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Un "social media manager" à la Chancellerie...

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Si vous avez l’œil observateur, et si les réseaux sociaux font partie de votre quotidien, vous avez dû remarquer que la communication du Ministère de la Justice via ce canal de communication s’est récemment accélérée et modernisée. Vous avez vu fleurir sur le fil d’actus les # du Ministère : #OtezMoiDunDoute, #Vendredilecture ou encore #Verdict... qui cachent des rubriques simples mais efficaces sur le thème de la Justice.
Le Village de la Justice s’est entretenu avec le chef d’orchestre de cet indispensable mode de communication, Alexis Denous, Responsable des réseaux sociaux du Ministère de la Justice.

Village de la Justice : quel est votre parcours ? Depuis combien de temps ce poste de « responsable des réseaux sociaux » existe-t-il, et depuis combien de temps l’occupez-vous ? Quelle équipe vous entoure, et comment votre travail s’articule-t-il avec le reste de la communication du Ministère public ?

Alexis Denous :

"J’ai une formation en sciences politiques. Après l’obtention de mon diplôme en 2016, j’ai travaillé en tant que journaliste pigiste avant de faire mes premiers pas dans la communication au sein de la Ville de Paris où j’étais en charge de la communication interne au centre d’action sociale. En février 2018, j’ai intégré la direction de l’administration pénitentiaire en tant que chargé de projet à la valorisation des métiers pénitentiaires puis, depuis mars 2019, la DICOM en tant que social media manager.

Être constamment à la recherche de l’information à valoriser.

Je suis seul à ce poste à la Dicom mais je m’appuie fortement sur l’équipe de la stratégie éditoriale, composée de plusieurs chargés de communication, notamment sur la création de formats longs comme "#Verdict", et une équipe de graphistes très disponibles ! Tout nos contenus sont préparés en interne.

Il existait depuis 2015 une fonction de community manager. Mon arrivée début mars 2019 sur le poste de social media manager correspond au souhait de la Dicom d’investir plus fortement les réseaux sociaux à l’avenir.

Le rôle de social media manager est de visualiser – dans la mesure du possible - toutes les actions de communication du Ministère en lien avec les directions et services. Nous décidons par la suite celles qui seront publiées sur nos réseaux sociaux selon l’actualité politique/institutionnelle et les lignes éditoriales spécifiques à chaque réseau. Mon objectif est de toucher nos publics-cibles et de m’assurer que le fond et la forme correspondent au canal utilisé. Cette position nécessite d’être constamment à la recherche de l’information à valoriser."

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Alexis Denous

Pourquoi miser sur les réseaux sociaux pour communiquer auprès du public ? et d’ailleurs auprès de quels publics (citoyens, professionnels du droit) ?

"Le temps où les opinions se formaient uniquement dans les médias traditionnels est loin à présent. Nous devons – comme tout « annonceur » public – être présent sur les réseaux sociaux pour tenter d’élargir notre audience et, le cas échéant, pour entrer en conversation avec nos publics-cibles.

Les enquêtes d’opinion mettent toutes en exergue la défiance des citoyens envers les institutions de manière générale ; la Justice n’échappe pas à la règle. Nous devons donc mieux expliquer le fonctionnement et les évolutions de l’ordre juridique et des procédures au plus grand nombre. Si nul n’est censé ignorer la loi encore faut-il que les institutions se donnent les moyens de la faire connaitre ! Les services publics se doivent de mettre à disposition l’information dont les citoyens ont besoin.

Nous ciblons également les professionnels du droit, notamment via LinkedIn, dans l’objectif de mieux les informer et les accompagner face aux changements opérés par le ministère ou face aux changements de législation."

Qu’est-ce que les réseaux sociaux ont changé dans la communication du Ministère ?

Les services publics se doivent de mettre à disposition l’information dont les citoyens ont besoin.

"Les réseaux sociaux ont changé la communication pour tous les annonceurs, que ce soit les entreprises privées ou les institutions publiques, dont les ministères. Pour faire court, la communication, et singulièrement la communication publique, est passé de l’air du "top-down" (un émetteur diffuse son message à un récepteur) à une communication plus protéiforme dans laquelle les parties prenantes interagissent (le récepteur est aussi un émetteur qui « retweete », qui "like", qui "e-influence"). Il peut s’agir d’autres institutions comme d’une personne seule mais potentiellement aussi puissante sur les réseaux sociaux. Notre rôle a donc changé ; il est toujours de diffuser de l’information, mais aujourd’hui il est aussi d’animer des communautés, d’être à l’écoute des opinions en ligne, etc."

Cette politique de communication est-elle pérenne ou est-ce un effet "politique" ? Est-ce un mouvement plus global (tous les ministères) ou une volonté propre à votre ministère ?

"Notre présence sur les réseaux sociaux n’est pas un effet de mode ! Elle est pérenne car elle correspond au fond à un changement de paradigme de la communication.

Adapter notre communication et l’accessibilité de nos messages, c’est un enjeu de taille pour la Justice !

En revanche, la vie des réseaux n’est pas figée et nous devons être attentifs sur lesquels porter nos efforts et être capables, le cas échéant, de nous adapter aux variations d’audiences (comment évoluera Twitter ou Facebook dans quelques mois ou années ? quelles conséquence cela pourra avoir sur nos propres choix de communication ? etc.).

Au fond, ce mouvement global, offre aux annonceurs la possibilité de toucher de plus larges publics avec leurs propres moyens ; mais il nous oblige aussi à devoir adapter notre communication, notamment en termes d’accessibilité de nos messages. Enjeu de taille pour la Justice !"

Propos recueillis par Nathalie Hantz
Rédaction du Village de la Justice

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