Par Eykis Garcia Diaz, Juriste.
 
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  • Parution : 16 juillet 2020

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Guide de lecture.
 

La Cobotique : l’évolution des robots traditionnels aux cobots.

Le Cobot effectue des tâches sans interaction. Par rapport à un robot conventionnel, un cobot présente de nombreux avantages : il est léger, facile à déplacer et à programmer et n’a pas besoin d’être entouré de barrières physiques. L’interaction avec un opérateur est limitée à la phase d’apprentissage des mouvements et à l’installation de dispositifs de sécurité extrinsèques, tels que des barrières virtuelles. Si le progrès des robots est conçu pour mesurer leur autonomie, le progrès des cobots est au contraire étroitement lié au comportement des humains auxquels ils sont soumis afin d’augmenter à la fois leur comportement et leur cognition.

Je suis une fan de la science-fiction et des nouvelles technologies (mon prénom vient d’un livre de sci-fi) ; avec ce thème - la cobotique - nous entrons sur le terrain de Blade Runner (1982, par le visionnaire Ridley Scott, car je n’aimais pas trop le second). En 2020, la collaboration homme-robot est une réalité et la cobotique va au-delà de la robotique conventionnelle. Pour commencer cette analyse, nous devons répondre aux questions suivantes : I. Qu’est-ce que la cobotique ? II. En quoi se distingue-t-elle de sa grande sœur : la robotique ? III. Les cobots humanoïdes - un cas représentatif de la cobotique et IV. Quelles sont les normes applicables pour la mise en œuvre d’un cobot en Europe ? Explorons-nous.

Dans le secteur industriel européen, la présence de cobots est une question d’actualité. Selon Bernard Claverie, la "cobotique" est mise en œuvre comme une réponse pratique dans des situations où la robotique n’est pas justifiée, alors que l’opérateur humain est indispensable mais confronté à des tâches difficiles ou pénibles ou répétitives à très faible valeur ajoutée. En bref, l’objectif de la cobotique est de réconcilier l’homme et la machine afin de construire un système à la fois plus efficace et plus intelligent.

I. Qu’est-ce que la cobotique ?

Quand nous parlons de cobotique, nous voulons dire : robotique collaborative. Ce néologisme est dérivé des mots : "coopération" et "robotique", qui correspondent à la collaboration entre un homme et un robot. Le but de ces cobots est d’automatiser un large éventail de tâches et de travailler au plus près de l’homme. Un cobot est conçu pour être collaboratif ; il opère dans un espace ouvert.

La cobotique est un domaine de la science, une discipline technologique, qui étudie les systèmes humains-robots, ces systèmes collaboratifs sont appelés systèmes cobotiques (une interface entre la cognition et le facteur humain, la biomécanique et la robotique). Le terme, est proposé en 1996 par J. E. Colgate, W. Wannasuphoprasit et M. A. Peshkin, professeurs à la Northwestern University. Il comprend également des questions et des études, telles que le degré et l’efficacité du couplage, ou la dynamique de l’activité spatio-temporelle du système cobotique en tant qu’entité unique. Un cobot est capable d’effectuer des tâches à proximité d’une personne, voire d’interagir avec elle en toute sécurité.

II. En quoi se différencie-t-elle de sa grande sœur : la robotique ?

A première vue, la cobotique est très proche de la robotique. Cependant, elle ne couvre pas tous les sujets de la robotique, car l’objet d’étude n’est pas le robot lui-même, qui peut avoir une performance particulière en fonction de caractéristiques énergétiques, électroniques, mécaniques ou automatiques qui ne sont pas a priori d’un grand intérêt ici. Symétriquement, la robotique n’inclut pas la cobotique, car certains aspects, tels que la représentation humaine du robot, l’ergonomie du poste de travail ou l’acceptation par l’opérateur, sont le résultat d’études d’ingénierie ergonomique et cognitive.

Le Cobot effectue des tâches sans interaction. Par rapport à un robot conventionnel, un cobot présente de nombreux avantages : il est léger, facile à déplacer et à programmer et n’a pas besoin d’être entouré de barrières physiques.

L’interaction avec un opérateur est limitée à la phase d’apprentissage des mouvements et à l’installation de dispositifs de sécurité extrinsèques, tels que des barrières virtuelles. Si le progrès des robots est conçu pour mesurer leur autonomie, le progrès des cobots est au contraire étroitement lié au comportement des humains auxquels ils sont soumis afin d’augmenter à la fois leur comportement et leur cognition.

Le robot traditionnel est généralement conçu pour un seul objectif. Il a été créé et programmé pour appliquer une tâche unique, que seul un expert en robotique peut accomplir pour atteindre les objectifs fixés. Le cobot, en revanche, est un appareil polyvalent. Sa facilité d’utilisation lui permet d’être reprogrammé pour effectuer n’importe quelle tâche sans l’intervention d’un expert. La cobotique n’est pas un substitut mais une aide bénéfique pour la production et le personnel.

III. Les cobots humanoïdes - un cas représentatif de la cobotique.

La classification des systèmes cobotiques est difficile car il existe des nombreux critères pour décrire la collaboration entre l’homme et le robot : la robotique collaborative est développée dans six (6) domaines principaux :
- la cobotique industrielle,
- la cobotique médicale,
- la cobotique militaire,
 - la cobotique agricole
- et enfin la cobotique domestique.

