Réginald Le Plénier
Rédaction du Village de la Justice

 
 

Le traducteur assermenté : qui est-il ?

Vous êtes passionnés par les langues étrangères ? Le métier de traducteur vous attire ? Vous désirez en apprendre plus sur la façon de devenir traducteur assermenté ?
Le Village de la Justice fait la lumière sur tout ce qu’il faut savoir sur ce titre de plus en plus prisé.

Que fait-il ?

La traduction assermentée consiste à traduire de façon certifiée un certain nombre de documents comme des actes de procédure, des actes notariés, des actes d’huissier, des actes administratifs, etc. Il s’agit d’informations officielles pouvant être présentées à toutes administrations, institutions et autorités en France comme à l’étranger.

Le traducteur, reconnu comme étant un officier ministériel, certifie qu’un texte est la traduction fidèle et conforme d’un document original. Pour que celle-ci soit reconnue comme étant assermentée, il est obligatoire d’y faire apposer le cachet et la signature du traducteur reconnu officiellement.

Le traducteur assermenté doit connaître une ou plusieurs langues étrangères mais également maitriser l’écrit de sa langue maternelle. Il doit être capable de traduire des textes sans en modifier ni le fond ni la forme.

Attention, il est important de ne pas confondre le métier de traducteur de celui d’interprète. La grande différence entre ces deux métiers est le moyen de communication employé par chacun : l’écrit pour le premier et l’oral pour le second. Ces activités sont bien distinctes dans la mesure où leurs exigences et leur finalité diffèrent. Le traducteur travaille sur la langue écrite en prenant du temps car il lui faut traduire du mieux possible et de manière fidèle alors que l’interprète doit retranscrire dans l’immédiat et sans préparation tous types de discours ou de conversation.

Agréé par la Cour de cassation ou les Cours d’appel, le traducteur assermenté peut assister la justice dans son travail. Il est alors considéré comme étant un expert judiciaire. Il intervient à la demande des magistrats, des officiers de police judiciaire, des avocats ou des justiciables dans le but de traduire des documents destinés à être produits en justice. Il peut être appelé à se prononcer sur le sens précis d’un texte ou sur la qualité d’une traduction.

Ce métier exige des qualités d’analyse et de rigueur ainsi que le sens de la précision. Les interventions se faisant à la demande, il faut aussi être très disponible.

Formalisme à respecter pour être un traducteur assermenté.

Il est indispensable d’être titulaire d’un diplôme reconnu de niveau Bac+5 obtenu dans une université (Master en langue étrangère) ou dans une école spécialisée.
Pour être inscrit sur une liste de Cour d’appel, il faut présenter sa candidature au procureur de la République près le Tribunal de grande instance. La police, après une enquête de moralité, transmettra le dossier à la Cour d’appel correspondante. Le titre de traducteur assermenté est alors conféré par cette Cour à l’issue d’une prestation solennelle de serment. Ils sont nommés pour une durée de cinq ans renouvelable.

Il existe aussi une liste nationale de traducteurs assermentés. Pour qu’un traducteur puisse figurer sur cette liste et ainsi pouvoir être agréé par la Cour de cassation, il doit déjà inscrit sur la liste d’une Cour d’appel depuis trois ans minimum.

Le traducteur exerce principalement en tant qu’indépendant. Sa mission d’expert judiciaire ne s’exerce qu’à titre accessoire.

Des liens complémentaires :
- Le portail e-justice référence l’ensemble des traducteurs assermentés au
sein de l’Union européenne. Si vous souhaitez traduire un document dans une langue étrangère (ou l’inverse, vers le français), la liste des traducteurs
est disponible ici.
- Vous pouvez également trouver des informations complémentaires sur ce métier ( publicité, rémunération,etc.) sur le site du Syndicat national des
traducteurs professionnels
.

Merci à l’association Juriconnexion de nous avoir signalé ces liens.

