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L’interprofessionnalité crée-t-elle de la valeur ? Enquête.

Indexfi, réseau interprofessionnel qui vient notamment de lancer un salon virtuel interprofessionnel, a réalisé une enquête [1] sur la pratique et les retombées de l’interprofessionnalité.

Lucien Meney, Indexfi, résume parfaitement la problématique : "Difficile de ne pas chercher d’autres compétences, dans un monde si complexe et si vaste, avec l’ouverture de marchés de plus en plus éloignés techniquement et géographiquement de nos savoir-faire habituels.

On nous parle de structures capitalistiques pour collaborer, mais les résistances sont ailleurs et plus véritablement dans la méthodologie (les outils pour y parvenir) et dans la lisibilité des offres disponibles.

Ce premier baromètre de l’Interprofessionnalité révèle les grandes tendances de ces modes de collaboration, évidemment en cours de véritable explosion, puisque internet, connecté sans cesse au creux de nos téléphones, nous en donne chaque jour encore plus les moyens et l’envie."

Voici quelques enseignements de l’enquête, que vous pouvez consulter en intégralité ici.

Les enjeux des organisations interprofessionnelles.

L’interprofessionnalité est un un enjeu contemporain pour le développement des professions du droit, du chiffre, de la finance... Dans chaque discipline, les professionnels ressentent souvent le besoin d’intégrer d’autres expertises pour mieux servir les intérêts de leurs clients. Si certaines convergences de services semblent naturelles (Avocat-Expert comptable, Notaires-Patrimoine-Immobilier...), il n’y a pas de schéma unique pour l’interprofessionalité et l’innovation conduit à intégrer de nouveaux domaines d’expertises au gré des missions réalisées ou à réaliser.

Les professionnels de toutes les disciplines s’accordent aujourd’hui sur un objectif commun pour l’interprofessionalité : créer plus de valeur pour le client.

Si 57% des professionnels interrogés font partie de structures interprofessionnelles, la pratique de se constituer un réseau d’experts est plus courante encore : 91% des professionnels animent un réseau formel ou informel de professionnels, encouragés par l’impact positif de ces réseaux sur leur chiffre d’affaires.

Parmi les 57% de professionnels interrogés qui indiquent faire partie d’une structure interprofessionnelle, il y a par exemple les cabinets d’avocats, qui disposent de plusieurs spécialistes au sein de leur cabinet pouvant intervenir dans différents domaines du droit, tels que le droit des affaires (72% des avocats répondants), la rédaction d’actes (72%), le droit social (46%), les droit immobilier (40%)...
A noter que des avocats mentionnent également appartenir à une structure qui intègre d’autres domaines d’expertises tels que les transactions immobilières (13%), la gestion de patrimoine (11%) ou encore le conseil en lever de fonds et subventions (6%)... ou encore plus marginalement : gestion de crise, négociation, médiation, arbitrage.

De qui sont composés ces réseaux ?

Cinq catégories de professionnels sont le plus souvent au cœur de ces réseaux : les conseils juridiques (41% des cas), les comptables (39%), les fiscalistes (36%), les conseils en droit des affaires (36%), les commissaires aux comptes (35%). En moyenne, chaque professionnel inclut quatre expertises complémentaires à son activité dans son réseau interprofessionnel.

Quelles sont les motivations et résultats des "pratiquants" ?

Sans surprise, la principale motivation d’animer un réseau interprofessionnel est dictée par le courant des affaires qu’elle génère. 57% des professionnels s’attendent à augmenter leur chiffre d’affaires, et 49% souhaitent davantage élargir leur réseau encore. A noter que ce sont les clients qui poussent les professionnels à chercher davantage de partenaires, puisque 31% des professionnels reconnaissent que c’est pour répondre à la demande de leurs clients qu’ils étendent leur réseau.

La majorité (51%) des professionnels estime que leur structure et/ou leur réseau interprofessionnel génèrent jusqu’à 20% de leur CA annuel. L’interprofessionnalité représente donc une part non-négligeable d’activité :

En pratique, comment ça fonctionne pour la facturation ?

L’enjeu de la facturation montre les frontières qui subsistent entre les différentes disciplines lors de missions interprofessionnelles. Principalement, les professionnels ne prévoient pas de modalités particulières de facturation (pour 37% d’entre eux), ou opèrent une classique facturation sur base horaire (31% des professionnels). Ils ne sont que 13% à présenter au client une facture unique réunissant l’ensemble des opérations menées pour son compte. Les limites posées par les normes et les pratiques ordinales subsistent dans les enjeux de l’interprofessionalité....

Quelles sont les attentes des clients ?

Les professionnels en sont persuadés : 90% d’entre eux estiment que leur réseau crée de la valeur pour leurs clients.
De fait, le client est au centre des motivations qui poussent les professionnels à créer ou développer leur réseau : 70% des professionnels considèrent que leur réseau interprofessionnel produit une meilleure satisfaction du client, et 50% y voient aussi une meilleure qualité dans l’exécution de leur mission.
Cependant, des pistes d’amélioration existent et sont à rechercher dans la diminution des coûts et l’optimisation des ressources (cité par seulement 10 % des professionnels), voire même la gestion du stress que leurs réseaux n’améliorent que pour 10% des répondants.

Les clients B2B (entreprises, professions libérales...) sont les plus demandeurs de missions interprofessionnelles.

La suite : "Les bonnes pratiques de l’interprofessionnalité.."

Source et infographie : Indexfi.

Rédaction Village de la justice

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Notes :

[1Enquête réalisée par SquareMetric auprès de 161 professionnels du droit, de la comptabilité et de la finance de septembre 2015 à mars 2016.

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