Par Corina Veleanu, Jurilinguiste.
 
Guide de lecture.
 

Les mots du confinement : du juridique à l’émotionnel.

En plein dé-confinement, le jurilinguiste ne cesse de s’interroger au sujet des mots et des termes qui mettent en forme notre réalité depuis quelques mois. Pour comprendre et donner du sens aux discours nés de cette crise sans précédent et si difficile à définir exactement, rien de tel qu’un aperçu plurilingue : puisque l’on peut maintenant circuler à peu près librement, aller voir si l’herbe est plus verte chez nos voisins et quels sont les mots avec lesquels ils parlent de et dans cette confusion juridique et linguistique.

Des mots malades, des mots contagieux.

Confinement, "lockdown", "aislamiento", "izolare", "isolamento", voilà autant de termes juridiques différents pour nommer une même réalité, à savoir les mesures prises dans presque tous les pays du monde pour limiter la propagation du nouveau coronavirus.

Ces mots ne veulent pourtant pas dire exactement la même chose. Emmanuel Levinas s’exclamerait à nouveau : « Oh, l’impatience du concept ! » s’il lui était enjoint de rester chez lui tout en regardant le JT ! Pas de surprise, alors, lorsqu’on regarde ce qui se passe concrètement dans les états membres de notre chère (eh oui, tout a un prix dans ce bas monde !) Union européenne, pour ne pas aller plus loin. Comment veut-on « harmoniser » quoi que ce soit ? En France on parle de limites, de territoires ou de la connerie - oui, nous l’avons bien remarqué, le participe passé du verbe confiner pose des questions insurmontables déjà, et franchement peut-on s’attendre à quelque amélioration que ce soit vu l’état d’épuisement des télé-élèves et des télé-enseignants ?...

Les langues germaniques comme l’anglais et l’allemand nous enferment à clé et au cadenas, la faute à l’anglais, qui signifie même prison (aux Etats-Unis, certes, et à partir de 1975, selon etymonline.com, mais quand même). Il n’y a que les autres langues latines qui vont sauver la mise de rêverie et d’imagination que cette période extraordinaire nous offre, en nous envoyant, non pas paître, mais sur des îles : quoi de plus beau, alors qu’obligés de rester entre quatre murs, de nommer cette contrainte avec des substantifs remplis de substance exotique (et puis, chez soi, chacun fait ce qu’il lui plait, en substances, ou presque, car « an Englishman’s home is his castle », right ?) Je vous l’accorde, "confin" peut aussi être employé poétiquement, on parle bien des confins de la terre, je connais même un très beau recueil de poésie qui les inclut dans son titre, le "Rôdeur des confins" de Kenneth White. Mais les fans des îles sont plus nombreux, alors… Ou, comme le disaient si bien les journalistes du Canard enchaîné au premier jour d’« immobilisation générale » : « Pour s’en sortir, il faut s’en fermer ! » [1].

Les noms mêmes du virus varient à l’intérieur d’une même langue et d’une langue à l’autre : écrit avec ou sans majuscule, avec ou sans trait d’union, étant qualifié de « nouveau, novel », nous surprenant par « l’émergence d’un nouveau coronavirus (covid-19) » [2] tout en gardant l’héréditaire lien avec ses aînées Sars, ce virus nous laisse bouche bée, devant la fluctuation de son genre en français de France et français de l’UE, en espagnol, en italien.

Comme disait une amie tout à l’heure par email : « en apprenant l’équivalence entre contagion et femme fatale, je ne m’étonne plus du fait que "covid" soit un nom féminin » ! Qu’à cela ne tienne ! On est courageux et on invente des mots, des genres, des syntagmes ! Vive la néologie ! Le porte-parole de la Patriarchie roumaine vient de nous proposer un nouvel adjectif, "creștinopat" : « nu suntem o ţară nici creștinopată, nici creștinofobă », « nous ne sommes ni un pays cristianopathe, ni un pays cristianophobe » [3], dans le contexte d’une distribution au niveau national de la célèbre lumière pascale décriée par beaucoup dans le contexte des mesures de distanciation sociale imposées. Et, à propos, ce « pas de distanciation entre les mondes » [4] qu’est cette nouvelle norme en vigueur dans tous les pays et dans tous les systèmes juridiques sur cette planète, suppose une gymnastique mentale tout à fait particulière, car elle nous demande, à travers sa formulation qui a arrêté notre quotidien, d’intégrer une nouvelle logique à travers une novlangue orwellienne qui nous dit, contre toute bonne habitude langagière, que la séparation, l’isolement, la distance sont « sociaux » !

Et pourtant, linguistiquement c’est vrai ! "Socialis" vient de "sequor", « suivre », qui lui-même vient de l’indo-européen commun « sek », « accompagner, compagnon », alors que distance se décompose en dis-, deux, et -stance, se tenir debout, et l’on voit que ce nom ne saurait se comprendre sans un référent, sans la présence de l’Autre.

