sans aucun doute de se sentir plus à l’aise dans son exercice professionnel, et entre donc dans le champ des soft skills, si on veille à ne pas tomber dans le champ thérapeutique.

Pour cela, il convient de définir ce que l’on met derrière la notion de confiance en soi.

Il en existe de nombreuses définitions, mais je vous propose celle-ci pour sa simplicité. La confiance en soi pourrait être définie comme : "la prédiction réaliste que je dispose des ressources nécessaires pour faire face à une situation donnée à un instant T".

Le travail sur la confiance en soi peut donc se faire en suivant les 4 étapes suivantes.

Première étape : OBJECTIVER !

La première étape consiste à se pencher sur une et idéalement plusieurs situations de réussites vécues et à les "revisiter" pour identifier les éléments constituant la situation en s’appuyant sur ces deux axes :

Lorsque l’on s’interroge sur ces deux niveaux, il faut être bien conscient qu’il s’agit d’une représentation : on s’imagine les défis souvent plus importants qu’ils ne le sont vraiment et, a contrario, on minimise ou on omet des ressources que l’on a pourtant à sa disposition.

La phase d’objectivation est nécessaire car, sans elle, on part en quelque sorte sur des bases fausses. Il est souhaitable, pour cette phase, de se faire accompagner par un tiers qui va vous aider à relativiser vos défis (en partageant avec vous un regard différent sur les défis, par exemple) et à aller chercher des ressources que vous ne voyez pas car elles sont dans ce qu’on appelle votre "angle mort".

Seconde étape : ATTRIBUER.

Cette étape vise à s’attribuer la réussite, afin de combattre la croyance commune selon laquelle "je n’ai rien fait de particulier" ou "c’est un peu le hasard".

Pour y parvenir, une fois que l’on a bien matérialisé la réussite, s’attribuer deux ou trois qualificatifs qui permettent de l’expliquer, comme par exemple : persévérant, courageuse, tenace, audacieux…

S’attribuer des qualificatifs expliquant la réussite permet de s’attribuer la réussite elle-même et ainsi, de se reconnaître comme l’auteur et le seul responsable de celle-ci.

Or, notre vie est remplie de réussites, petites ou grandes, que nous avons largement tendance à ne pas nous attribuer.

Il convient donc de refaire cet exercice pour des dizaines de situations, ce qui oblige à constater que nous sommes à l’origine de multiples réussites, ce qui renforce largement la confiance en soi.

Troisième étape : ANCRER.

La technique de l’ancrage est issue de la P.N.L (Programmation Neuro-Linguistique).

Il s’agit, dans un premier temps, de se reconnecter avec ce que nous avons vécu au moment de la réussite. Cela peut être lié à une musique, une odeur, un visage, bref, quelque chose qui nous rappelle ce moment.

Une fois le lien établi, on met en place "l’ancrage" qui peut être, par exemple, de serrer le poing, de sorte que nous pouvons refaire ce geste facilement et retrouver ainsi l’état de confiance lié à la réussite.

Quatrième étape : DEVELOPPER...

Une fois la confiance identifiée et le chemin pour la retrouver balisé, il ne reste plus qu’à la développer. Facile à dire, me direz-vous !

Au final, développer sa confiance, c’est être attentif au quotidien à regarder les défis avec le plus de justesse possible, être conscient de ses ressources et, si on manque de certaines, se demander comment on pourrait les acquérir ou auprès de qui les solliciter.

Développer sa confiance, c’est également se reconnaître le mérite de ce qu’on réussit chaque jour. Rédiger des conclusions ou un contrat peut paraître relever de la routine, mais en réalité, c’est uniquement parce qu’on ne pense pas que le défi est hors de portée ou que l’on est démuni des ressources nécessaires pour le faire.

Alors, pour renforcer notre confiance en nous, apprenons à cultiver les petites réussites et à ne pas regarder les défis avec des loupes. Tout le reste ne relève finalement que de l’action…

William Cargill, Consultant

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