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Softskills : et si le hard ne suffisait plus ?

Les diplômes ne font pas la carrière !

Certes, plus le diplôme sera prestigieux, plus les chances de mener une carrière brillante seront fortes. Pour autant, les carrières des élèves d’une même école et recevant le même diplôme ne connaîtront pas la même fortune.

Ce n’est pas le diplôme qui conditionnera la réussite mais la capacité à identifier l’environnement propice à son épanouissement, à s’y intégrer, à y interagir de manière efficace et à faire les choix qui lui permettront de saisir les bonnes opportunités et de refuser les autres (soft skills).

Le sujet des soft skills est tellement important pour l’avenir des professionnels du droit que le Village de la Justice a décidé d’en faire avec William Cargill une chronique régulière au travers de différents articles qui se succéderont tout au long de l’année sous forme de fiches pratiques, chacune portant sur une soft skill en particulier et abordant des situations concrètes. Mais avant le premier opus qui sera consacré à la confiance, place à un peu de théorie !

Les soft skills, des compétences liées au comportement

Cette capacité à interagir de manière positive avec son environnement, ce sont les capacités comportementales, également appelées soft skills.

Ces skills (ou compétences) dites "soft" s’opposent à celles qualifiées de "hard" que sont les compétences techniques comme le droit, la finance, les langues… et qui peuvent faire l’objet d’une évaluation technique et d’un niveau.

Ainsi, posséder un diplôme dans telle ou telle branche du droit atteste des connaissances dans la matière en question. Et seul un diplômé en droit de la propriété industrielle sera en mesure de comprendre un contentieux de brevet.

Les soft skills regroupent différentes compétences relevant de ce que l’on pourrait qualifier de compétence ou aptitude comportementale ; c’est à dire, la capacité de chacun à se comporter de la manière la plus adéquate et profitable pour lui, dans un environnement et un contexte donné.
A titre d’exemple, la gestion du stress, la créativité, l’adaptabilité, le sens du collectif, l’assertivité, etc, entrent dans le champ des soft skills.

Des compétences à l’importance grandissante

Longtemps ignorées dans le monde du droit et principalement des avocats, elles font progressivement (quoiqu’encore un peu timidement) leur apparition dans le vocabulaire et le quotidien de ces professionnels.

A l’époque où l’avocat était considéré comme un pur technicien du droit, la compétence juridique suffisait pour l’essentiel. Il exerçait le plus souvent seul (rappelons que pendant très longtemps, les avocats n’avaient pas la possibilité d’exercer en commun), avait pour principal enjeu d’être compétent dans sa matière et que cela soit connu du plus grand nombre pour que la clientèle vienne à lui.
Aujourd’hui les avocats se regroupent au sein de structures de plus en plus grandes, et parfois, à dimension internationale.

Le contexte a ainsi beaucoup changé. Le phénomène s’accélère et le client considère aujourd’hui l’avocat comme un consultant en droit qu’il n’hésite plus à mettre en concurrence et à soumettre à des appels d’offres.

Cette mutation touche maintenant d’autres professionnels du droit, comme les notaires, dont la profession connaît des modifications structurelles.
Il paraît clair que pour "réussir" dans ce nouveau contexte, la seule compétence juridique s’avère insuffisante.

Des compétences difficiles à appréhender pour l’Intelligence Artificielle

L’une des raisons, et non la moindre, de l’importance grandissante des soft skills est l’émergence, à une vitesse fulgurante et exponentielle, de l’Intelligence Artificielle (I.A.).

Or, si les compétences techniques peuvent, à terme, être complètement maîtrisées par l’I.A., ce n’est pas encore (et fort heureusement) le cas pour les soft skills qui restent le propre de l’Homme.

De l’importance de développer urgemment ces soft skills

La profession d’avocat a longtemps été totalement réfractaire à intégrer les soft skills dans ses programmes de formation, que ce soit en formation initiale ou continue. Les écoles de commerce et d’ingénieurs s’y sont intéressées plus tôt, proposant à leurs étudiants des modules qualifiés de "RH" au milieu des matières techniques.

Les offres de formation dédiées aux professionnels du droit intègrent désormais les soft skills, et leur part dans le catalogue des formations ne cesse de croître. Ainsi, des intervenants comme Joberwocky présentent une offre de formation continue à destination des seuls avocats et uniquement orientée sur les soft skills.

L’offre de coaching spécifiquement dédiée aux professions du droit et aux avocats en particulier commence également à émerger. Le recours au coaching n’est plus vu comme un aveu de faiblesse, mais comme une extraordinaire opportunité de développer des compétences, que ce soit en management, négociation commerciale, gestion des personnalités difficiles, optimisation de son organisation…

Dans le même élan, les programmes de formation initiale dans les CRFPA commencent tout doucement à intégrer des modules de soft skills, en remplacement de matières comme le droit des contrats, normalement abordées à l’Université.

A bientôt pour le premier opus consacré à la confiance !

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