Donc, la distanciation comprend le sème [+social] à travers le « deux » qu’elle contient. Mais, comme l’explique Linda Giguère sur TV5 Monde [5], ce terme qui vient du monde du théâtre, était utilisé par Bertold Brecht comme technique qui permettait aux acteurs de se dissocier de leurs personnages afin de mieux faire passer le message de l’auteur.

Alors, on va se distancier socialement de nous-mêmes, chacun dans son coin, pour mieux faire passer le message de quel auteur ? Si au moins on savait dans quelle pièce on jouait… Pour l’instant, on a le choix entre le salon et la chambre, la salle de bains et la cuisine, et pour les plus fortunés d’entre nous, le balcon ! “O Romeo, Romeo, wherefore art thou Romeo ?/ Deny thy father and refuse thy name./Or if thou wilt not, be but sworn my love/And I’ll no longer be a Capulet./‘Tis but thy name that is my enemy :/Thou art thyself, though not a Montague./What’s Montague ? It is nor hand nor foot/Nor arm nor face nor any other part/Belonging to a man. O be some other name./What’s in a name ? That which we call a rose/By any other name would smell as sweet ;/So Romeo would, were he not Romeo call’d,/Retain that dear perfection which he owes/Without that title. Romeo, doff thy name,/And for that name, which is no part of thee,/ Take all myself.“ (Shakespeare, William, Romeo and Juliet, Act 2, Scene 2) Ah, si le Bard avait vécu la crise du coronavirus, quel chef-d’œuvre nous aurait-il proposé !

Comme on ne peut pas le ressusciter, on doit faire sans, et avec nos politiciens, qui s’en donnent à cœur joie dans cette tempête de mots et de mesures ! G.W. Bush avait bien inventé "the war on terror" [6]. Aujourd’hui on entend les leaders européens parler de « guerre biologique » : « nous sommes en guerre » [7] nous a répété six fois notre Président lors d’un seul discours. Motivés, scotchés devant nos écrans de télé, de smartphones, d’I-pads, d’ordinateurs portables, confinés, on ne va pas se laisser confondre ni abattre et on continuera à questionner les mots - les meilleures armes, en fin de compte, pour lutter pour notre santé mentale.

S’entend souvent une autre question, qui, par son existence même, élève la covid, cette pluri-réalité et ce mot porte-manteau composés de trois parties, co- de coronavirus, vi- de virus et -d de l’anglais "disease" qui malheureusement rime avec "decease", comme l’avait remarqué la même amie lors d’un lapsus révélateur de toutes nos angoisses -, au rang de quasi-religion ou de superstition, et l’on peut lire ou entendre : « vous croyez au covid ? » ou à la forme impérative : « il faut croire au coronavirus » ou encore à l’interrogative exaspérée « mais comment ne pas croire au covid ?! », et qui rejoignent le camp des autres questions de ce type (croire au père Noel, etc.) Au début, tout scientifique reste éberlué devant un tel mélange conceptuel, mais ensuite on se souvient que les mêmes questions se sont posées il y a quelques siècles lors du grand débat portant sur la forme de la terre : combien de platitudes n’ont été exprimées à ce sujet et combien de sacrifices la vérité a-t-elle exigés de la part des empêcheurs de tourner en rond qui soutenaient une thèse contraire au discours officiel ?...

A cette époque-là le croire pouvait ouvrir une voie royale vers le bûcher de l’Inquisition. Aujourd’hui, le ne pas croire peut ouvrir les portes du pénitentiaire (et non, ce ne sera pas celui de Johnny, mais ce sera quand même pour le délit de s’être retrouvés « seuls la nuit à traîner dans les rues » et cela sans déclaration sur l’honneur !).

La confusion semée par les discours contradictoires des autorités et des scientifiques, tous pays confondus, est, certes, inconfortable, mais on pourrait se dire qu’elle démontre une liberté de penser et d’expression si difficilement acquise qui existe mais qui peine contre la peur de la société de perdre le contrôle et qui la pousse à mettre des limites [8] là où en d’autres circonstances on n’y penserait même pas. Et, en même temps, on est d’accord, pour croire, on n’a pas besoin de preuves, ce verbe est du domaine de l’inexplicable, de l’intime même. C’est là que ces questions pèchent, car, une fois de plus, en employant ce verbe, elles noient le problème dans l’émotionnel et lui ôtent ainsi son caractère objectif.

Dans cette crise sanitaire, il ne devrait pas être question de croire ou ne pas croire, mais de faits objectifs, d’un réel auquel nous sommes confrontés tous les jours sous la forme de la maladie, des hôpitaux surchargés, de soignants exténués, du manque inexplicable de matériel de protection dans des pays qui sont de grosses puissances économiques, politiques, militaires… Il est aussi question de l’érosion de la confiance en nos leaders, dans les institutions de l’Etat, dans la capacité de celui-ci à protéger ses citoyens, un Etat de droit qui oublie d’être aussi démocratique et prend des raccourcis totalitaires surfant sur la peur instaurée durablement [9], qui se montre en ce moment défaillant à plus d’un titre et qui nous demande de le croire sur parole, nous infantilisant mais aussi nous prenant pour des con-finés…Nous sommes entrés de plein pied, comme l’a si bien remarqué le philosophe roumain Andrei Marga, dans l’ère de la "prostocratie", de l’adjectif "prost" qui veut dire « simple, courant, ordinaire » mais aussi « pauvre, vulgaire, trivial, rustre, imbécile », du slave "prostŭ", retrouvé avec ces sens en yiddish [10] également, פּראָסט. Non, mais ?!

