Par Manel Benladghem, Etudiante à La Sorbonne et stagiaire chez tediprod.

 
 

Réinventer la relation-clients... avec le Legal Design.

Le legal design est un processus d’innovation permettant de rendre accessible et intelligible le droit.
Pour rendre la démarche parfaitement claire pour tous, Kristina Lazatian, consultante en legal design [1] et Arthur Sauzé, consultant en legaltech [2] se sont lancés pour défi de réaliser, en une heure, une convention d’honoraire et de décomposer les différentes étapes du legal design, et de nous montrer le processus.

Le legal design est une démarche d’innovation au coeur des transformations actuelles, et le Village de la Justice vous en parle régulièrement. Ce sujet fera d’ailleurs l’objet d’une programmation spécifique et importante lors des prochains RDV Transformations du droit en novembre prochain, avec un "Village du Legal Design" dédié. Et dans quelques semaines nous vous proposerons un livret qui présentera quelques exemples contextualisés de réalisation d’agences.

En attendant, dans la vidéo qui nous est proposée ici, Kristina Lazatian, consultante en legal design [3] et Arthur Sauzé, consultant en legaltech [4], se sont lancés pour défi de réaliser, en une heure, une convention d’honoraire et de décomposer les différentes étapes du legal design. En voici la synthèse en images...

Pour aller plus loin... Les étapes du Legal Design.

Par Manel Benladghem, Etudiante à La Sorbonne et stagiaire chez tediprod.

L’objectif du legal design est d’offrir aux parties au contrat une meilleure compréhension de leurs droits et obligations en conjuguant expertise juridique et les méthodes du design. Le terme design, dans son étymologie, associe dessein et dessin et consiste en la réalisation d’objets fonctionnels intégrant une dimension esthétique pour permettre une valorisation optimale. La norme contractuelle comme objet doit aller dans le sens d’une clarté sans faille, eu égard aux normes légales nationales et internationales. Dès lors, l’association entre juridique et esthétique s’avère utile puisqu’elle remet l’utilisateur et sa de la compréhension situation au cœur de l’opération juridique.

Le legal design suit un processus en cinq étapes appelé design thinking process, décomposé comme suit :

1. L’empathie

Cette première étape consiste à mener différents entretiens auprès de clients d’avocats afin de répertorier le fond des requêtes les plus fréquentes. Il s’agit, dans cette première phase, d’écouter minutieusement les besoins des clients pour identifier les réels problèmes. Ce processus réalisé avec de nombreuses personnes rencontrant des difficultés similaires permet d’identifier un persona qui sera le destinataire du document designé.

2. Définition du problème

Après avoir pris connaissance des besoins du persona, il s’agit ensuite d’identifier une problématique qui constituera le fil rouge du document designé. Cette étape permet de questionner les interrogations évoquées pour trouver une problématique générique et précise qui débuterait par « comment pourrait-on… ?  ». Il faut ensuite accoler un verbe transitif à destination du persona et définir le but de l’action recherchée. Par exemple, une telle question pourrait être formulée de la sorte : « Comment pourrait-on rendre plus intelligible le processus de facturation pour notre persona dans le but d’améliorer la relation client ? ». Cette question ouverte permet de mener une réflexion complexe pour aboutir à une solution adéquate.

3. Idéation

L’étape d’idéation suit deux directions distinctes que sont la divergence et la convergence. La phase de divergence est assimilée à la technique du brainstorming et consiste à proposer des idées sur un thème donné. Il s’agit de collaborer afin de créer du contenu et générer des solutions. La phase de convergence, quant à elle, s’apparente à la résolution de cas pratique à la manière du syllogisme platonicien. Il est préconisé de recourir aux services de consultants en stratégie digitale ou en legal design afin d’animer les ateliers d’idéation.

4. Prototypage

L’étape du prototypage se subdivise en deux parties, à savoir, la phase de traitement de l’information et la phase visuelle. Le traitement de l’information consiste à établir un langage juridique clair, compréhensible par le client. Cette étape peut inclure la modification de termes juridiques par des termes plus prosaïques ou exclure certaines informations non nécessaires à la compréhension du texte. Le travail sur l’information est primordial et va de pair avec la mise en page du document. L’ordre d’apparition des clauses est pris en charge de manière à faire apparaître les éléments clés en premier. Il s’agit de hiérarchiser l’information pour faciliter la lecture du document. Dans cette recherche de clarté, la phase visuelle s’avère essentielle puisqu’elle décline, esthétiquement, des clauses textuelles en clauses visuelles. Ce processus s’appuie sur les techniques du design avec un travail sur la forme pour servir le fond.

5. Tests

Une fois le prototypage réalisé, la maquette est testée par des utilisateurs réels et concernés. Les informations textuelles et visuelles compréhensibles vont être retenues et le document peut être amené à changer afin de répondre au mieux aux utilisateurs et à la question posée. Le test peut être répété sur différents clients avant d’aboutir à un prototype fonctionnel et optimal.

Le document, une fois validé, va être retravaillé dans les détails pour devenir un produit fini, facile à saisir pour un profane. Le legal design passe souvent par une présentation dématérialisée du contrat, prenant la forme de pièces jointes, de liens annexes ou d’accompagnements numériques.

© Logo : dessin issu du Concours de Dessins de Justice du Village de la Justice.

Notes :

[1Cabinet imagine.

[3Cabinet imagine.

Par Manel Benladghem, Etudiante à La Sorbonne et stagiaire chez tediprod.

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