Réginald Le Plénier
Rédaction du Village de la Justice

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Vos commentaires

  • Dernière réponse : 11 juin à 23:01
    par Durand , Le 6 mai 2015 à 09:57

    Je suis juste interprète et j’ai un BAC+5 obtenu en France, la Cour d’Appel de Grenoble a motivé que "le nombre de traducteurs pour ma langue maternelle est suffisant" même s’il y a juste un seul, titulaire d’un BAC dans un autre pays.
    Cette institution attribue l’assermentation à des personnes qui ont à peine le BAC, selon le critère "le premier arrivé le premier servi" comme au marché...
    C’est un métier qui n’a pas malheureusement un statut bien défini.

    • par Zuneb , Le 17 juin 2016 à 00:32

      Bonjour
      J’ai passé mon concours ads police nationale sur Lyon
      Le commandant m’as parlé du métier traductrice dans la police judiciaire
      Au tribunal et autres je parle arabe et je l’écrit et je le mis aussi et compris la langues de rifs du Maroc
      J’aimerai savoir comment postuler à cela svp
      Et quels sont les conditions

    • par Naït Daoud , Le 11 juin à 23:01

      Bonsoir,
      Je vous prie de bien vouloir m’indiquer, comment devenir interprète, traducteur assermenté s’il vous plaît ?

  • bonjour et merci pour ces infos que je cherchais...(Je n’ai qu’une licence de droit et une licence d’anglais)
    pas evident vu le nombre de traducteurs....
    cordialement

    • par eybord , Le 21 janvier à 14:50

      bonjour je voulais savoir si étant interprète assermenté j’ai le droit de travaillé dans le secteur privé en plus de mon métier d’interprète, comme dans un cabinet de courtage en assurance

  • Dernière réponse : 6 juin 2018 à 11:15
    par Etudiante en traduction , Le 3 mars 2017 à 10:16

    Tout est question d’offre et de demande. D’ailleurs il y a des parisiens qui vont chercher leur assermentation dans des zones plus "désertiques", genre Cour d’Appel de Riom dans le massif central. De toutes façon une fois la nomination obtenue elle est valable sans limitation géographique.
    J’ai trouvé un annuaire (il en existe beaucoup) qui permet de se rendre compte facilement d’éventuels "trous à combler". Vous choisissez juste votre langue puis sur la carte il suffit de déplacer la souris pour avoir l’indication du nombre de traducteurs dans chaque département. www.gmtrad.fr/annuaire.php

    • par Antonio , Le 6 juin 2018 à 11:15

      Merci beaucoup pour cette information que je cherchais depuis un bout de temps. La question qui m’intrigue désormais est : est ce possible d’obtenir le diplôme dans un autre pays et d’en profiter en France ou vice versa, comment fonctionne l’assermentation à l’étranger ? Cet article : https://www.traduction-assermentee-officielle.com/fr/content/16-la-reconnaissance-de-diplomes-francais-a-l-etranger ne répond que partiellement à ma question et je viens donc vers vous puisque vous semblez en savoir plus ! Je souhaiterai en effet profiter de l’Espagne où mes parents vivent pour faire mes stages et finir mes études.
      Merci d’avance, bonne journée !

  • par Lesley Viet-Jacobsen , Le 30 mai 2016 à 11:19

    Merci. Ceci me donne une très bonne idée de comment aborder la question de devenir traductrice assermentée. LVJ

  • Cet article est excellent mais il ne faudrait surtout pas dire que
    le traducteur est un officier ministériel car cette qualification appartient
    seulement à certaines professions judiciaires

    • par Slimy , Le 30 décembre 2013 à 15:05

      Bonjour,
      je voulais juste savoir si je pouvais être assermenté alors que j’ai une licence (bac+4) en traduction anglais,arabe, français.
      Aussi on est obligé de l’être pour travailler dans le privée ??
      Cordialement.

    • par Traducteur indépendant en exercice , Le 24 août 2014 à 10:39

      Les informations ne sont pas tout à fait exactes, car il y a beaucoup de traducteurs inscrits sur les listes des experts sans aucune formation de spécialité. En plus, les gendarmeries et les commissariats de police font souvent appel à des amis ou des personnes tout simplement recommandées par un ami d’un ami etc.

    • par Carla Daher , Le 9 novembre 2015 à 23:59

      Exactement ! Mais il est vrai que l’article est excellent !

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