Rédaction du Village de la Justice

 
  • 766 lectures
  • 1re Parution: 16 juin 2021

  • 4.97  /5
Guide de lecture.
 

Où en est le « moral des troupes » au sein des directions juridiques ?

La question du moral des services juridiques revient de manière récurrente dans les différents échanges que nous avons avec nos interlocuteurs juristes d’entreprise. Bon nombre d’entre-eux nous disent en effet se sentir peu soutenus, leur travail étant souvent peu valorisé et leur expertise insuffisamment mise au service des projets de l’entreprise. Nous avons donc réalisé plusieurs enquêtes pour mieux comprendre la situation, et recueillir les suggestions formulées par les juristes eux-mêmes pour améliorer les choses. Nous vous en disons un peu plus en attendant le replay de la première table-ronde de la 10e Journée du Management Juridique (support de présentation de la conférence en fin d’article).

Les juristes d’entreprise sont-ils suffisamment reconnus dans leur travail ?

À la question « y a-t-il une différence dans l’estime de soi entre les salariés du service juridique et ceux des autres services de l’entreprise », les réponses sont réparties à parts égales, puisque la moitié des services juridiques interrogés ne voient pas de différence notable entre leur service et les autres en termes d’estime de soi. Néanmoins, pour l’autre moitié, celle qui considère que les services juridiques ont une problématique particulière dans ce domaine, quels sont les ressentis ? Ils se sentent « moins gratifiés », « moins valorisés », « moins soutenus », « moins mis en avant », ils ont le sentiment que leur implication n’est pas reconnue, que l’impact de leur travail est faible, et que leurs préconisations peuvent aisément être écartées…

L’organisation générale de l’entreprise et les relations avec la direction jouent un rôle prégnant dans ce sentiment partagé par beaucoup de juristes d’entreprise. Ils sont ainsi nombreux à dire qu’ils ont « rarement l’occasion de gérer de bout en bout un projet et d’en voir la concrétisation ». En outre, certains ne sont « pas représentés dans les instances de direction », « ne participent pas aux décisions stratégiques », et, de manière plus que symbolique, « ne sont pas reconnus dans les événements corporate », ni « mentionnés dans les remerciements lors de gains de dossiers », ni « mis en avant dans les résultats de l’entreprise ». Une autre thématique récurrente porte sur la mobilité interne, considérée comme trop faible, et les rémunérations, jugées insuffisantes, tant au regard de « l’engagement » que de « l’expérience et d’une formation bac+5 ». Les causes d’insatisfaction sont nombreuses...

Le moral des troupes semble donc en berne. Mais il y a aussi et fort heureusement des retours positifs !

Quelle image cultiver pour une meilleure estime de soi ?

Quand ils décrivent les aspects positifs de leur fonction, les répondants décrivent le juriste d’entreprise comme un « facilitateur de projet », un « créateur de valeur et de sécurité », qui « avertit, conseille » et « assure la pérennité des projets ». « Dans un monde où tout va vite, le juriste dénote, il prend le temps d’analyser les risques et envisage parfois des solutions qui ne répondent pas à l’exigence toujours plus forte de rapidité dans le montage des projets ».

Beaucoup de juristes se voient comme un « business partner », « très impliqué dans la stratégie de l’entreprise », « écouté dans ses conseils », « que l’on sollicite pour la qualité de son expertise » et « sa capacité à trouver des solutions ». Ils se perçoivent également comme des collègues « accessibles » et « capables de rendre intelligible une matière difficile ».

Et ce ne sont certainement pas les équipes finalistes du Prix de l’Innovation en Management Juridique qui nous diront le contraire ;-).

Quelles méthodes pour revaloriser la fonction juridique au sein de l’entreprise ?

Les juristes interrogés ont de très nombreuses propositions pour améliorer les relations avec les autres services de l’entreprise et favoriser ainsi une meilleure estime de soi au sein du service juridique. Pour la plupart des répondants, les services juridiques eux-mêmes doivent être les principaux acteurs de ce changement. Un levier d’action majeur porte sur l’attitude du juriste dans son métier : celui-ci doit se montrer « disponible », « à l’écoute », avoir un « intérêt réel pour ce que font les opérationnels », être « de bonne humeur », et « humble ». Il doit également être « positif, entreprenant et pro-actif », et « tirer des enseignements des événements affectant négativement la vie de l’entreprise ». Il développe notamment une « optique business » qui lui permet de parler « le même langage que les autres équipes ».

De manière très concrète, comme le suggèrent de nombreuses réponses, l’amélioration de la relation avec les autres services passe par l’obtention de « très bons résultats », « quantifiables », et par le fait de « démontrer sa plus-value », par exemple « dans la négociation de contrats complexes », ou en « gagnant des procès avec de gros dommages et intérêts ».

Par sa vue transverse, un juriste doit « contribuer au développement de l’activité » et permettre d’« éviter des complications ». Il doit ainsi démontrer que son rôle est « préventif  », « constructif » et non « répressif » et faire par là même comprendre qu’il est « important de [lui] donner les bonnes informations pour que [le] travail en commun soit efficace ».

Bien d’autres questions se posent...

Lorsque l’on s’interroge sur le point de savoir si les juristes d’entreprise sont heureux dans leur job, il faut aussi se demander :
- Pourquoi une bonne QVT est-elle importante pour les services juridiques ?
- Quelles propositions peuvent être formulées pour améliorer la qualité de vie au travail des juristes ?
- Le retour au bureau est-il un casse-tête ou une opportunité de repenser la relation de travail ?

Ce sont autant de questions qui ont été posées lors de la 1re table-ronde de la 10e Journée du Management Juridique du 24 juin 2021 (replay à venir), et voici le support de conférence :

Rédaction du Village de la Justice

Recommandez-vous cet article ?

Donnez une note de 1 à 5 à cet article :
L’avez-vous apprécié ?

1 vote

A lire aussi dans la même rubrique :

LES HABITANTS

Membres

PROFESSIONNELS DU DROIT

Solutions

Formateurs