Des cabinets qui innovent : "L’avocat unique à deux têtes" en droit de la famille.

Nous poursuivons notre série de chroniques sur les professionnels du droit qui innovent, notamment en ce qui concerne la Relation-client.
Pour cette 22ème chronique, le Village de la Justice s’est entretenu avec Stéphanie Travade-Lannoy, Avocate associée au cabinet BWG.
« L’avocat unique à deux têtes » est la formulation d’une offre du cabinet BWG pour aider les familles à surmonter les crises.
C’est avant tout une proposition de mode amiable de résolution des différends, au même titre que le droit collaboratif ou la procédure participative...

Fondé en 2000 à Paris, le cabinet BWG comprend six associés, quatorze collaborateurs et trois consultants, tous dédiés au droit de la famille dans son ensemble.
Le cabinet est né de l’idée que le droit de la famille était trop peu valorisé ; les associés souhaitaient donc lui donner toute sa place, comme d’autres traitent le droit des affaires : de façon structurée et dans son ensemble.

Village de la Justice : Quelle est votre innovation ?

Stéphanie Travade-Lannoy : « L’avocat unique à deux têtes » est né du souhait de développer les modes amiables de résolution des conflits, dans un contexte judiciaire dégradé, et avec l’objectif de permettre à nos clients de trouver des solutions pérennes et équilibrées.

Nous avons donc lancé en 2015 cette offre. Au départ, il s’agissait principalement des divorces : un cabinet d’avocat unique pour les deux époux souhaitant divorcer. Mais au sein de notre cabinet, un avocat est dédié à chacun d’eux.
Un seul objectif commun : trouver un accord.

Depuis le 1er janvier 2017, date à laquelle le divorce par consentement mutuel a été déjudiciarisé, l’avocat unique n’est plus possible. Nous ne pouvons donc plus offrir ce service aux époux qui souhaitent divorcer, mais il reste d’actualité pour tous les litiges, post-divorce ou hors divorce, relatifs à l’autorité parentale (organisation de la vie des enfants, mesures financières,…)

Le droit de la famille est un accompagnement juridique mais aussi humain ; nos clients cherchent une relation particulière avec leur avocat. Si les deux avocats cherchent à collaborer et en ont l’habitude, la recherche de solution amiable est plus facile et moins traumatisante.

Pourquoi avoir choisi cette nouvelle organisation ?

Outre notre souhait de recherche de solutions amiables, l’offre est née du constat que certaines personnes souhaitent avoir un même avocat pour éviter d’envenimer les choses. Or c’est souvent difficile d’être avocat unique car il faut défendre des intérêts qui sont parfois contradictoires, d’où "l’avocat unique à deux têtes". Deux avocats, mais qui ont le même objectif dans le cabinet : trouver une solution acceptable pour tous, en ayant en vue l’intérêt commun.

Bien entendu, si un accord n’est pas trouvé et qu’ils doivent se tourner vers un contentieux, il faudra que d’autres avocats d’un autre cabinet prennent le relais.

Qu’est-ce que cela change en interne ?

Cette démarche est tout à fait cohérente avec notre pratique. Nous sommes formés à la négociation et au droit collaboratif.
Le cabinet s’est fondé sur la notion d’équipe et de solidarité. Cette démarche va dans le sens d’un travail collaboratif que nous recherchons.
C’est important pour les avocats du cabinet et aide à maintenir notre passion pour ce métier.

Des retours d’expérience déjà ?

Nous sommes très satisfaits de la façon dont cela se passe, car nos clients sont en demande de cette innovation, qui a donné des résultats positifs, avec des délais souvent raccourcis et des honoraires qui peuvent être réduits par ces échanges simplifiés et fluides entre les avocats du cabinet.

Rédaction Village de la justice

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