Par Lydia Zunino
 
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  • 1ère Parution: 8 mai 2021

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Guide de lecture.
 

L’alternance pour les étudiants en droit, la voie royale vers l’emploi.

L’alternance existe depuis plusieurs années pour les étudiants suivant un cursus en droit et s’impose comme la voie la plus efficace pour favoriser leur insertion professionnelle.

L’alternance existe depuis plusieurs années pour les étudiants suivant un cursus en droit et s’impose comme la voie la plus efficace pour favoriser leur insertion professionnelle :
- les alternants sont plus fidèles à leurs employeurs et mieux rémunérés ;
- ils sont plus nombreux à accéder rapidement à l’emploi : une embauche à la clé pour un tiers des alternants.

En répondant à une recherche de rapidité et d’efficacité mutuelle côté étudiants et écoles d’un côté et côté entreprises de l’autre, l’alternance capte parfaitement les évolutions et les enjeux de notre société actuelle et leurs besoins :
- les entreprises veulent des recrues le plus rapidement opérationnelles ;
- l’alternance complète, poursuit et développe la posture de recherche de solutions et de praticité enseignée dans les écoles et instituts privés.

L’alternance permet un passage efficace du « cap des deux ans ».

Ce fameux cap des deux ans entre la fin des études et le seuil des 2/3 ans où les offres d’emplois se font beaucoup plus nombreuses !

On oublie vite ce cap une fois qu’on l’a dépassé. On oublie à quel point étudiants, nous étions assez démunis et avions des difficultés à visualiser la richesse des possibilités offertes par le monde professionnel. On oublie car la vie professionnelle nous formate à vitesse grand V, les expériences s’enchaînent et s’additionnent laissant loin derrière nous l’« état originel » dans lequel nous étions à la sortie de nos études.

Or le constat des cabinets de recrutement est unanime ; les étudiants sortant des études en droit ne sont pas encore suffisamment préparés aux attentes du monde professionnel. Le seuil d’employabilité étant de deux ans, l’alternance apparaît donc comme le meilleur moyen pour passer ce cap délicat et de travailler efficacement son employabilité dans un marché du travail en perpétuelle évolution.

Même constat d’Anne Beges, Manager chez Société Générale,

« l’alternance est une priorité du Groupe sur laquelle nous nous engageons depuis plusieurs années en tant que partenaire de l’insertion professionnelle des jeunes. Durant son parcours, l’alternant bénéficie d’une expérience professionnelle de un à trois ans qui développe son employabilité ; il est formé à un métier qu’il sera capable d’exercer en totale autonomie à la fin de son parcours. Pour nous, l’alternance est un outil de recrutement efficace, il nous permet d’embaucher en CDI des jeunes talents déjà formés ».

L’alternance ou l’apprentissage dans le temps.

« Le temps ne respecte pas ce qui se fait sans lui »

L’alternance offre aux étudiants un temps - un ou deux ans - qui permet l’appréhension et l’appropriation de la culture d’entreprise dans la durée.

Un temps qui permet à l’apprenant et au maître d’apprentissage de se connaitre, à l’apprenant d’appréhender lucidement un poste, de se projeter dans l’entreprise et d’aborder beaucoup de sujets opérationnels.

On fait naturellement le lien avec l’artisanat et sa relation si particulière au temps, au geste répété, à l’apprentissage choisi (choisi des 2 côtés apprenti et maître d’apprentissage).

Former, transmettre, développer, l’alternance s’attache à créer des apprentissages qui traversent le temps et à tisser des liens durables avec ceux qui le mettent en œuvre.

Une légitimité accrue.

L’apprenti est un salarié à part entière et bénéficie de la reconnaissance et l’implication associée à ce statut. Maxence Dumont, alternant au sein de la Direction Juridique de Scor le confirme : « Dans le cadre de mon alternance, les managers m’accordent beaucoup plus de confiance et de responsabilité que lors d’un stage…le fait de prendre véritablement part à l’activité du groupe augmente réellement nos chances de recrutement ».