Face à ce type de communication, la question de la vérité se pose avec acuité, une question aiguë comme une douleur physique, comme l’aiguillon représenté par la lettre hébraïque lamed qui signifie « apprendre, enseigner ». Peut-être aujourd’hui plus que jamais nous sommes confrontés au doute, vivant dans une époque "post-fides", post-confiance, conséquence directe de l’époque "post-lex", actualisée par les états d’urgences qui remplacent les états de droit démocratiques. Qu’est-ce que le vrai, aujourd’hui surtout ?... Aux Etats-Unis on a inventé au XXIe siècle le syntagme juridique "alternative facts", partout dans le monde les réseaux sociaux exacerbent nos représentations individuelles du réel comme des golems qu’on se fabrique en guise d’aides à vivre mais qui nous tuent lentement mais sûrement, et on finit par se laisser remplacer par ces images de nous-mêmes que nous projetons sans cesse, dans une quête névrotique de sens, de soi, de sain…

Rhétorique guerrière.

Au Royaume-Uni, Boris Johnson se veut un nouveau Winston Churchill, en déployant devant les yeux ahuris de ses concitoyens à qui pourtant il avait dit autre chose quelques jours auparavant, toute une panoplie d’expressions guerrières. « This enemy can be deadly » les avertit-il, tout en jurant de ‘win the fight’ et ‘beat the enemy’, et en se positionnant dans une nouvelle normalité, belliqueuse : “We must act like any wartime government”, avant de nous donner ce goût churchillien, cette madeleine de Proust qui ravive la mémoire des discours d’un autre temps et d’une qualité toute autre : “And however tough the months ahead we have the resolve and the resources to win the fight [11]. Du côté du vénérable, on remarque le changement même sur sa statue parisienne, avec le professeur Jacques Poitou qui nous informe dans son excellent blog « Pandémie de Covid-19 (2019- ?) : les mots pour le dire – Enquête lexicale, contextuelle et diachronique » [12] : « Une main anonyme lui a gentiment collé un petit pansement sur le bout du nez » So thoughtful, especially today ! Du côté italien, Mario Draghi nous assure financièrement, comme l’exige sa fonction de président de la Banque centrale européenne : « Coronavirus, siamo in guerra » [13]. Sauf que le titre publié par le "Corriere della Serra" ne nous dit pas si M. Draghi a une ligne directe avec le nouveau virus et auquel il déclare la guerre de manière si directe. D’Espagne nous vient une autre assurance discursive : “Sánchez arenga al país : "En la guerra al virus, jamás nos doblegaremos, resistiremos, venceremos [14], qui n’est pas sans rappeler "El pueblo unido jamás será vencido", la chanson chilienne écrite en 1970 par Sergio Ortega, traduite dans plusieurs langues et devenue célèbre comme symbole d’unité et de solidarité.

Le bémol est que cette guerre serait la troisième guerre mondiale (pas de bol !) : “La Tercera Guerra Mundial es contra un virus [15]. Par contre, comment interpréter la seconde partie de ce grand titre ? « Ça va bien se passer, ce n’est qu’un virus » ou « ô malheur, que va-t-on faire ?! » ?... En Roumanie, d’ailleurs, la candeur gouvernementale aurait réjoui Rousseau et confirmé Maimonide : nul besoin d’intelligence, celle-ci est d’ailleurs une punition divine, et retourner aux temps d’avant la chute est tout ce qui nous reste à faire. C’est pour cela que les autorités roumaines auraient-elles donc lancé le site web « Ce mă fac ? » [16] qui met à la disposition de la population des scénarios ("scenarii", pour les puristes !) possibles durant cette pandémie ? Sauf que "ce mă fac ?" est une question pleine de connotations négatives, une structure anxiogène, employée lorsqu’on a peur, que l’on n’a pas de solution, ou quand l’avenir est potentiellement dangereux, la traduction étant « que vais-je devenir ? ». On se pose cette question lorsque l’on se sent impuissant. Et là, on ne peut pas s’empêcher de se demander : est-ce bien ce qu’un gouvernement souhaite transmettre comme message aux citoyens du pays et à son électorat ? Pour revenir chez les cousins ibériques, le titre de l’article précité suscite des suppositions diverses et variées, et cela en plein période de fêtes printanières liées à un autre type de ressuscitation, ainsi qu’à d’autres sortes de suppositions multi-millénaires, elles, et du coup on commence à se demander sérieusement « c’est quoi, un virus ? » et à doter (en plus de douter !) ce terme biologique et médical de nouvelles connotations et valences affectives, majoritairement négatives car nourries du rapprochement avec le syntagme « troisième guerre mondiale ».

