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La réforme du CRFPA : comment se préparer ?

L’arrêté du 17 octobre 2016, fixant le programme et les modalités de l’examen d’accès au CRFPA, a largement refondu celui-ci et impose aux candidats d’adapter leur préparation. Après les sessions de 2017 et 2018, quel premier bilan peut-on dresser ?

Le programme

L’un des principaux enjeux de la réforme du CRFPA est de durcir cet examen, probablement pour réguler l’entrée sur le marché des futurs avocats, adapter leurs connaissances aux compétences attendues dans la pratique et améliorer leur expertise afin de résister à la concurrence. Pour atteindre ces objectifs, le programme de l’examen a été élargi de manière importante, notamment pour l’épreuve de spécialité.

Les candidats doivent ainsi faire preuve d’une capacité à raisonner juridiquement pour traiter toutes les questions d’un dossier. Les connaissances acquises doivent par conséquent être exploitées de manière transversale.

Le programme de l’examen a de nouveau fait l’objet d’une réforme par un arrêté du 2 octobre 2018 qui a notamment réintroduit le droit fiscal et augmenté la procédure civile de l’arbitrage.

Les épreuves

1- La note de synthèse

En 2017, la note de synthèse portait sur « Les lanceurs d’alerte et l’argent ». En 2018, elle portait sur le consentement « aux traitements de ses données personnelles par les réseaux sociaux ».

Il ressort de ces sujets qu’ils ont été inspirés par l’actualité juridique de l’année en cours (le sujet de 2017 ayant été inspiré de la loi Sapin II du 9 décembre 2016 et le sujet de 2017 par le RGPD entré en vigueur le 25 mai 2018). Les sujets tournent tous les deux autour d’une liberté et se concrétisent autour d’un point précis. Par ailleurs, les dossiers n’étaient pas à proprement parlé évolutifs, mais concernaient des sous-thématiques autour du thème principal de la note de synthèse.

2- Les épreuves juridiques

Sans prétendre ici faire une analyse détaillée de tous les sujets tombés en 2017 et 2018, il semble exister un point commun entre eux, qu’il s’agisse du droit des obligations, de l’épreuve de spécialité ou de l’épreuve de procédure.
Il s’agit à chaque fois d’une consultation (ce qui devrait encore être le cas en 2019) dont l’énoncé part un peu dans tous les sens. Les candidats sont ainsi placés dans la même situation qu’un avocat face à son client.
Il faut alors analyser le sujet sous toutes ses facettes comme le ferait un avocat avec un dossier, pour dispenser ensuite des conseils à son client. Il faut donc envisager les sujets sous l’angle des intérêts de l’une des parties au litige.

3- Les oraux

Les sujets du grand oral, comme de l’épreuve de langue, continuent à être conçus par les différents examinateurs. Il n’y a pas de sujets nationaux, donc tout dépend de l’IEJ dans lequel vous passerez le CRFPA. Il est alors indispensable de vous procurer les annales de ces épreuves pour vous faire une idée du type d’exercice qui vous sera donné, notamment pour l’exposé des droits et libertés fondamentaux.

Les conseils pour se préparer

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1- Vos objectifs
Pour que votre préparation soit optimale, vous devez travailler avec efficacité. Cela suppose notamment de prendre soin de sa forme physique et psychique. On est plus efficace au travail le matin que l’après-midi ; si on a dormi au moins huit heures dans la nuit (en moyenne) ; si on a une alimentation équilibrée… Par ailleurs, il est important de se déconnecter régulièrement de ses études pour mieux y revenir. Prenez du plaisir à travailler !

Sans doute plus que par le passé, le CRFPA est un examen qui sanctionne l’ensemble de votre formation universitaire. Le programme est très vaste et il ne s’agit pas d’être un spécialiste de toutes les matières. Autrement dit, il n’est pas nécessaire de maîtriser tous les détails d’un programme de révision car ce n’est pas ce qui est attendu de vous.
L’esprit de la réforme du CRFPA est de vérifier concrètement que vous avez les qualités requises pour être un bon avocat !

C’est pourquoi cet examen vise aujourd’hui surtout à tester votre capacité à traiter tous les aspects d’un dossier, c’est-à-dire à le traiter de manière transversale. Il est donc nécessaire d’avoir une vision globale de vos matières. C’est ce qui vous permettra d’identifier les différents problèmes de droit que soulève un sujet.

Par ailleurs, un bon avocat doit être capable de convaincre. Pour cela, il doit savoir être concis, clair et construire une démonstration juridique. Il est donc nécessaire de maîtriser parfaitement la méthodologie des différentes épreuves.

Enfin, l’avocat est un technicien, ce qui suppose une parfaite maîtrise du vocabulaire juridique. L’avocat, comme le juge, a son langage et vous devez savoir le parler correctement.

2- La préparation à l’examen

Il n’y a pas de méthode universelle pour se préparer au CRFPA. Tout dépend du profil de l’étudiant. Certains sont très autonomes, ont du temps et peuvent réviser seuls (l’inscription dans un IEJ est alors suffisante) ; d’autres sont moins autonomes, ont moins de temps (car ils poursuivent des études en parallèle et/ou travaillent) et ont besoin d’être encadrés (l’inscription dans une prépa privée est alors recommandée). Que vous vous inscriviez ou non dans une prépa privée de droit, il y a quelques étapes indispensables à respecter pour bien se préparer à cet examen.

• La préparation aux écrits

Vous devez d’abord acquérir les connaissances nécessaires.