L’alternance est réellement valorisée par les recruteurs ; c’est un moyen d’asseoir sa légitimité et de se différencier des autres étudiants suivant des parcours plus classiques. Déborah Quenton, alternante il y a deux ans chez Imerys et actuellement élève avocate au Barreau de Paris en cours de réalisation de son PPI nous l’indique :

« L’une de mes responsables m’a indiqué en toute transparence que j’avais obtenu mon stage actuel au sein de la direction juridique des Parfums Christian Dior car mon expérience d’une année d’apprentissage chez Imerys l’avait convaincue ; elle m’a permis d’être opérationnelle, notamment sur l’aspect rédactionnel et la cartographie des contrats commerciaux, mais également d’appréhender, de comprendre et de répondre aux enjeux « business » inhérents à chaque dossier. Malgré une concurrence importante avec des candidats aux profils de très grande qualité, la praticité de cette année d’apprentissage au sein de la direction juridique du groupe Imerys et ma connaissance du milieu de l’entreprise m’ont permis de faire la différence ».

Comment mettre en place une alternance efficace ?

Au sein de l’école.

C’est tout d’abord préparer l’alternance à l’école via des enseignements tournés vers la praticité. C’est tout le positionnement de certaines écoles de commerces, comme Toulouse Business School, dispensant des formations juridiques et également de l’Institut Supérieur du Droit : des enseignements académiques et pratiques, basés sur des dossier réels, enseignés par des intervenants professionnels - avocats, juristes, etc - en activité.

C’est aussi une alternance intégrée au plus tôt dans le parcours de l’étudiant en droit, dès la troisième année de Bachelor. A titre d’exemple, à l’Institut Supérieur du Droit, après 5 années d’études, les étudiants disposent déjà de 3 années d’expérience professionnelle. Un atout de taille sur le CV qui les positionne en force sur le marché du travail en leur donnant un véritable avantage concurrentiel par rapport à des étudiants ayant suivi un cursus universitaire classique.

C’est également un accompagnement en amont qui doit être effectué, jusqu’à la validation du contrat d’apprentissage. Les écoles à la pointe en matière d’alternance sont celles qui disposent d’une équipe expérimentée dédiée à cette pratique, pour coacher individuellement chaque étudiant et le soutenir dans sa recherche de contrat de travail, selon son profil, ses aspirations ou encore son projet professionnel. « En plus d’ateliers collectifs, de cours en e-learning et d’enseignements pratiques ancrés dans la réalité du terrain, c’est tout l’Institut qui s’est donc organisé pour l’apprentissage. Tous ces outils permettent à nos étudiants de ne pas passer à côté d’une opportunité dans leur orientation » indique Amandine Sarfati, Directrice de l’Institut Supérieur du Droit.

Dans l’entreprise, quels dispositifs peuvent être mis en place pour aider l’étudiant à se professionnaliser ?

L’entreprise met aussi en place un accompagnement, en lien avec l’école. Tutorat de proximité, rendez-vous de suivi obligatoires tout au long de l’année : « Nous sommes avant tout dans un objectif pédagogique avec une volonté de montée en compétences jusqu’au diplôme. La valeur ajoutée de l’offre de l’Institut Supérieur du Droit va aussi de pair avec les bonnes relations que nous tissons avec les entreprises, les cabinets d’avocats et les cabinets de recrutement, satisfaits de la qualité de nos services ».

Au sein de l’entreprise, le choix et l’engagement du tuteur ou maître d’apprentissage est clé. Le tuteur doit avoir la fibre de la transmission et accepter de dégager du temps dans son agenda pour accueillir, aider, informer, guider et veiller au respect de l’ emploi du temps de son apprenti.

Déborah Quenton le confirme : « J’ai personnellement eu beaucoup de chance. La personnalité de ma tutrice et sa réelle implication dans mon quotidien et ma formation ont littéralement boosté mon alternance chez Imerys ».

L’alternance, un dispositif gagnant gagnant.

Comme l’indique Caroline Arnoux, juriste senior chez Euler Hermes, « Etre maître d’apprentissage est clairement un choix. C’est une belle opportunité pour un juriste de transmettre ses connaissances et apprendre aussi à manager, donner des objectifs et suivre les progrès de son apprenti dans le temps ».

Une expérience enrichissante qui offre également au maître d’apprentissage la possibilité de travailler sa propre employabilité.

Lydia Zunino
Consultante, juriste et enseignante en droit et en communication.

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