Et, subrepticement, tout seuls, comme des grands, on commence à se construire une perception, d’abord à peine consciente, quant à la haute dangerosité de l’objet du réel représenté par le terme « virus », tout en puisant dans nos représentations culturelles que ce mot fait surgir : contagion, maladie, « virus de la rage », « virus de la variole », « virus vénérien », « virus informatique », etc. Au bout de la péninsule, la sobriété portugaise gagne du terrain, et là-bas ce n’est pas (encore) la troisième guerre mondiale, mais celle biologique - « Covid-19 : uma guerra biológica - o papel das Forças Armadas » [17] : la « mise en phrase » sèche du titre de cet article va à merveille avec l’intervention des forces armées qui y est mentionnée. Ailleurs en Europe et au-delà, on assiste à une réconciliation historique, après un divorce retentissant - Brexit oblige -, lorsque la langue allemande épouse le terme anglais "lockdown", tout en le dotant d’une lettre de noblesse majuscule, "der Lockdown" [18] ! Si cette distanciation sociale a pu se terminer, on a le droit, nous aussi, à espérer un "happy end sofort" pour ce confinement, n’est-ce pas ?

A part ça, tout va bien dans l’Union européenne ?

Euh, pas trop, à vrai dire…
Dans les textes juridiques français, on parle d’épidémie, et non de pandémie : « la propagation de l’épidémie de covid-19 » [19], alors que dans les textes juridiques qui émanent de l’UE il est plutôt question d’« Orientations sur les applications soutenant la lutte contre la pandémie de Covid-19 en ce qui concerne la protection des données » [20]. D’un côté, épidémie et un virus en minuscules, de l’autre, pandémie et une covid en toutes majuscules. Ce Communiqué de la Commission européenne, paru le 17.4.2020 dans le Journal officiel de l’Union européenne, dans son original anglais et traduit dans toutes les langues des états-membres, laisse perplexe à plusieurs reprises. Dans la version française, notre si familier covid nous apparaît sous les traits de la femme fatale ou, du moins, au féminin : « la crise de la Covid-19 », « la propagation de la Covid-19 », « la gestion de la Covid-19 », « dépistage de la Covid-19 », « transmission de la Covid-19 », « l’infection par la Covid-19 », « l’infection par la Covid-19 ». Encore et toujours la femme, à enfanter dans la douleur, à être punie pour les désirs inavoués des hommes, à subir l’infamie de cette pandémie, jusqu’à quand durera cette discrimination ? Pourquoi a-t-on émasculé ce virus et l’a-t-on transformé en femme, même pas en eunuque ?! Apparemment il s’agirait d’un sous-entendu (la crise, la pandémie), et donc on garde l’article et on l’appose au nom propre désignant une réalité au masculin. D’une pierre deux coups : on lutte aussi pour l’égalité de genre, même pour les virus !
En italien [21] , le même communiqué de la Commission européenne peine également, mais de manière plus élégante, évidemment : on garde une seule majuscule, en signe aussi d’un compromis entre le français et l’anglais. « La pandemia di Covid-19 », « la crisi Covid-19 », « la gestione della Covid-19 », les « test diagnostici della Covid-19 » nous montre que le féminin est au pouvoir, alors qu’en italien on dit bien « un virus », du latin vīrus, -i, signifiant « venin ».

En espagnol [22], dans le titre du Communiqué de la Commission, les minuscules sont utilisées [23], mais dans le corps du texte on adopte les majuscules de l’original anglais (la pandemia de Covid-19, etc.). Alors que l’on avait à peine retrouvé nos repères en voyant qu’en espagnol aussi ce virus est une femme (« la crisis de la Covid-19 »), notre monde bascule devant deux expressions qui se disputent le haut du pavé grammatical et genré : « contra el Covid-19 » contre « La lucha contra la Covid-19 » ! Un coup on voit le visage bien masculin de ce virus contre lequel on doit se battre vaillamment, et quelques lignes plus loin on aperçoit l’apparition au féminin de cet ennemi si difficile à définir : « la gestión de la Covid-19”, mais encore, “la lucha contre la Covod-19” !!! Contre qui lutterait-on ? Qui est en train de nous attaquer ? Qui est cet avatar, cet extraterrestre dont on est incapables de définir même le genre ? Notre incompétence à toutes et à tous, non seulement linguistique, est, pour citer un journaliste roumain , "jenibilă" [24], mot valise (et hapax ?) créé le 22 avril à partir de "jenant" et "penibil", gênant et pénible.

