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Le Barreau de Paris se met à l’heure de l’égalité Femmes/Hommes.

C’est dans la soirée parisienne, à la Maison du Barreau, que la première édition des Assises de l’égalité s’est clôturée ce lundi 11 mars 2019. Un événement plein de débats et de témoignages, qui a rassemblé « les experts de la vie professionnelle au féminin » comme l’a annoncé Anne-Cécile Sarfati, rédactrice en chef du magazine Elle, co-organisateur de cette demi-journée.

Devant un auditorium rempli...principalement de femmes, dans un décor très décontracté, 27 personnalités, avocats et professionnels du management et de la diversité en entreprise, ont pu échanger à propos de la place des femmes au sein de l’avocature. Une assemblée prestigieuse d’où a émergé un constat sans appel : les femmes sont sous-représentées dans les postes décisionnels au sein des cabinets. Alors qu’elles composent 64% de la masse des collaborateurs, elles ne sont plus que 36% en tant qu’associées.
Une inégalité que tous jugent « inadmissible », en appelant à « y mettre un terme ». Un avis que partage Basile Ader, vice-bâtonnier du barreau de Paris, qui estime qu’il s’agit là d’une « question de société et de modernité du barreau ».

Porter le message de l’égalité.

La jeune génération a également participé à la soirée. Représentée par 3 élèves-avocates de la promotion 2019 de L’École de Formation du Barreau de Paris, parrainée par Jacques Toubon, elle est montée sur l’estrade pour présenter le fruit de ses travaux et réflexions sur leur perception de l’égalité professionnelle au sein du barreau de la capitale. Une occasion pour elles de proposer des idées d’évolutions sur trois thématiques centrales : les inégalités de carrière, le harcèlement sexuel et la conciliation vie professionnelle et vie personnelle.

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De gauche à droite : Basile Ader, vice-bâtonnier du barreau de Paris ; Marie-Aimée Peyron, bâtonnier du barreau de Paris ; Jacques Toubon, défenseur des droits ; Anne-Cécile Sarfati, rédactrice en chef magazine Elle.

Ces notions clés ont irrigué cet événement en rappelant, par la voix des intervenants, l’urgence d’agir au plus vite pour garantir aux générations d’avocates actuelles et futures de pouvoir pratiquer le droit dans la sérénité.

Un message porté également par les principales institutions concernées, à savoir l’État, représenté par Muriel Pénicaud, le Défenseur des droits, Jacques Toubon, et le Conseil de l’Ordre avec une partie de ses membres. Une évidence qui grave dans le marbre la responsabilité de chacun dans ce combat pour l’égalité.

Anne-Cécile Sarfati, rédactrice en chef du magazine Elle et ancienne avocate, et sa collègue Claire Bauchart, ont animé les échanges, entrecoupés de notes d’humour. Ainsi, Caroline Vigneaux, humoriste passée par l’avocature, et les comédiens de la compagnie Un rôle à jouer ont illustré des situations représentatives du sexisme et de la place de la femme dans la société des cabinets d’avocats.

La remise des Trophées de l’Égalité.

Enfin, c’est à Marie-Aimée Peyron, bâtonnière de Paris et Isabelle Rome, haute fonctionnaire chargée de l’égalité Femme-Homme au ministère de la Justice, qu’est revenue la tâche de conclure cette demi-journée. L’occasion pour elles de rappeler les avancées qui ont été faites pour l’égalité, mais aussi et surtout le chemin qu’il reste à parcourir. Un périple qui s’inscrit sous le signe du volontariat, en témoigne la présentation du Manifeste pour l’égalité du Barreau de Paris. Ce document, a rappelé Marie-Aimée Peyron, est « un engagement pour proclamer le changement et rappeler que l’égalité et la diversité sont l’affaire des femmes comme celle des hommes ».

L’affaire également des cabinets d’avocats qui avaient été appelés à présenter leurs candidatures pour les Trophées de l’Égalité, une initiative visant à promouvoir le changement au sein des hiérarchies en encourageant les femmes à prendre la place qui leur est due.

Pour la sélection des candidats, un questionnaire avait été envoyé à l’ensemble des avocats du barreau de Paris avec des éléments concernant la parité dans les cabinets. [1]

Le palmarès est le suivant pour cette année :

  • Le cabinet Drai Avocats a reçu le prix de l’égalité professionnelle des cabinets de moins de 20 collaborateurs,
  • Le prix coup de coeur de l’égalité professionnelle pour un cabinet de 20 à 40 avocats a été décerné à Bersay & Associés,
  • Le prix de la parité professionnelle est revenu à Seban & Associés,
  • Sherman & Sterling est le lauréat du grand prix de l’égalité professionnelle.

Enfin, le prix Simone Veil de l’égalité professionnelle a couronné un « 20/20 » de la part du cabinet Bird & Bird, selon Marie-Aimée Peyron. Une performance due à leur politique d’égalité parfaite à tous niveaux. Il a été remis par Pierre-François Veil.

Alors, fini le sexisme et le harcèlement dans les cabinets à partir de maintenant ? Le chemin sera long, mais l’espoir est féminin. C’est en tous cas la promesse faîte par le tandem à la tête du bâtonnat de Paris.

Simon Brenot,
Rédaction du Village de la Justice

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[1Nombre d’avocats et d’avocates ; d’associés/associées ; de collaborateurs/collaboratrices ; les écarts de rémunérations ; les grilles de rémunérations les actions en faveur de la diversité ; les actions pour l’égalité au sein du cabinet, etc.