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Des cabinets qui innovent : le réseau d’avocats Mutual Justice.

Nous poursuivons notre série de chroniques sur les professionnels du droit qui innovent.
Pour cette 37ème chronique, le Village de la Justice s’est entretenu avec Jérémie Blond, avocat, afin qu’il nous présente "Mutual Justice" la plateforme de mise en relation directe client-avocat créée et gérée par son cabinet. Cette innovation consiste en un réseau d’avocats des barreaux français, qui tout en utilisant les avancées technologiques et numériques, favorise la relation humaine entre le client et son avocat.

Le cabinet Jérémie Blond est un cabinet individuel sans collaborateur situé à Paris. Ses principaux domaines d’intervention sont le droit du travail et le droit des contrats. Il s’adresse aux particuliers comme aux professionnels.

Présentation de l’innovation.

Mutual Justice est un réseau d’avocats des barreaux français, mutualisant leurs moyens, leurs compétences et leurs expériences pour proposer leurs services aux meilleurs prix.
Mutual Justice comme l’explique Jérémie Blond a pour objectif de « démocratiser l’accès direct à l’avocat ».

La plateforme Mutual Justice permet de créer des documents juridiques en ligne (contrats standards, conclusions en défense) ou de préparer un dossier en ligne (ex : dossier pour un divorce par consentement mutuel).
Elle permet aussi d’orienter le client vers un avocat partenaire dont le cabinet est situé à proximité de la domiciliation du client et dont le cabinet est territorialement compétent pour traiter sa demande.
Du fait de son mode de fonctionnement, ce dispositif permet de proposer aux clients potentiels, des tarifs compétitifs ou à la carte.

Cette plateforme, conçue par un avocat pour qui la relation avec le client est fondamentale, fait bénéficier aux avocats partenaires et aux clients des performances digitales tout en permettant à chacun des protagonistes de conserver une véritable relation humaine. Comme le dit Jérémie Blond : « Hors de question qu’un avocat inconnu du client rencontre ce dernier 5 minutes avant une audience devant un juge ! »

Mutual Justice fonctionne sous forme de formulaire, qui correspond à une arborescence de questions.
Dès que le client renseigne son code postal (1ère étape), la liste des avocats partenaires situés à proximité ou territorialement compétents est présentée.
En fin de parcours, le client internaute choisit l’avocat qu’il souhaite consulter, sous réserve d’acceptation de la sollicitation par l’avocat (ce dernier vérifiera par exemple l’absence de conflit d’intérêts avant d’avoir accès aux réponses de l’internaute).
Chaque avocat partenaire détermine ses propres tarifs, lesquels sont automatiquement calculés avant paiement en ligne par l’internaute.

L’avocat et le client disposent chacun d’une interface d’administration permettant :

  • à l’internaute d’accéder aux documents acquis ;
  • à l’avocat d’accéder aux documents préparés, de gérer sa tarification, de suivre ses factures, de suspendre temporairement son apparition sur le site en cas par exemple de congés ou de surcharge de travail).

Entretien avec Jérémie Blond, avocat :

Vous semblez axer la communication sur la simplification pour le justiciable ou l’entreprise, tout en développant une logique géographique. Qu’est-ce qui est le plus important pour vous ?

"Je ne pense pas qu’on puisse distinguer simplification et proximité. L’objectif premier est d’apporter une réponse simple et abordable au besoin de droit. Le numérique aide à apporter une première réponse. L’avocat est l’inévitable complément. La relation humaine reste forte dans nos métiers : c’est la raison pour laquelle j’ai voulu une solution qui oriente vers des avocats géographiquement situés à proximité du justiciable, plutôt qu’une machine à générer des dossiers traités à distance. "

Quel est votre propre positionnement au sein de Mutual justice ? Etes-vous plutôt avocat ou animateur du réseau d’avocats ?

"Pour moi, il était inconcevable de raccrocher la robe. Tout repose sur le fait que c’est un site fait par des avocats, tourné vers les avocats et les justiciables. Moi-même, je reste avocat et animateur de réseau. Il aurait peut-être été plus simple de quitter la profession (pour trouver des investisseurs surtout) mais, à titre personnel, il en était hors de question."

Que se passe-t-il quand vous n’avez pas les contacts dans le barreau demandé, ce qui se passe forcément souvent au début ?

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Jérémie Blond, avocat.

"Nous sommes présents à Chartres, Pau, Nancy, Gap ; et bien sûr sur Paris. Le réseau se développe progressivement. Lorsqu’il n’y a pas d’avocat localement présent, je reste l’avocat défini par défaut, à charge de proposer un avocat local sous 48 heures. Il est relativement aisé de trouver un confrère et de lui proposer de tester un service en se présentant avec un premier dossier, sur lequel la majeure partie de la facturation lui revient."

Quelles méthodes allez-vous mettre en place pour développer votre réseau, "priorité des priorités" pour ce type d’outil ?

"Pour le moment, j’ai privilégié les contacts qui m’ont été recommandés. J’envisage une campagne plus ciblée à destination des confrères pour constituer le réseau ; et en particulier afin de nous adapter au nouveau divorce. Nous lancerons le mois prochain le divorce adapté à la Loi Justice au 21ième siècle. Cela reste néanmoins un équilibre difficile à trouver : il faut développer dans le même temps le réseau et la clientèle, pour ne pas vendre du vide aux confrères.

J’aimerai profiter de votre article pour lancer un appel aux confrères : ils peuvent trouver sur le site une page dédiée pour nous rejoindre."

Quels sont les bénéfices apportés par votre innovation ?

"L’ambition est de se réapproprier le marché du droit en ligne investi par les legal start-up. Il s’agit d’initier un parcours de droit au sein des cabinets, en rendant accessible une prestation standard et en favorisant l’acquisition de services complémentaires à des tarifs forfaitaires et compréhensibles.

A titre personnel, la mise en place de cette plateforme m’a permis d’appréhender le travail d’équipes pluri-disciplinaires, alliant leurs contraintes respectives, d’aborder le droit sous un angle différent pour permettre la standardisation des modèles et/ou procédures proposées et de saisir de façon plus prégnante qu’avant les contraintes extra-juridiques des clients entrepreneurs."

Marie,
Rédaction du Village de la Justice.

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