On n’est pas capables de se mettre d’accord sur le genre, à l’intérieur d’une seule et même langue, d’un seul et même texte officiel émanant de l’instance européenne exécutive suprême, la Commission européenne, le gouvernement donc, de notre si chère Union européenne… Quelle confusion que la nôtre ! Les mots sont les miroirs fidèles des sociétés qui les inventent et qu’ils parlent. Plus loin dans le texte, on rencontre “el nivel de circulación del virus”, structure où le terme générique, biologique et médical, devenu terme juridique, reste au masculin ; c’est le nouveau qui nous mène la vie dure. Le texte en portugais (25) reste cohérent et fidèle à la graphie anglaise [25] , du titre jusqu’à la dernière ligne du texte européen. Devant tant de qualités, on osait espérer… Mais notre joie fut courte, un miracle ne dure que quelques lignes, et l’on découvrit avec stupeur et tremblement la même chimère, mi-mâle, mi femelle, avec trait d’union et sans trait d’union (« a pandemia de Covid-19 », « a propagação da Covid-19 », « luta contra a Covid-19 », « medidas de contenção ligadas ao Covid-19 », « sintomas do Covid19 »), impossible d’appréhender dans son essence selon nos conceptions habituelles...

Oui, ce nouveau virus fait tellement peur, il est tellement étrange et étranger, il représente l’Autre qui est notre ennemi et qui nous aide à nous définir à tel point que nous ne réussissons pas à nous mettre d’accord sur le sexe de ce nouveau "Rosemary’s baby" monstrueux ! Et nos hésitations morphologiques nous montrent à quel point nous sommes en train de nous forger de nouvelles identités individuelles et collectives, altérés à jamais par cette catastrophe, par ce nouveau déluge qui a noyé toutes nos certitudes, notre confiance en nous-mêmes, dans les institutions et dans les autorités. Un nouveau monde est en train d’apparaître, "a brave new world" d’après la chute de nos paradis imaginaires. Au Brésil, les choses ne vont pas mieux. Sur la page web dédiée [26] du ministère de la santé, on trouve au même endroit : "Covid19", "covid [27], "coronavírus" [28], "coronavírus 2019 (Covid-19),"Coronavírus", "novo coronavírus" [29] ...

On a tout mis dans le même panier, à chacun d’y trouver son compte ! Avec ceci d’essentiellement différent : on fait au plus simple au Brésil, où le coronavirus est bien masculin, et qu’est-ce que l’on aurait été heureux de le voir écrit tout en minuscules, en éliminant les chiffres, et en privilégiant les termes plus courts, faciles à retenir, principe de l’économie du langage oblige. Mais non.
Dans la version allemande [30] du Communiqué de la Commission, pas de surprise, l’ordre règne pour tout ce qui est graphie, on écrit avec des majuscules Covid-19, comme dans le texte-source en anglais. On parle aussi de pandémie, de crise, de cas, de déclenchement : « der Covid-19-Pandemie », « der Covid-19-Krise », « Covid-19-Fällen », « Covid-19 Ausbruch ».

Mais, lorsqu’il s’agit de parler de Lui, nos voisins allemands ont trouvé la solution-miracle, "Ehrlichkeit" (sincérité, authenticité, honneur, intégrité psychologique - cette dernière risque de devenir une qualité rare par les temps qui courent) oblige, même étymologiquement, car ce nom commun est enraciné dans le proto-indo-européen *h₂eys-, « respect » : on lui accorde tous le honneurs qu’il mérite et on le traite en nom propre. On ôte notre chapeau devant ce nouveau venu, nous qui n’avons ôté nos chapeaux devant personne, comme disait George Brassens, et, ainsi, on ne se prend pas la tête à marquer le genre dans le discours ! Comme quoi, ça paye toujours (ou presque !), d’être gentil et poli ! Ou, comme le dit le titre d’un article publié par Le Monde [31] : « Simple et efficace, le crédo allemand ». En anglais [32], ça va un peu mieux également, l’absence de marque du genre facilitant les choses. On jongle avec des synonymes partiels et on parle de pandémie, de crise mais aussi de maladie - « the Covid-19 pandemic », « the Covid-19 crisis », « the propagation of the Covid-19 disease ». Ce virus protéiforme et insaisissable devient une maladie dans la version anglaise du communiqué de la Commission européenne, ce qui sera fondamental dans l’établissement de la nouvelle identité féminine du virus.

On parle également de « Covid-19 containment measures », et aussi de « the Covid-19 outbreak » et « the Covid-19 out-break » : un peu de créativité morphologique, un jeu subtil avec le trait d’union, dans ce monde de brutes, thank you very much ! Pour les Britanniques, ce virus est assez grand "to be home alone", comme on le voit dans les syntagmes : « the transmission rates of Covid-19 », « infected by Covid-19 ». En anglais, langue pragmatique n’aimant pas les répétitions (sauf certains syntagmes juridiques, mais là c’est une autre histoire !), notre covid (écrit avec des majuscules, pour signifier qu’il est bien grand maintenant !) est, ainsi, par moments, laissé se débrouiller seul, et les termes "disease" ou "virus" ne lui tiennent plus la main. Nous retrouvons cette maturité sur le site du gouvernement britannique où l’on parle de « Coronavirus (Covid-19 », « coronavirus (Covid-19) outbreak » [33] en utilisant les deux noms, dont l’acronyme entre parenthèses, dans un souci de clarté de l’information. Le NHS fait encore plus simple et emploie exclusivement le terme coronavirus en minuscules (sans doute avec un accent bien "british") : « people at higher risk from coronavirus » [34]. Sur le site du gouvernement britannique les autorités présentent en termes objectifs ce qu’elles appellent « the current novel coronavirus (Covid-19) outbreak », tout en mettant en évidence le fait que ce virus n’est pas une maladie, mais qu’il en est la cause : « what we know about the virus and the disease it causes » [35], ce qui enlève tout de suite la charge émotionnelle hautement anxiogène du discours de l’OMS qui établit une équivalence entre le virus et la maladie.

