Pour beaucoup d’avocats, “faire du marketing” semble contraire à leur posture professionnelle. Le mot évoque la mise en avant forcée, l’obsession de la visibilité, ou la peur de se dénaturer. Pourtant, si l’on redonne à ce terme son sens véritable, celui d’une stratégie d’expression de sa valeur ajoutée et d’affirmation de son identité professionnelle, alors il devient un levier essentiel de pérennité.
Le vrai marketing, ce n’est pas s’inventer, c’est s’exprimer avec clarté, cohérence et conviction. Et c’est précisément dans cette cohérence que se joue l’attractivité du cabinet, notamment auprès des bons clients, ceux qui vous correspondent vraiment.
1. Le bon marketing commence par la clarté.
Avant même de parler d’outils ou d’actions, la première question à se poser est celle de votre identité professionnelle. Qu’est-ce qui vous distingue ? Quelle est votre spécialisation réelle ? Qui sont les clients que vous servez le mieux ? Quelle valeur leur apportez-vous au-delà de la prestation juridique ?
Tant que ces éléments ne sont pas clairs, votre communication sera floue, et donc peu impactante. Clarifier votre positionnement, c’est déjà poser les fondations d’un marketing aligné, qui vous ressemble, et qui attire les bons dossiers.
Cela suppose aussi de revoir votre présentation (site internet, bio LinkedIn, carte de visite) à l’aune de ce positionnement. Trop de profils restent centrés sur la formation ou la chronologie des expériences, au lieu de faire ressortir une proposition de valeur forte, différenciante et crédible.
2. Votre réseau est votre capital : cultivez-le.
Le cœur du marketing d’un avocat, c’est le relationnel. Le bouche-à-oreille est souvent la première source d’opportunités, encore faut-il le structurer.
- Identifiez les personnes qui vous recommandent déjà ou qui pourraient le faire.
- Entretenez ces liens avec régularité, sans attendre de résultat immédiat.
- Remerciez, informez, apportez de la valeur, proposez votre aide.
Le marketing relationnel repose sur la confiance. Et cette confiance se bâtit dans la durée : par un appel spontané, un déjeuner sans objectif caché, l’envoi d’un article utile, une recommandation croisée… autant de gestes simples mais puissants qui renforcent votre empreinte dans l’esprit des prescripteurs.
Pensez également à créer un système de suivi (tableur ou CRM simplifié) pour garder trace de vos contacts, des échanges passés, et des actions à venir. Ce n’est pas une tâche commerciale, c’est un outil de rigueur relationnelle.
3. Créez du contenu qui vous positionne.
Écrire, parler, partager une veille juridique : ce sont là des leviers puissants pour asseoir votre expertise. Non pas pour vous mettre en avant, mais pour faire comprendre ce que vous apportez.
Un article bien écrit, un commentaire pertinent sur LinkedIn, une intervention dans un cercle professionnel : tout cela contribue à créer une image cohérente et crédible.
Mais cela suppose de cibler vos sujets (qu’est-ce qui intéresse vraiment vos clients ?), de soigner le ton (pédagogique, accessible, professionnel), et de publier régulièrement. Ce contenu peut ensuite être décliné sur plusieurs supports : site internet, newsletter, posts LinkedIn, conférences, etc.
4. LinkedIn : le média des avocats stratégiques.
LinkedIn est aujourd’hui plus qu’un réseau social : c’est une plateforme de visibilité, d’alignement et de génération d’opportunités.
Un profil bien rédigé, avec une bannière claire, une accroche percutante, et une présentation orientée clients est un vrai levier de crédibilité. Il ne s’agit pas d’y publier tous les jours, mais d’y apparaître avec justesse et régularité.
Vous pouvez par exemple :
- Interagir sur les publications de vos confrères ou partenaires,
- Relayer vos propres articles ou une actualité de votre domaine,
- Liker ou commenter avec pertinence des sujets qui concernent vos clients cibles.
LinkedIn, bien utilisé, vous permet aussi de développer et de valoriser votre réseau, de suivre vos prospects ou anciens clients, et de rester présent à l’esprit sans être intrusif.
5. Une stratégie de recommandation active et authentique.
Vos clients satisfaits sont vos meilleurs ambassadeurs. Mais beaucoup d’avocats n’osent pas leur demander une recommandation ou ne pensent pas à les solliciter pour de nouveaux dossiers.
Vous pouvez pourtant, avec simplicité et tact :
- Demander s’ils ont été satisfaits de votre accompagnement,
- Leur proposer d’échanger sur d’autres besoins qu’ils n’auraient pas encore évoqués,
- Leur demander s’ils connaissent quelqu’un qui pourrait bénéficier d’un échange exploratoire.
Tout cela dans une logique d’écoute, de service et de respect. Pas pour “vendre”, mais pour prolonger la relation, pour faire savoir que vous êtes disponible, à nouveau, si besoin.
6. Le bon marketing ne ment pas : il révèle.
Le marketing d’un avocat ne doit jamais être clinquant ni manipulateur. Il doit révéler, avec justesse et cohérence, la valeur réelle de ce que vous proposez.
C’est en ce sens que je parle souvent de “marketing d’alignement”. Alignement avec vos compétences, votre style de relation, vos valeurs. Car ce que vos clients perçoivent, ce n’est pas seulement ce que vous dites : c’est ce que vous incarnez.
Une image cohérente, une relation fluide, une présence juste et régulière dans les bons cercles : voilà ce qui fait la différence à moyen terme.
Conclusion : Le marketing, un levier de positionnement durable.
Faire du marketing, ce n’est pas se mettre en vitrine. C’est permettre aux bonnes personnes de vous trouver, de vous comprendre, de vous choisir.
C’est structurer une présence. Affirmer une posture. Montrer que vous êtes prêt à aider.
Et ce n’est pas un effort à fournir “en plus du travail”. C’est une manière de faire rayonner ce travail.
Le prochain article explorera le dernier levier de cette série : le pilotage du cabinet, autrement dit la posture de dirigeant. Parce que même en solo, votre cabinet mérite d’être piloté avec lucidité.



Discussions en cours :
le marketing n’est pas dans notre système de pensée à nous Avocats, ancienne mouture,
Nous ne nous percevons pas comme des chefs d’entreprises ou des commerçants.
Alors, il est vrai qu’il nous est difficile de parler de marketing ou de force de vente
Mais ainsi va le monde, et il faut prendre le train en marche.
Article simple et judicieux.
merci à vous, bien que le terme de coach....me donne de l’urticaire....
Je vous remercie du message.
En effet, en tant qu’avocate, au delà de votre expertise juridique, la posture entrepreneuriale est essentielle pour la pérennité et le développement de votre cabinet. N’oubliez pas qu’aù delà du terme de marketing, l’essentiel est la relation avec vos clients, le développement de vos relations avec des potentiels prospects. Je ne parlerai pas de force de vente, perseonnellement, je n’y crois pas, car qui mieux que l’avocat peut parler de sa pratique et créer le lien avec son client actuel ou potentiel.
Quant au terme "coach" qui vous "donne de l’urticaire", je serai ravi d’échanger avec vous en direct à ce propos (mes coordonnées figurent sur mon site internet cité en bas de mon article), pour comprendre d’où vient cela et surtout pour vous présenter ma réalité de ce métier.
Bien à vous,