Les slasheurs dans le monde du droit ouvrent le champ des possibles. (2ème épisode)

La touche "slash" sur votre clavier, vous connaissez. En codage informatique, on dit que c’est celle qui "distingue les différents dossiers d’un chemin".
Un même chemin, différents dossiers, en voilà une belle définition pour celles et ceux qui ont fait le choix d’exercer deux (ou plus) activités rémunérées en même temps et d’être juriste / "mais pas que" !
Selon une étude récente, les Bac + 3 et Bac +5 (toutes disciplines confondues) seraient respectivement 24 % et 27 % à vouloir devenir « slasheurs » [1].
Ce temps de travail partagé fait-il partie des axes de transformation des métiers du droit [2] ? Pour le savoir, nous vous proposons les témoignages de ceux qui ont fait ce choix de vies professionnelles au pluriel.
Suite de cette chronique avec Edouard Frair, Juriste [3] et Photographe auto-entrepreneur.
Crédit photo : Edouard Frair

Village de la Justice : Pourquoi exercer plusieurs métiers en même temps ? Quelle est votre motivation ?

"Parce que j’aime découvrir et sans cesse me lancer des défis à travers des prestations photos. En tant que juriste, ma valeur ajoutée vient de ma compréhension de la loi et de ses subtilités. En tant que photographe, je tire ma satisfaction directement de mon œil et de mon travail de l’image pour un client. Ce n’est pas du tout la même sensation, et c’est très appréciable de combiner ces deux facettes."

C’est très appréciable de combiner les deux facettes, ce n’est pas du tout la même sensation.

Comment le gérez vous matériellement ?

"Je suis à temps partiel en 80% [4] en qualité de juriste à raison de 4 jours par semaine. Le reste du temps (mardis et week-end) est dédiée à mon auto-entreprise. C’est très sécurisant pour moi d’avoir une base de revenus et cela me permet d’exercer ce métier de photographe l’esprit plus libre."

Quels en sont les bénéfices ?

"J’apprends beaucoup du statut d’auto-entrepreneur et cela m’aide au quotidien à répondre à certaines questions dans le cadre de mon poste de juriste. De même, mon statut de juriste me permet d’être à jour des dernières réformes et des démarches obligatoires liées au statut d’auto-entrepreneur."

Est-ce passager et opterez-vous pour l’un ou l’autre ou en faites-vous un choix pérenne ?

"Non, ce n’est absolument pas passager. Je ne pense pas faire de la photographie mon métier sauf si j’ai une opportunité d’être rémunéré à plein temps pour faire des photos que j’aime. La dimension alimentaire est présente dans tout type de poste et d’activités. De même pour le côté juridique, certains postes m’attirent particulièrement mais sont très difficiles à obtenir."

Juriste, vous n’êtes pas soumis à la déontologie de l’avocat ; pour autant à quelles limites "éthiques" pouvez-vous être confrontés ?

"Comme ce sont deux activités totalement différentes, il n’y a pas de liens particuliers ou de limites éthiques auxquels je suis confrontés au quotidien."

Prochain épisode dans quelques jours, à la rencontre d’une avocate/... ? Patience !

Et si vous êtes aussi slasheur et que vous souhaitez faire part de votre expérience, n’hésitez pas à nous contacter à cette adresse : nathalie chez village-justice.com

Notes :

[2Des axes évoqués lors du Rendez-vous des Transformations du droit en novembre 2020.

[3Edouard travaille dans un centre d’appels juridiques à Nantes.

[4Chez Imatechnologies.

Propos recueillis par Nathalie Hantz
Rédaction du Village de la Justice

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