Pourtant, l’OMS devrait être plus au courant de la différence, car ce sont des spécialistes de la santé qui y travaillent, normalement. Le calme britannique nous sauvera ! Et, cool as a cucumber, les cousins d’Outre-Manche continuent à nous expliquer tranquillement que l’épidémie de pneumonie de Wuhan, Chine, a été par la suite considérée comme une nouvelle maladie par l’OMS et baptisée : Covid-19 (non, on ne va pas crier halleluiah !) : “On 31 December 2019, Chinese authorities notified the World Health Organization (WHO) of an outbreak of pneumonia in Wuhan City, which was later classified as a new disease : Covid-19” Donc, le virus n’est pas une maladie, mais la pneumonie qu’il cause, oui. Ouf, on commence enfin à voir le bout du tunnel ! Thank you, les amis ! Mais pourquoi donc l’OMS ne dit-elle pas la même chose ? C’est pourtant clair et indiscutable, scientifiquement parlant.

Comme le disent si bien les journalistes de Radio Canada, « en ces temps de Covid-19 », l’OMS a hésité : "L’organisation a été lente à évoquer le risque de transmission interhumaine". Lente à déclarer une urgence de santé publique, et déclarer officiellement une « pandémie » (annonce qui n’arrive que la seconde semaine de mars) [36] ». C’est peut-être pour cela qu’elle essaie de se rattraper avec des discours flamboyants sur le virus flambant neuf (« la flambée de Covid-19 » [37]) qui s’est transformé, comme dans un roman kafkaïen, dans une créature invisible, sans discernement, cruelle, qui embrase le monde entier, une maladie, quoi ?!

Et pendant ce temps, à l’OMS on joue au docteur WHO avec les termes.

A l’OMS, la maladie court, non, pas celle d’amour, mais la « maladie à » : « La pandémie de maladie à coronavirus 2019 (Covid-19) », « la maladie à coronavirus 2019 (Covid-19) » , et hop, on l’a personnifié, dans un français populaire de quartier pauvre, car il paraît que c’est par là qu’il sévirait le plus… L’OMS parle d’« exploiter les technologies de l’information pour venir à bout de la Covid-19 » [38] mais elle réussit surtout à venir à bout de notre patience et du bon sens linguistique ! On comprend mieux d’où vient cette soudaine manie dans les trois langues romanes atteintes du covid-19 (français, italien et espagnol) de féminiser ce virus ! Les autres langues, comme le roumain et le portugais du Brésil, ont développé une immunité plus forte, il faut croire !

Pour « protéger les populations de la Covid-19 » [39] il serait judicieux d’en parler avec des termes clairs, dans des discours dépourvus de sensationnalisme. Transformer ce nouveau virus dans une maladie n’est pas normal biologiquement ni linguistiquement, car le virus provoque des maladies, il n’est pas une maladie lui-même, et, dans toutes les langues qui emploie des cognats du latin virus, ces termes sont masculins.

WHO killed the mocking bird ?

Ce changement de genre est du genre à créer des monstres dans l’imaginaire et l’émotionnel public, car on ne perçoit pas de la même manière un virus ou une maladie. Un virus est une forme de vie et appartient au domaine de la biologie. D’un point de vue affectif, ce terme scientifique est plutôt neutre et ne provoque pas de réaction émotionnelle. Même, on a presque tendance à le mépriser : c’est un virus… Limite, les bactéries nous font plus peur que les virus, puisque le mot est plus long ! Alors que, lorsqu’on on entend le mot maladie, la réaction automatique du public non-spécialiste est celle de la peur, de l’inquiétude. On découvre sur le site de l’OMS : « Nouveau coronavirus (2019-nCoV) », « Flambée de maladie à coronavirus 2019 (Covid-19) », « empêcher la propagation de cette flambée ». Ce sont des métaphores sensationnalistes, doublées de formules incompréhensible quasi-mathématiques et qui nous fichent la trouille, qu’on s’attendrait à trouver dans les pages d’un tabloïd, et qui transforment des termes littéraires, poétiques, dans des synonymes du coronavirus…

Des métaphores incendiaires littéralement, propres à cet ἐκπύρωσις, "ekpyrosis", cet embrasement qui enflamme les rédacteurs des articles sur le site de l’OMS, et qui nous transpose dans une projection fataliste d’un univers qui est détruit régulièrement par des catastrophes uniquement pour laisser la place à un éternel retour aux mêmes origines d’avant l’embrasement. Ils confondent l’« attitude stoïque » avec le modèle cosmologique prôné par les philosophes grecs au début des années 300 avant l’ère commune ! Et nous, pauvres citoyens de ce monde en proie au chaos, que pouvons-nous faire ? Supporter avec stoïcisme, n’est-ce pas, et croire en l’OMS ? Ou prendre la porte (στοά, "stoa", « portique » en grec) et fuir l’abrutissement par des discours qui devraient être objectifs et responsables mais qui donnent dans la manipulation émotionnelle ?

