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[Parution] "Femme de robe" ou la foi d’une femme dans son droit à plaider.

L’ouvrage "Femme de robe" [1], de Michèle Dassas aux éditions Marivole, retrace avec passion et finesse le parcours de Jeanne Chauvin, jeune femme éclairée du début du XXème siècle , pour devenir avocat et sa passion pour ce métier de Justice.
Un exemple de ténacité et d’équité pour toutes celles et ceux qui veulent un jour plaider.

L’ouvrage "Femme de robe" débute en 1892 sur un événement inédit dans la France de la fin du XIX siècle, pour la première fois une Française brigue le titre de docteur en Droit. Cette jeune femme n’est autre que Jeanne Chauvin qui deviendra en 1901 la première femme à plaider en France [2].

Ce roman biographique, agréable à lire, retrace le combat mené avec esprit et ténacité par Jeanne Chauvin pour accéder à la profession de ses convictions et compétences, celle d’avocat.
Il nous permet également de découvrir une jeune femme de son temps, humble mais libre, souhaitant prendre une place active dans la société et faire valoir ses droits en tant que femme de la cité.

Comme l’indique Marie-Aymée Peyron dans la préface du roman, durant son parcours, la jeune femme "n’a jamais fait figure de victime", elle a "tracé sa voie", et a permis à d’autres d’en faire autant.
Et cela elle l’a fait "au nom de l’équité tout simplement".

Le Village de la Justice s’est entretenu avec Michèle Dassas pour qu’elle nous présente de façon plus personnelle ce portrait de femme.

Quelles ont été vos motivations pour écrire cet ouvrage ?

Michèle Dassas : "Je suis spécialisée dans les parcours de femmes, avec une prédilection pour la fin du XIXe siècle, début du XXe, car c’est une période où la femme a commencé à revendiquer sa juste place dans la société et une meilleure reconnaissance de ses droits dans tous les domaines.
Je cherchais une pionnière n’ayant pas fait l’objet de biographie et j’ai découvert Jeanne Chauvin. Le fait qu’elle soit née dans une petite ville ligérienne, comme moi, où son père était notaire, comme le mien, m’a incitée à en savoir plus sur elle.
Je me suis prise au jeu et sa forte personnalité m’a séduite. Grâce à la presse de l’époque qui a abondamment relaté ses faits et gestes, ses paroles, ses écrits, j’ai pu me forger une idée de la véritable Jeanne. Les journaux décrivaient l’aspect physique des gens et ajoutaient des tas de détails que l’image a remplacés. Un délice !"

Quel point fort souhaitez vous mettre en avant dans ce livre ?

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Michèle Dassas

"C’est bien sûr son obstination et sa foi dans la réussite. Quand on lui ferme la porte, elle rentre par la fenêtre. Elle savait qu’elle obtiendrait gain de cause (comme elle l’écrit à Louis Frank).
Il y a une autre facette de son caractère qui est très intéressante : c’est son militantisme discret. Après avoir obtenu le droit d’accéder au barreau, elle va s’en servir tout de suite en 1901 (et non 1907, erreur reprise sur beaucoup de documents), mais le reste de sa vie sera consacré à former de futures avocates. Jeanne Chauvin voulait faire des émules et ne pas rester une sorte de bête de foire, une exception qui confirme la règle…"

A qui est destiné cet ouvrage ?

"Ce livre est destiné à toutes les femmes qui s’intéressent au destin exceptionnel de l’une des leurs, mais aussi et d’abord aux avocates qui n’exerceraient pas cette profession si Jeanne ne s’était pas obstinée à démontrer que celle-ci ne devait plus être exclusivement réservée aux hommes.
Sa conclusion étant : « Le progrès met la Justice au-dessus des traditions »."

Comment s’est fait le choix de Marie-Aimée Peyron pour la rédaction de la préface ?

"Marie-Aimée Peyron est la troisième femme Bâtonnier du barreau de Paris depuis 200 ans. De par sa fonction, mais également de par son charisme, elle représente un symbole qui aurait enchanté Jeanne Chauvin. Je l’ai donc contactée et je suis vraiment très touchée et honorée que Marie-Aimée Peyron ait accepté de me faire une si jolie préface."

Pouvez-vous nous retracer brièvement votre parcours ?

"Après m’être consacrée à la création de logiciels éducatifs d’apprentissage des langues, j’ai commencé à écrire, il y a près de 20 ans : principalement des contes et des nouvelles pour promouvoir le patrimoine historique de ma région.
J’ai créé aux éditions CPE une collection, intitulée les « contoguides » : des guides touristiques sur les traces d’un écrivain et agrémentés de contes inspirés par les lieux [3].
Mon premier roman « Le voyage d’Emma » est paru chez ce même éditeur en 2012. Depuis, chaque année, les éditions Marivole éditent mes parcours de femmes. « Une gloire pour deux », publié en 2017, a reçu le 1er prix du roman au Concours Littéraire International Arts et Lettres de France."

Femme de robe de Michèle Dassas,
Editions Marivole,
351 pages, 20 Euros,
ISBN : 978-2-36575-426-2.

Marie Depay,
Rédaction du Village de la Justice.

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Notes :

[1"Femme de robe" a obtenu le 1er prix du Roman au Concours Littéraire International Arts et Lettres de France.

[2Le 13 novembre 1900 la loi permettant au femme d’accéder au barreau a été adoptée.

[3Le septième paru en juillet 2017 : « Sur les traces de Chaplin », aux éditions Mon Village (Sainte-Croix – Suisse) entraîne le lecteur à Vevey et Montreux.