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Pluri-professionnalité : un modèle d’avenir ?

Par Benjamin Tissot.

Le 31 mars 2016, le monde du droit s’est ouvert à de nouvelles possibilités avec la ratification de l’ordonnance relative à l’autorisation de créer des Sociétés Pluriprofessionnelles d’Exercice (SPE). Cette forme juridique permet à plusieurs professions réglementées d’exercer en commun sous une même dénomination sociale. Depuis, le sujet divise les professionnels du droit et du chiffre, à la fois intéressés par l’expérience et réticents au changement. Aujourd’hui, comment se comportent les acteurs du marché ? Possibles en théorie, qu’en est-il des SPE dans les faits ?

Un trop fort désir d’indépendance ?

La promulgation de l’ordonnance n’aura pas suffi à convaincre les plus sceptiques. Certains professionnels gardent un désir d’indépendance dans l’exercice de leur métier, notamment en termes de partenariats. De par la variété des acteurs avec lesquels ils travaillent, ces avocats ou experts comptables souhaitent garder une forme plus souple de collaboration. Ce qui correspond plus à un fonctionnement en réseau plutôt qu’au statut d’une réelle SPE.

Néanmoins, certains ont franchi le pas et se sont associés au sein d’une même entité juridique. Qu’est-ce qui les motive ? Et si les réfractaires manquaient une opportunité ?
Une opportunité pour toutes les parties.

Les SPE ont plus d’une corde à leur arc pour convaincre les professionnels du droit et du chiffre. En effet, elles viennent répondre à des demandes réelles et affirmées du marché, devenues un enjeu majeur du monde légal : l’expérience client pour se démarquer de ses confrères. Experts comptables, notaires, avocats, gestionnaires de patrimoine… tous ces métiers présentent une réelle complémentarité. Se réunir apporte un véritable avantage concurrentiel à travers une offre de service complète et spécialisée. Une montée en gamme des services proposés avec une réelle expertise dans les prestations de conseils peut également être un effet vertueux des SPE. L’objectif est de couvrir l’ensemble des besoins clients (particuliers ou professionnels) grâce à des offres transversales.

Plus qu’une simple mutualisation des compétences, certains acteurs voient dans les SPE une occasion d’étendre leur portefeuille client. En effet, dans ces sociétés, chaque professionnel apporte son propre carnet d’adresses, ainsi partagé avec ses nouveaux confrères. Un bon moyen de gagner en part de marché sans à avoir recours à la prospection (toujours mal vue voire même interdit dans certaines professions).

Enfin, dernier argument en faveur des SPE : la mutualisation des coûts. Entretenir une étude, un cabinet ou des bureaux a toujours un coût, d’autant plus que les professionnels sont souvent en déplacement. Alors pourquoi ne pas partager l’utilisation des locaux, des moyens techniques - salle de visioconférence par exemple - et les frais de fonctionnement ?

Une entente est-elle vraiment possible ?

Concurrence ou complémentarité ? Chez les professionnels du droit et du chiffre, il est parfois difficile de voir la différence. C’est pourquoi les différents acteurs d’une SPE risquent de se percevoir (généralement à tort) comme concurrents sur un même secteur. Ce phénomène vient freiner la croissance de ce type de structure et empêche les professionnels du droit de bénéficier d’une nouvelle opportunité de se démarquer grâce à une offre élargie. Pour réussir, les confrères réunis en SPE devront donc observer respect et déontologie dans l’exercice dans leur activité pour aboutir à une collaboration saine et pérenne entre confrères, gage de satisfaction client.

Vous exercez au sein d’une SPE ? Vous avez pour projet de vous réunir dans le but de créer une SPE ? Partagez votre expérience avec nous !

Benjamin Tissot
Responsable Marketing Voxity

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