Dans un premier temps, commencez par chercher à avoir une vision globale de vos matières. Pour cela, vous pouvez visionner des vidéos (certaines prépas privées en proposent), faire une lecture rapide (voire une lecture en diagonale) de vos manuels et surtout apprendre presque par cœur le plan détaillé du cours sur lequel vous travaillez (concentrez-vous d’abord sur les parties principales, puis pour chaque partie sur les sous-parties et ainsi de suite).

Dans un deuxième temps, approfondissez vos connaissances. Descendez progressivement, mais sans excès, dans le détail de vos matières. Concentrez-vous alors notamment sur le vocabulaire juridique. Dans l’idéal, il est bien de s’y prendre le plus tôt possible, plusieurs mois avant le début de l’examen. Pour arriver à maturité le jour de l’examen, vos connaissances doivent avoir eu le temps de reposer, d’être digérées.

Dans un troisième temps, suivez l’actualité juridique. Faites des lectures d’articles de fond, de commentaires ou d’annotations d’arrêts. Ce travail peut être fait en fin de journée, dans vos déplacements, entre deux cours… cette lecture ne nécessitant pas la même concentration que lorsque vous devez mémoriser le cours.

Vous devez ensuite maîtriser parfaitement la méthodologie des différentes épreuves.
Il existe sur le marché de nombreux ouvrages de méthodologie, certains étant spécialisés sur l’examen du CRFPA. Vous devez savoir mettre en œuvre un syllogisme pour construire votre raisonnement.

Certaines prépas privées proposent également des vidéos pour expliquer la méthodologie.

Enfin, et c’est le plus important, ces connaissances et cette méthodologie doivent être mises en application concrètement. Pour cela, il est indispensable de s’entrainer.
Entrainez-vous en conditions d’examen et laissez du temps entre chaque entrainement pour pouvoir assimiler les commentaires et conseils donnés par votre correcteur.
L’efficacité d’une préparation au CRFPA se mesure en grande partie à la quantité des entrainements et la qualité de leur correction. Ceci est particulièrement vrai pour la note de synthèse qui est un exercice nouveau pour beaucoup de candidats.

• La préparation à l’exposé-discussion – le « grand oral »

D’emblée, il faut vous dire que le programme est trop vaste pour être parfaitement maîtrisé. Une fois de plus, il ne vous sera pas demandé d’être un spécialiste des matières dans lesquelles se développent les droits et libertés fondamentaux. L’objectif du grand oral est de tester votre capacité à identifier les problèmes de droits et libertés fondamentaux que soulève un sujet, et à construire rapidement une argumentation pour soutenir une thèse.

Si vous passez le grand oral, cela signifie que vous avez validé les écrits. Vous avez donc fait la preuve que sur le fond, vous aviez la capacité d’exercer la profession d’avocat. L’épreuve du grand oral consiste alors à vérifier votre aptitude, notamment sur la forme, à raisonner et à vous exprimer comme un avocat. En somme, le grand oral est une sorte d’entretien d’embauche.

Comment alors préparer cette épreuve ?

Commencez par travailler le plus tôt possible dans un manuel de droits et libertés fondamentaux. Il s’agit d’acquérir rapidement une vue d’ensemble des différents droits et libertés fondamentaux.

Faites ensuite une revue de presse. Constituez-vous alors des dossiers (des chemises en carton ou sur ordinateur) pour les principaux thèmes que vous aurez recensés. La préparation au grand oral est un travail de longue haleine. Rapportez toutes vos lectures aux droits et libertés fondamentaux.

Parallèlement, vous devez réviser votre culture juridique de base. Pour cela, reprenez vos cours d’introduction au droit ainsi que d’institutions judiciaires et administratives.
Vous devez également montrer au jury que vous vous intéressez à la profession que vous souhaitez embrasser. Vous devez donc connaître ses principaux acteurs. Faites-vous une fiche sur les présidents des juridictions locales, sur le bâtonnier de votre futur barreau, sur le président du Conseil d’Etat, de la Cour de cassation, de la Cour européenne des droits de l’homme (ainsi que le juge français siégeant dans cette cour), etc.

Une fois les écrits passés, vous pourrez vous concentrer presque exclusivement sur cette matière, sans pour autant la découvrir. Ce sera alors le moment de passer à la vitesse supérieure et de vous entrainer concrètement à cette épreuve. Il est indispensable de faire plusieurs simulations devant un jury d’experts (idéalement devant au moins un privatiste et un publiciste). Après la simulation, débriefez avec le jury pour comprendre ce qu’il faut améliorer, notamment sur la forme qui est particulièrement importante pour cet épreuve.

• La préparation à l’épreuve de langue

Pour préparer l’épreuve de langue, il est conseillé de lire régulièrement un journal ou une revue généraliste (du type The Economist ou Times).

Par ailleurs, vous devrez connaître les grands principes du système juridique étranger correspondant à la langue que vous avez choisie. Il existe pour cela des MOOC accessibles sur internet. Certains sont payants, d’autres sont gratuits. L’intérêt de ces cours est notamment qu’ils vous permettent d’entendre parler la langue. N’hésitez pas à vous constituer un petit lexique pour recenser le vocabulaire juridique.

Enfin, il important de pouvoir parler la langue car l’épreuve est un oral. Il ne suffit donc pas de pouvoir la lire et la comprendre. Sollicitez vos contacts étrangers ou constituez-vous un groupe de travail.

La préparation à l’examen du CRFPA est exigeante ; elle demande des sacrifices. Toutefois, ces derniers ne seront pas vains car « la plus grande récompense de nos efforts n’est pas ce qu’ils nous rapportent, mais ce qu’ils nous permettent de devenir » (John Ruskin).

Matthieu Girardet, enseignant au Centre de Formation Juridique
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