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Leadership au féminin : 8 conseils pour adopter une « position gagnante ».

Construire sa carrière et avancer dans sa vie professionnelle sont des objectifs qui se développent avec du travail, mais aussi (et peut-être surtout) avec une dose de stratégie et une réflexion sur son positionnement. Si la question se pose pour tout salarié, des conditions supplémentaires s’imposent aux femmes. Les prises de conscience sur cette réalité permettent aux salariées - et notamment aux juristes - de s’accorder un instant pour analyser leur situation, et trouver des solutions aux blocages qu’elles peuvent rencontrer, qu’ils soient externes ou internes.

La solution d’une formation peut être une première étape pour y remédier. Nous avions suivi l’année dernière l’atelier sur le leadership au féminin organisée par l’AFJE et animée par Marie Hombrouck, fondatrice du cabinet de recrutement Atorus Executive. Elle a réitéré l’initiative le 20 mars 2019, avec à ses côtés Charlotte de Vogüé, fondatrice du cabinet de coaching Vogüé, et Béatrice Oeuvrard, Public policy manager chez Facebook France. Et voici les 8 conseils que nous en avons retirés.

Arrêter…

… de se reposer « uniquement » sur son travail.

Bien travailler, c’est important. Mais le faire savoir, c’est essentiel. L’écueil récurrent, notamment chez les femmes, serait de croire que parce que l’on fait « du bon boulot », voire parce que l’on est la meilleure de son équipe, on sera remarquée et que l’on obtiendra la reconnaissance attendue. Malheureusement, la déception sera très souvent au rendez-vous.

Il faut donc impérativement oublier « la croyance que bien faire suffit à faire savoir » souligne Charlotte de Vogüé, et éliminer toutes les traces du syndrome de la première de la classe, de la luciole, ou tout autre nom qu’on pourrait lui trouver. Il faut imaginer une stratégie pour faire connaître (et reconnaître) votre travail.
D’autant que si les compétences sont nécessaires pour un poste, elles ne sont pas suffisantes, car ce ne sont pas elles qui vont vous différencier d’autres juristes. « Lors d’entretiens, nous recherchons des compétences techniques, mais nous cherchons aussi un savoir-être, explique Marie Hombrouk. Ce qui fera la différence, c’est l’humain. »

Il faut imaginer une stratégie pour faire connaître (et reconnaître) votre travail.

… la quête de la perfection (inutile).

Souvent associée au travers précédent, la volonté de vouloir (trop) bien faire. « L’excellence est important, mais elle est différente de la perfection, explique Charlotte de Vogüé. La perfection amène à une surqualité qui n’est pas rémunéré dans la carrière, et qui conduit au surmenage. » Pour lutter contre cette tendance contre-productive, et épuisante, il est donc important de déterminer à quel moment on en fait trop - ce qui est souvent possible a posteriori. Cela permettra d’économiser son énergie, mais aussi son temps, et de l’investir dans d’autres démarches… faire savoir à quel point l’on est compétente, par exemple.

… de remettre en cause sa légitimité.

Le fameux (et insidieux) phénomène de l’auto-censure, « le plus grand obstacle à la réussite » pour Charlotte de Vogüé.
C’est cette grande barrière intérieure qui va vous retenir lorsque, en lisant la description d’un poste « nous allons nous focaliser sur les 10% qui ne nous correspond pas » souligne Béatrice Oeuvrard. Ce qui amène alors à se convaincre que l’on ne peut pas prétendre au poste, que l’on ne pourra pas le faire, que l’on aura pas les compétences, et donc que l’on ne sera pas légitime à occuper le poste.

Il est donc important d’arrêter de se focaliser sur ce qu’on ne sait pas faire, et plutôt d’apprendre à connaître ses propres forces - que l’on connaît rarement bien. Et « plus c’est évident, moins on les voit » confirme Charlotte de Vogüé.
Si vous avez vous-même du mal à discerner vos qualités professionnelles et personnelles, demandez autour de vous. Bénéficier de regards extérieurs vous permettra d’en prendre conscience ou de découvrir des forces que vous ne soupçonniez pas.

Travailler…

… sa posture physique.

Cela peut sembler simple, mais c’est un élément qu’il ne faut absolument pas négliger. D’abord, pour ce que l’on communique aux autres sans en avoir vraiment conscience. Marie Hombrouk explique ainsi qu’avec la poignée de main qui débute un entretien « en trente secondes nous savons comment cela va se dérouler et la personne que l’on a en face de soi ». Comment alors contrôler ces messages involontaires ?
En se convainquant soi-même. Car cette dimension du non-verbal, qui relève du corps, « influence d’abord notre esprit, et la façon dont nous nous percevons, explique Charlotte de Vogüé. Notre langage corporel forme qui nous sommes. »

Pour adopter mentalement une position gagnante, il faut l’adopter physiquement.

