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  • 1re Parution: 7 décembre 2021

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Guide de lecture.
 

Les métiers de la traduction et de l’interprétariat juridique - un lissage sur les deux professions.

« Je cherche un traducteur pour signer une promesse de vente chez le notaire ce vendredi. Est-ce que vous êtes disponible s’il vous plaît ? »
En tant que traductrice juridique, je reçois assez régulièrement ce type de message, or que je suis inscrite sur la liste en tant que traductrice et non pas interprète.
Comme ces deux professions requièrent des compétences semblables, peu connaissent leurs différences et savent les distinguer. Pourtant, la traduction et l’interprétariat sont des activités bien distinctes, leurs finalités étant par ailleurs très éloignées.

Certes, chacun de ces métiers implique d’une connaissance des langues mais des compétences qui lui sont propres. D’ailleurs, les requis et les qualifications d’entrée aux deux professions ne sont pas identiques. Le traducteur est souvent recruté avec un master en traduction ou en langues étrangères appliquées. Sa formation initiale est ciblée sur les langues, la terminologie et la technique de la post-édition.

L’interprète passera le plus souvent par les bancs des grandes écoles de l’interprétariat afin de se baigner dans la technique et comprendre l’art de l’oratoire. Le terrain est vaste et l’interprète malgré un bon bagage linguistique, doit travailler les techniques requis et notamment la méthode de travail que ce soit en liaison ou en mode en simultané. Cette dernière technique nécessite une formation spécialisée en interprétariat de conférence. La sélection est rude et la barre est haute. L’interprète sera formé pendant plusieurs années à ses fonctions.

Une des distinctions phares de ces deux métiers concerne bien entendu le délai. C’est la différence essentielle. L’interprète ne dispose d’aucun délai et il doit traduire en direct. Au contraire, le traducteur est tenu de respecter les délais de ses Clients. Le délai est un élément essentiel pour le traducteur s’il veut garder sa clientèle. Nous pourrons même pousser ce propos plus loin en disant que pour certains clients, travaillant dans des secteurs rapides et cycliques, tel que la finance, la passation des marchés, les appels d’offres ou même la bourse par exemple, le délai et la rapidité de l’envoi passent avant la qualité. Cependant, la plupart du temps, la qualité arrive en tête de la liste des exigences du Client.

Sur le terrain, le traducteur est en quelque sorte un « homme/femme de dossier » et il a pour mission de produire une traduction écrite d’un document source. La plupart du temps il traduit vers sa langue maternelle. Cela assure le Client d’une compréhension bienveillante des nuances linguistiques et la qualité de la traduction.

Par ailleurs, la qualité d’analyse et de vérification sont également importantes dans cette activité et sans oublier aussi la capacité de relecture. Cependant, et souvent, le traducteur laissera « refroidir » sa traduction. Enfin, une heure plus tard, il la récupérera pour commencer la partie cruciale, la post-édition. Le travail est parfois minutieux, long et la concentration est clé lors de cette phase. Parfois, un autre traducteur spécialisé dans la post-édition fera cette partie du travail. L’œil d’une tierce est souvent plus objectif. La rigueur est une qualité fondamentale pour le traducteur lors de chaque phase de son travail.

Aussi, une bonne dose de curiosité l’aidera dans ses démarches. La notion de ponctualité est également importante pour le traducteur lors de la remise de son travail. Le traducteur conviendra souvent un horaire précis du rendu de sa traduction et il est impératif de respecter cette condition. Il n’est pas forcément nécessaire d’aller sur le site Chronomania par exemple pour acheter la meilleure montre mais le client mettra l’accent sur une traduction rendue dans le temps !

Pour devenir traducteur, il faut avant tout avoir une passion sans faille pour les langues. Cela va de pair avec ce métier !

L’interprète, « l’homme du terrain ».

D’autres qualités sont exigées de l’interprète, notamment la communication. L’interprète est un homme du terrain et l’art de l’oratoire doit être maîtrisé jusqu’au bout de ses doigts. La communication est un aspect essentiel de son travail. Une bonne communication avec son oratoire est nécessaire et cela même avant le début de la mission. Ainsi, l’interprète mettra en confiance son client et facilitera le bon déroulement de sa mission.

Un bon niveau de culture générale est également très hautement placé sur la liste des compétences. La ponctualité et donc une montre du bon calibre pendulaire est également de rigueur pour l’interprète ! L’interprète doit également être doté d’un bon mémoire. Il y a souvent plusieurs phrases à retenir en même temps et la prise de parole peut parfois être très rapide. Une excellente concentration est également requise.

L’interprétariat rime également avec la notion de synthèse.

Tout d’abord, il convient de préciser que le code d’une bonne synthèse n’a pas forcément besoin d’être craqué par le traducteur mais, au contraire, la synthèse est une notion fondamentale pour l’interprète. Cependant, faire une bonne synthèse est parfois compliquée et cela nécessite une concentration optimale. Le cerveau de l’interprète a besoin d’être agile afin d’assimiler les paroles et les restituer directement dans la langue cible. Il doit se montrer capable de faire cette gymnastique linguistique rapidement.

De même, nous pourrons même dire que du sang froid est également un facteur non négligeable pour réussir dans ce métier. L’interprète doit s’adapter à tout type d’oratoire et dans des conditions souvent stressantes, notamment lors des congrès internationaux ou des meetings ministériels. Une bonne connaissance de la culture du pays est fortement appréciée et cet élément est d’autant plus vrai lors des interrogatoires, en instruction par exemple.

Enfin, le cœur de son métier est de restituer dans une autre langue les paroles d’une autre personne. Il doit la faire sans en trahir le sens premier et en conservant la justesse des nuances. Un contresens pourrait être fatal dans certains cas !

Jane Kochanski
Expert près la Cour d’appel de Paris

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