Dans ce que Pascal Engel appelait l’ère de la bêtise de masse, la production de la foutaise, qui était endémique dans la presse, est devenue pandémique dans les médias, dans Internet et dans les réseaux sociaux, qui la diffusent à dose tellement massive qu’elle est devenue une force politique. Elle fait partie de ce qu’on appelle l’ère de la « post-vérité », qu’il faudrait bien plus appeler l’ère de la foutaise : la production d’un type de discours et de pensée dans lequel on ne soucie plus de savoir si ce qu’on dit est vrai, mais où seul compte l’effort produit. La foutaise est à la fois bête parce qu’elle est hors de contrôle, et habile parce qu’elle se trouve au service de stratégies politiques et de propagande » [40]. Avec ceci, tout semblait être dit, et pourtant en pleine pandémie de foutaise et de "corona" on découvre que …

La covid n’a pas de discernement…

« Le Covid-19 ne connaît pas de frontières, n’épargne aucun pays, ni aucun continent, et frappe sans discernement » « Cette course contre un ennemi invisible… » [41]. La personnification du virus n’aide à rien d’autre qu’à propager une image chargée émotionnellement et qui n’a rien de scientifique, donc qui ne devrait pas trouver sa place dans un discours officiel de l’Organisation Mondiale de la Santé. Donner dans ce type de sensationnalisme fait penser plutôt à des campagnes électorales où le candidat essaie désespérément d’amasser des votes en faisant peur aux électeurs. Ce virus n’est pas invisible, il est bien détectable par des moyens scientifiques, et on n’a pas à craindre son manque de discernement, puisqu’aucun de ses congénères n’en a, ni n’est censé en posséder.

D’ailleurs, si l’on s’en souvient bien de tout ce que l’on nous dit depuis trois mois dans tous les médias possibles et imaginables, ce covid s’attaque avec prédilection aux personnes âgées et à celles qui ont des comorbidités, n’est-ce pas là une preuve de discernement de la part de notre ennemi commun ?... Et si l’on a fermé les frontières, c’est justement parce que nous croyons que ce virus ne se propagera plus, ou du moins pas aussi vite, ce qui nous mène tout droit vers la pensée critique : « mais, attend, ça veut dire que, si l’on continue à filer la métaphore de l’OMS, le covid, lui, il connait les frontières ?! » En tout cas, dans "Astérix et la Transitalique" [42], il les connaissait !

Corona et Covid en Inde ou "The Great Lockdown" au FMI ? "To be or not to be"…

En Inde, pour montrer de la résilience et une bonne dose de catharsis, un couple a nommé ses jumeaux, une fille et un garçon, qui venaient de naître le 27 mars 2020, Corona et Covid [43] : leur souhait de leur donner des noms « mémorables et uniques » est ainsi accompli. Serait-ce dans un esprit de compétition avec l’heureuse famille indienne que le FMI choisit le retentissant « The Great Lockdown » pour nommer leur « bébé », leur perception de ce qui se passe actuellement dans le monde, alors que dans le texte même du dossier si pompeusement intitulé on découvre qu’il s’agit, au contraire, d’une palette variée de mesures comportant des degrés différents : « Quarantines, lockdowns, and social distancing are all critical for slowing transmission ».

A nouveau, tout est bon pour attirer les chalands, et la pub reste l’âme du commerce : sauf que, dans les circonstances qui sont les nôtres, un peu plus de retenue dans les titres serait de mise. Et pour continuer dans l’incohérence (on ne change pas une équipe qui gagne !), juste après avoir affirmé théâtralement « This crisis is like no other », quelques lignes plus loin la fibre poétique de l’auteur est oubliée en faveur de l’approche de l’économiste qui compare cette crise avec la Grande Dépression et avec la crise financière d’il y a dix ans : « It is very likely that this year the global economy will experience its worst recession since the Great Depression, surpassing that seen during the global financial crisis a decade ago ».