Pour adopter mentalement une position gagnante, il faut l’adopter physiquement. Par exemple, avant un moment important (et dans un endroit où vous serez tranquille), prenez une position qui représente pour vous la puissance… ou levez bien haut les bras pour faire le V de la victoire !

… son réseau (et son relationnel).

Vous l’aurez compris, en parallèle de son travail, il faut travailler son relationnel, et développer son réseau professionnel. Le réseau est important, aussi bien en externe - pour « s’oxygéner » comme l’exprime Béatrice Oeuvrard, s’ouvrir de nouvelles portes, découvrir de nouveaux milieux ou de nouveaux domaines - qu’en interne.
Il est en effet conseillé de se faire connaître en dehors du département juridique, car les soutiens ne viendront pas uniquement de votre manager ou de vos collègues directs. « Pour avoir accès au ‘marché caché’, aux informations, il faut occuper le terrain » souligne Marie Hombrouk.

Si ce relationnel n’est pas naturel chez vous, il est possible de se préparer. Ayez trois ou quatre petites phrases à dire au directeur que vous croisez dans l’ascenseur. Fixez-vous des objectifs lorsque vous devez vous rendre à un événement. Comme l’explique Marie Hombrouk, « je ne pars pas d’une soirée sans avoir au moins quatre cartes de visite, et dès le lendemain matin, je propose un petit-déjeuner ou un déjeuner à ces quatre personnes ».
Accordez-vous également un temps fixe, chaque semaine, que vous consacrerez uniquement à développer ou à entretenir ce réseau professionnel : « Travailler son réseau se fait par petites touches et sur le long terme ».
Un exercice facilité aujourd’hui par les réseaux sociaux, et notamment par Linkedin.

Penser…

… « aux copines ».

Béatrice Oeuvrard souligne aussi l’importance de la « solidarité féminine, de se mettre en connexion les unes avec les autres, et de faire la promotion des femmes autour de vous ». En effet, si vous entendez parler d’une opportunité, que vous avez l’occasion de promouvoir une connaissance ou une collègue, « se serrer les coudes » est important. Un cercle vertueux qui pourra en plus vous récompenser plus tard, car « vous ne savez pas comment arrivera la prochaine opportunité ».
Cette solidarité est d’ailleurs promue par certains réseaux, notamment par le biais du mentoring. Il faut donc y penser pour vous collègues, mais également pour les plus jeunes avec qui vous pourriez développer des affinités.

… à dédramatiser.

C’est aussi un conseil simple, mais crucial. En dehors de certaines situations qui peuvent s’avérer compliquées ou critiques, il faut apprendre à dédramatiser. D’abord, face à un échec, comme le fait de ne pas être retenue pour un poste : « La remise en question, c’est bien, mais apprendre à se raisonner aussi, confirme Marie Hombrouk. Une carrière professionnelle est aussi une question de choix, de votre côté comme celui du recruteur. Il faut accepter que l’on a fait son maximum et que cela n’a pas marché », et admettre ainsi que ce n’est pas là où vous deviez être.

Ensuite, face à une peur, comme celle de postuler à une offre d’emploi ou d’aller au contact de personnes que l’on ne connaît pas ou peu. Vous craigniez de proposer à une personne un déjeuner ? « Au pire »… on vous dira non. Avec un peu de recul, on se rend vite compte que le risque est limité. Et alors, on se sent un peu plus libre de se lancer !

Adopter cette « position gagnante » ne signifie pas déguiser votre personnalité.

… à être authentique.

Tous ces conseils donnent peut-être l’impression qu’il vous faut devenir une véritable as de la stratégie, et de calculer le moindre fait et geste. Oui… mais non. S’il faut effectivement devenir plus proactive dans sa progression et pour adopter cette « position gagnante », cela ne signifie pas déguiser votre personnalité ou adopter des manières qui ne vous ressemblent pas. Au contraire.
Il faut avoir un « leadership authentique » souligne ainsi Charlotte de Vogüé. « Soyez vous-mêmes, et faites les choses à votre façon. N’y allez pas avec des buts précis, mais pour aller à la rencontre des gens, et créer une relation » confirme Béatrice Oeuvrard. Car comme le souligne Marie Hombrouk, « les personnes se rappelleront avant tout de l’échange que vous avez eu ».

Et ne craignez pas vos singularités, et de sortir des sentiers battus, car « le réseau professionnel ne se fait pas toujours dans les normes ».

Clarisse Andry
Rédaction du Village de la Justice

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