La collaboration entre les robots s’est fortement développée depuis les années 2000. Au Japon, aux Etats-Unis et en Allemagne, l’étude et le développement de nombreux cobots dont la vocation est d’interagir avec l’homme sont en cours, que ce soit avec des robots humanoïdes comme ASIMO, des robots jouets comme AIBO, des robots simulant des émotions ou des robots militaires. Il y a aussi des exosquelettes comme XOS, ou HULC ou des robots d’assistance chirurgicale.

En France, il existe déjà tout un domaine consacré à la robotique bio-inspirée : la "robotique douce" et le développement de robots de plus en plus proches de la morphologie humaine (voir les robots humanoïdes à peau artificielle). En 2012, le gouvernement français commencera à publier le rapport PIPAME et une série d’actions visant à promouvoir la cobotique.

Pour Michel Devy, directeur de recherche émérite au Laboratoire d’Analyse et d’Architecture des Systèmes (LAAS) du CNRS, Toulouse, "Les robots de collaboration, ou cobots, sont déjà dans les usines, et beaucoup sont destinés au marché grand public des robots d’assistance. Mais à part quelques robots spécialisés, cela permettra d’augmenter l’autonomie des personnes âgées à domicile, et ce n’est pas pour demain […]".

IV. Quelles sont les règles applicables pour la mise en œuvre d’un cobot en Europe ?

Le cadre juridique européen tente de prévenir les risques éventuels que les humains peuvent rencontrer lorsqu’ils interagissent si étroitement avec les cobots.

Et lorsqu’une entreprise acquiert un ou plusieurs cobots, la première chose à laquelle elle pense est : liability et liability !

En Europe, la réglementation applicable pour l’utilisation d’un robot, qu’il soit partenaire ou non, est la directive 2006/42/CE relative aux machines. La directive Machines, était transposée en France par le décret n° 2008-1156 du 7 novembre 2008 relatif aux équipements de travail et de protection individuelle.

La directive relative aux machines, est entrée en vigueur depuis le 29 Juin 2009 et est obligatoire depuis le 29 Décembre 2009 (remplaçant définitivement l’ancienne directive 98/37/CE). La directive est une refonte de la directive 98/37/CE relative aux machines et modifie la directive 95/16/CE relative aux ascenseurs. Le champ d’application de la directive, est ample. Pratiquement, tout ce qui est capable d’un mouvement dans un but donné est concerné. Il s’agit d’un ensemble de pièces ou d’organes liés entre eux, dont au moins un est mobile et, le cas échéant, d’actionneurs, de circuits de commandes et de puissance réunis de façon solidaire en vue d’une application définie.

Important à retenir, qui sont exclus de son champ d’application :
- a) les machines dont la seule source d’énergie est la force humaine (pinces, ciseaux) ;
- b) les machines à usage médical ;
- c) les tracteurs agricoles et forestiers ;
- d) les matériels spécifiques pour fêtes foraines ;
- e) les appareils à pression ;
- f) les armes à feu ;
- g) les installations à câbles pour le transport des personnes (funiculaires, téléphériques, ascenseurs etc.).

La directive requiert l’apposition du marquage CE sur le produit.

Ainsi, elle définit les mesures à prendre pour se conformer aux exigences essentielles de santé et de sécurité des robots et des cobots, afin d’assurer un niveau élevé de protection des utilisateurs. La directive et la norme ISO 10218 stipulent que le contact entre les humains et les robots doit être protégé par la loi.

Enfin, le débat sur la présence des cobots dans la vie professionnelle, reste inquiétant pour quelques-uns. Et ça me puisse à me demander : Est-ce que peuvent-ils vraiment nous remplacer ? Pour Marty Nemko, psychologue et conseiller d’orientation professionnelle : "Il n’existe aucune formation qui puisse aider un humain à égaler la vitesse et l’efficacité de l’intelligence artificielle. L’accumulation de compétences inférieures est inévitable". D’un autre point de vue, la cobotique est une technologie qui est promue comme une garantie du développement continu de l’industrie pour l’avenir. Elle a transformé la robotique traditionnelle et nos vies.

"Les tentatives de création de machines pensantes nous aideront à découvrir, comme nous nous pensons nous-mêmes" Alan Turing, père de l’informatique, de la cryptographie et héros de la Seconde Guerre mondiale.

Bibliographie.

- Jean-Marc Salotti, Eric Ferreri1, David Daney - Classification des Systèmes Cobotiques [1]

- UNITEC- Dossier de Veille [2]

- Universal Robots [3]

- La Revue Progressiste INDUSTRIE DU FUTUR (N°24), N° 24 [4]

- Directive Machines, 2006/42/CE [5]

- LCIE- Bureau Veritas [6]

- Décret n° 2008-1156 du 7 novembre 2008 relatif aux équipements de travail et aux équipements de protection individuelle - Legifrance [7]

- Human Robotics Blog [8]

Notes :

Eykis Garcia Diaz
Juriste- Master 2 Droit européen & international des affaires (Master 240) Université Paris-Dauphine PSL

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