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Qu’est-ce qui motive les juristes à rester en poste ?

Quelles raisons conduisent les juristes à quitter ou à rester fidèles à leur employeur ? Quelles mesures les entreprises proposent-elles pour fidéliser leurs équipes juridiques ? Le Cabinet de recrutement Fed Légal a interrogé des juristes et managers, dans le cadre d’une enquête [1] dont nous vous dévoilons ici les résultats, pour confronter leurs points de vue.
A l’heure où nombre de recruteurs peinent à recruter (le taux de candidature par annonce a historiquement baissé depuis quelques mois), la question mérite d’être posée !

Le premier enseignement de cette enquête fait ressortir une dissonance entre les motivations des juristes et la prise en considération de celles-ci par leur entreprise.

Equilibre vie privée / vie professionnelle : premier critère de fidélisation des juristes !

Les juristes veulent travailler dans une entreprise qui, du fait de sa localisation, ses horaires, ou la possibilité de télétravailler, leur permette de respecter l’équilibre avec leur vie personnelle. 47 % des juristes considèrent que ce critère est la composante prioritaire de leur fidélité.

Pourtant, du côté des managers, c’est la rémunération qui est le premier levier de fidélisation alors que seuls 28 % des juristes placent ce critère en tête de liste.

La deuxième raison qui incite les juristes à rester fidèles à l’entreprise est la possibilité d’expatriation. En fin de podium, c’est la perspective de manager une équipe qui maintient les juristes dans l’entreprise.

Les juristes, sensibles à l’ambiance, à l’évolution et au management.

Quelle que soit leur séniorité (années d’expérience), les juristes sont sensibles à l’ambiance de travail. C’est la première raison qui les fait quitter leur entreprise (39 %).

Le manque de mobilité internationale est cité par 62 % des sondés comme deuxième raison de départ. Cependant, aucun ne l’a placé en première position. Enfin, le changement de management est pour 19 % d’entre eux la première cause de départ.

Quelles sont les mesures mises en place par les managers pour fidéliser les collaborateurs ?

Avant tout, la grande majorité des directeurs juridiques interrogés (81 %) déclarent n’avoir aucune politique de fidélisation !
Certaines actions ponctuelles sont néanmoins mises en place. En matière de rémunération, les managers privilégient à 59 % le bonus sur objectifs ; 45 % réalisent des études de rémunération comparatives avec le marché. Plus de la moitié (56 %) a mis en place des projets transversaux et propose des changements de matière juridique (52 %). Seuls 49 % les font évoluer vers le management alors qu’il s’agit d’un facteur de motivation important pour les juristes.

Conclusions ?

Audrey Deleris, Manager chez Fed Légal, conclut de tout cela « pour fidéliser les juristes, le premier levier auquel pensent les managers est l’augmentation de salaire. Or, 72 % des juristes n’estiment pas comme prioritaire ce levier ». « La rémunération doit être un complément, elle ne doit pas se substituer aux autres évolutions, managériales par exemple mais aussi en matière d’implication et de responsabilités.  » ajoute-t-elle.

On ajoutera qu’il sera intéressant de se pencher sur le management et l’ouverture à l’extérieur de la Direction juridique, les jeunes juristes recherchant souvent davantage de collaborations variées, de situations de travail plus "grisantes" et de défis renouvelés... De nouvelles façons de travailler se mettent peu à peu en place, et les outils numériques souvent issus de la LegalTech permettent d’envisager à terme un déplacement des tâches de chacun vers plus de valeur ajoutée... Vivement demain !

Rédaction Village de la Justice

Source et illustrations : Fed Legal et Fotolia.

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Notes :

[1Réalisée auprès de 739 professionnels juristes et directeurs / responsables juridiques entre juillet et septembre 2016.

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