Accueil Actualités juridiques du village Droit civil Droit des personnes

La francisation du prénom.

Par Bruno Ancel, Avocat.

« Le prénom est la clé d’une personne » ( Amélie Nothomb )

A une époque où la volonté de différentiation semble devenir un impératif, certains cependant manifestent le désir de mieux s’intégrer dans la communauté française. Ces demandes sont fondées et méritent attention.

  • La nécessité d’un intérêt légitime

Si le prénom d’usage devient un fardeau dans la vie de tous les jours, le franciser semble une opportunité qui nous est offerte par la législation française.

Pour effectuer une telle modification, il faut un intérêt légitime. L’ article 60 du Code civil dispose :

« Toute personne qui justifie d’un intérêt légitime peut demander à changer de prénom. La demande est portée devant le juge aux affaires familiales à la requête de l’intéressé ou, s’il s’agit d’un mineur ou d’un majeur en tutelle, à la requête de son représentant légal. »

Le recours à un avocat est obligatoire pour opérer tout changement.

  • Le changement de prénom : un facteur d’intégration

Un nouveau prénom crée une nouvelle identité. Il sert non seulement à situer une personne au sein de sa famille, mais également à positionner l’individu au sein de la société. La francisation du prénom peut ainsi avoir une influence subtile sur le cours d’une carrière.

Un prénom français traduit la volonté de s’inscrire dans une communauté. Par exemple, certains étrangers se sentent stigmatisés en raison de leur nom ou prénom. De jeunes étudiants à la recherche d’emplois estiment que leur prénom et/ou nom leur portent préjudice et fragilisent leur parcours professionnel. Il en est de même pour certains chefs d’entreprises. Dans tous ces cas, le changement de prénom semble une solution intéressante.

Le souci d’intégration à la communauté ambiante semble une nécessité impérieuse. Notons qu’une personne étrangère qui a obtenu la nationalité française peut demander à adopter un prénom français.

Marqueur social, le prénom n’est pas neutre ; le modifier peut favoriser l’insertion dans la société française. Tout changement d ‘état civil n’est pas une procédure à prendre à la légère. Le conseil d’un avocat est indispensable.

En définitive, un prénom francisé est à la fois un puissant vecteur d’intégration, de construction identitaire et de structuration psychique. L’appartenance à la communauté française est riche de solidarité créatrice : elle permet à l’individu de se sentir plus à l’aise dans son environnement quotidien et accroit ses réalisations personnelles.

En effet, dans la mesure où le prénom représente le moi social et relationnel, tout changement d’appellation a des conséquences immédiates sur l’existence d’une personne. Un nouveau prénom ou nom, c’est une nouvelle reconnaissance sociale. N’hésitez pas à consulter un spécialiste.

Maître ANCEL Bruno
Avocat au Barreau de Paris
Site internet : www.avocat-ancel.fr

Voir tous les articles
de cet auteur et le contacter.

Recommandez-vous cet article ?

Donnez une note de 1 à 5 à cet article : L’avez-vous apprécié ?

41 votes

Vos commentaires

Commenter cet article
  • Le 5 février 2014 à 13:41 , par ancel
    La francisation du prénom. Par Bruno Ancel, Avocat.

    Madame, Monsieur,

    Votre analyse appelle 3 remarques de ma part.

    1) Il semble que vous ayez lu trop rapidement mon article. En effet, si je cite Amélie Nothomb, je précise également que tout changement n’est pas à prendre à la légère, ce qui exclut ipso facto toute contradiction.

    2 ) Au nom de l’authenticité dont vous parlez, faut il inciter des personnes dont le prénom est ridicule, imprononçable ou démodé à renoncer à toute modification ? Une telle position est en contradiction même avec la psychologie élémentaire qui présuppose de se mettre au moins 5 minutes à la place de celui qui souffre. Jusqu’à présent, tous mes clients ont été pleinement épanouis après leur changement d’état civil.

    3 ) Certaines personnes viennent me consulter après avoir recueilli l’avis de psychologues, psychiatres ou éminents psychanalystes. C’est sur les conseils de leur médecin qu’ils souhaitent effectuer un changement de prénom et/ou nom. Je vous précise que certains clients ont muri leur décision 3, 5 voire 7 ans avant d’entreprendre toute démarche. Enfin, avocat à la Cour, je suis tenu de respecter des règles de déontologie qui m’imposent d’agir avec dignité : il ne s’agit pas d’exploiter la fragilité d’une personne vulnérable. D’ailleurs, dans tous mes articles publiés sur le village de la justice, j’insiste sur la nécessité de mieux protéger les plus fragiles.

    Je vous inviterais en conséquence à prendre le temps de lire avant de porter un jugement : toute erreur résulte de la précipitation...

  • Le 4 février 2014 à 19:30 , par toupet
    La francisation du prénom. Par Bruno Ancel, Avocat.

    Monsieur,
    Vous avez commencé votre article par la citation "le prénom est la clé d’une personne".
    Ne trouvez-vous pas contradictoire de faire l’apologie du changement de prénom pour des raisons professionnelles tout en mettant en tête de votre article cette citation ?
    Ne voyez vous donc pas qu’elle signifie justement le contraire de ce que vous écrivez.
    Ne comprenez vous pas que l’écrivaine invite à l’authenticité de la personne et non pas à la superficialité par un changement de prénom, juste pour plaire au patron et aux collègues...
    Les personnes qui viendront vous voir monsieur dans votre bureau pour que vous les assistiez dans leur demande de changement de prénom, ce seront des personnes fragiles...et je doute que vous soyez assez psychologue pour comprendre les raisons de leur malaise.