Pour vraiment nous convaincre de l’unicité de cette crise, l’auteur(e) persiste et signe : « When the world economy last faced a crisis of this magnitude in the 1930s »… Bon, il faut dire que les dernières nouvelles nous ont appris que le covid affecte aussi le cerveau [44]. Le poète sortira gagnant de cette acerbe lutte avec l’économiste, et affirmera, avec la faiblesse de celui que la guerre a usé trop pour qu’il emploie autre chose qu’un verbe modal de possibilité potentielle : « The Great Lockdown, as one might call it, is projected to shrink global growth dramatically » [45] Pour enfoncer le clou jusqu’au bout, et parce que la voix passive nous tire par la main, nous allons poser la question hitchcockienne : mais qui a planifié cette réduction dramatique de la croissance globale ?... Le problème avec cette question réside, comme dans "The trouble with Harry" (1955), célèbre film Alfred Hitchcock dont le titre a été traduit en français par Mais qui a tué Harry ?, dans le caractère approximatif (pour employer un euphémisme…) de la rédaction ainsi que de la traduction des textes émanant des instances officielles, nationales et internationales, d’un côté, mais aussi, et surtout, dans les conséquences perlocutoires de ces discours qui paraissent frôler les confins de l’irresponsable par moments, pour aller s’isoler dans des états émotionnels extrêmes et finalement s’enfermer à double tour dans un absurde dont le lecteur ne saurait comment interpréter.

Le surréalisme du film de Hitchcock, son humour macabre, ses quiproquos n’ont pas manqué de nous faire penser à la réalité, pourtant dramatique, de la crise que le monde traverse depuis janvier 2020 ou novembre 2019 (là non plus, les spécialistes ne trouvent pas d’accord…). Dans le film, plusieurs personnages tentent de dissimuler un crime qu’ils croient avoir commis, alors que rien ne prouve qu’il s’agisse vraiment d’un meurtre. N’y a-t-il pas une ressemblance avec ce que nous sommes en train de vivre ? Ou, comme il est dit la bande-annonce : « Once upon a time, in a quiet little town, some very respectable people, got into the trouble with Harry » [46].

Notes :

[6« Sept. 20, 2001 : In a speech addressing Congress and the nation, Bush announces the War on Terror, saying, “Our war on terror begins with al Qaeda, but it does not end there. It will not end until every terrorist group of global reach has been found, stopped and defeated.”, https://www.history.com/topics/21st-century/war-on-terror-timeline.

[8En Roumanie, les autorités ferment des sites web qui sont accusés d’avoir diffusé des fausses informations au sujet du coronavirus : http://www.ziare.com/media/stiri-false/inca-doua-site-uri-romanesti-au-fost-inchise-pentru-ca-au-difuzat-stiri-false-despre-coronavirus-1608306

[9« Ce poți spune când în Constituție se prevede „stat de drept democratic”, iar cineva o ține una și bună cu „stat de drept”, care, se știe, poate fi oricum ? », Que peut-on dire lorsque dans la Constitution il est prévu « état de droit démocratique », et quelqu’un n’arrête pas de parler d’ « état de droit » qui, on le sait, peut être n’importe comment ?, MARGA, Andrei, « Trecerea la prostocraţie », Le passage à la prostocratie, in Cotidianul, 3 mai 2020, https://www.cotidianul.ro/trecerea-la-prostocratie/

[16« Guvernul a lansat ghidul online ’CeMaFac’ cu posibile scenarii prin care poate trece populația României în pandemia de Covid-19 », https://www.stiripesurse.ro/guvernul-a-lansat-ghidul-online-cemafac-cu-posibile-scenarii-prin-care-poate-trece-populatia-romaniei-in-pandemia-de-covid-19_1443979.html, « Guvernul României, prin Autoritatea pentru Digitalizarea României, în colaborare cu Departamentul pentru Situații de Urgență și organizația neguvernamentală Code for Romania a lansat o nouă platformă online din ecosistemul de luptă contra efectelor Covid-19 CeMaFac (cemafac.ro) », https://cemafac.ro/

[23« orientaciones sobre las aplicaciones móviles de apoyo a la lucha contra la pandemia de covid-19 en lo referente a la protección de datos »

[24B1 TV, Răzvan Zamfir, émission « Bună, Romania ! », 22/04/2020

[26« Orientações respeitantes a aplicações móveis de apoio à luta contra a pandemia de Covid-19 na perspetiva da proteção de dados »

[29« Ministério da Justiça e Segurança Pública adotou algumas medidas para impedir o avanço do novo coronavirus. », https://www.novo.justica.gov.br/news/coronavirus-confira-as-medidas-adotadas-pelo-ministerio-da-justica-e-seguranca-publica

[40ENGEL, Pascal, « De la bêtise à la foutaise », in MARMION, Jean-François (sous la dir.), Psychologie de la connerie, Sciences Humaines Editions, 2018

[42« Dans Astérix, le coronavirus existait déjà et avançait masqué », Le Figaro, 3 mars 2020, https://www.lefigaro.fr/bd/dans-asterix-le-coronavirus-existait-deja-et-avancait-masque-20200303

[46"The Trouble With Harry" (1955) Trailer, https://www.youtube.com/watch?v=Y8FH4eKZJ4s

Corina Veleanu
Maître de conférences en anglais
Jurilinguiste
Université Lumière Lyon II

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