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Naissance de la première société d’avocats interprofessionnelle avec huissiers de justice.

L’alliance entre les professionnels du droit commence à faire son chemin, encouragée par la loi Macron. En témoigne la première interprofessionnalité avocats-huissiers de Lexavoué en ce début d’année 2017. Pour en savoir plus, la rédaction du Village de la Justice a interrogé Philippe Leconte, Président, Emmanuelle Vajou, Directrice générale et Romain Laffly, Directeur général de Lexavoué (de gauche à droite sur la photo).

Laurine Tavitian : Comment avez-vous réussi ce développement national puis l’adoption de l’interprofessionnalité ?
 
Lexavoué  : Lexavoué est né en 2012 à la suite de la loi de fusion des professions d’avocats et d’avoués. Notre analyse nous avait convaincu qu’il existait une place pour un cabinet national d’avocats partenaires des cabinets d’avocats. L’histoire de nos structures nous amenait naturellement à ce positionnement et à combler le vide de la disparition des avoués. Nous avons travaillé à la modernisation de nos outils et à un maillage destiné à accompagner tant localement que pour leurs besoins extérieurs nos confrères pour l’ensemble de leurs contentieux civils, commerciaux et désormais en droit social, tant en première instance qu’en appel.
 
Quelle est la forme de votre société interprofessionnelle ? A-t-elle été rendue possible par la loi Macron ?

"Ce mode d’organisation nous permet (...) d’assurer à nos clients une meilleure unité de nos prestations."

Du point de vue de notre organisation, nous avons fait le choix de créer une société de participation financière d’avocats composée d’associés personnes physiques. La SPFPL Lexavoué prend des participations dans des structures locales sous forme de SELARL. Nous en comptons désormais 23 au siège de cours d’appel dont trois ont des cabinets secondaires. Au début de l’année 2016, nous avons procédé à la modification de nos statuts afin de pouvoir devenir une société pluri-professionnelle.
Lexavoué est ainsi une société de participation financière sous forme de SAS qui détient des participations significatives dans l’ensemble des cabinets d’avocat qui la composent. Ce mode d’organisation nous permet de pérenniser entre les associés un affectio societatis fort et d’assurer à nos clients une meilleure unité de nos prestations. L’interprofessionnalité et surtout la possibilité de prendre des participations dans des structures exerçant une autre profession règlementée que la profession d’avocat a été rendue possible par la loi Macron.
 
Quel est l’intérêt pour un cabinet d’avocats de s’allier avec des huissiers de justice ?
 
Notre ambition dès la création de Lexavoué a toujours été de pouvoir accompagner nationalement nos clients de l’assignation à l’exécution tant en première instance qu’en appel. Il y a donc un intérêt direct pour nos clients, qu’ils soient avocats ou institutionnels, en ayant recours à nos bureaux de ne plus avoir, grâce à l’interprofessionnalité avec des huissiers qu’un seul interlocuteur qui pilote le suivi procédural de leurs contentieux et son exécution. Cette unification des acteurs permet une meilleure réactivité et garantit à chacun l’assurance d’une prestation au meilleur coût.
 
Etait-ce une demande de vos clients ? Pourquoi des huissiers et pas une autre profession ?

 "Une interprofessionnalité ne peut réussir que s’il existe de réelles synergies immédiates entre les acteurs."

Nous réalisons avec l’association de 6 huissiers de justice aux côtés de nos 33 associés avocats la première interprofessionnalité Avocats-Huissiers. Nos process ont été validés très en amont depuis plus de trois ans et sont déjà rôdés. Nous ne saurons donc que dans quelques mois si cette offre répondait bien à une attente mais nous sommes très confiants. Ce rapprochement avec des huissiers correspond en tout cas à une logique au regard de notre histoire, de notre taille et de la nature de notre activité qui demeure majoritairement contentieuse. Nous sommes convaincus qu’une interprofessionnalité ne peut réussir que s’il existe de réelles synergies immédiates entre les acteurs. C’était clairement le cas entre des praticiens des procédures et des huissiers de justice.

 

Laurine Tavitian
Rédaction du Village de la Justice

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