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Il est temps de convertir la filière droit à l’heure "H comme Handicap" !

Dans une enquête réalisée par le Défenseur des Droits en collaboration avec la Fédération nationale des unions de jeunes avocats (FNUJA), intitulée « Conditions de travail et expériences des discriminations dans la profession d’avocat en France » [1] (voir à ce sujet notre article), nous avons pu constater que la discrimination n’épargnait pas la profession d’avocat. Mais, parmi les causes de discrimination l’enquête n’abordait pas celle liée au handicap, or s’il est polémique de parler de discrimination pour cause de handicap, cette dernière existe réellement.

De plus, le handicap reste un sujet tabou que ce soit au moment des études initiales en droit ou dans le cadre professionnel. D’où l’initiative de certains professionnels de mettre en lumière le handicap dans la profession et de convertir la filière droit à l’heure H comme Handicap !
La Rédaction du Village, pour soutenir l’initiative, s’est entretenue avec Stéphane Baller, avocat et co-initiateur d’un programme d’accompagnement d’étudiants en droit en situation de handicap pour qu’il nous le présente plus en détail.

Comme nous l’explique Stéphane Baller, le projet "L’heure H pour la filière de droit" est une initiative portée par "des femmes et des hommes de bonne volonté", acteurs du monde du droit. "Bonnes volontés qui ont été fédérées avec l’AFJE, Open Law, le cabinet EY Société d’Avocats et quelques confrères anciens du cabinet EY comme Eric Teynier ou Matthieu Juglar pour les stages et les expériences des jeunes Juristes Avocats en Situation de Handicap ; avec l’HEDAC, le Pré Barreau, le Collège de Droit de Paris 2 pour l’académique ; accompagnées également par les missions handicap des Universités, à commencer par Sceaux et Paris 2, mais aussi Marseille ou UVSQ ou Dauphine."

Le programme se déroule en plusieurs phases ; dans un premier temps, il s’agit d’épauler, d’accompagner de façon appropriée les étudiants en droit en situation de handicap tout au long de leurs études et jusqu’à l’obtention d’un poste dans leur domaine de compétence.

Pour ce faire un réseau de solidarité a été constitué en vue d’identifier les candidats pouvant bénéficier de ce programme d’aide sous la forme de coaching, de mentorat, de prises de cours... au sein de leur faculté d’enseignement.

"La filière droit ne doit plus se priver des talents des personnes en situation de handicap !"

Pour la rentrée universitaire de 2018, le réseau souhaite identifier une dizaine de candidats pour des niveaux allant de la L2 au M1, avec des dossiers académiques solides, un bon niveau d’anglais et un intérêt pour le conseil aux entreprises. En cela il s’appuie sur un certain nombre de missions handicap et sur l’association Droitpluriel.

Dans un second temps, le programme apporte son soutien auprès des cabinets et entreprises qui feront le choix de prendre en stage, en alternance ou d’employer ces juristes en situations de handicap.

En parallèle, le programme propose des ateliers pour former les coachs (surtout des étudiants) qui accompagneront les étudiants en situation de handicap dans leur Université ainsi que les mentors qui les conseilleront tous les mois sur leur gestion de carrière. Selon Stéphane Baller, "la pérennité et la transmission de ce type de projet passe par une impulsion forte du management et un travail sur le modèle économique du cabinet."

A la question des supports financiers, institutionnels (…) et soutiens de ce programme, Stéphane Baller répond : "notre énergie et nos amis !". En effet, c’est à titre personnel que ces professionnels agissent en offrant du temps de coaching, d’accompagnement, de recherche de partenaires pour les stages, de temps avec le CNB pour faire aménager les programmes, avec les IEJ et les missions handicap pour détecter des talents en situation de handicap.

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Stéphane Baller.

Stéphane Baller précise que "le programme a pour objectif d’identifier des « role model » (NDLR : modèle de référence) qui durant leurs stages comme dans leurs études montreront à quel point le monde du Droit peut apprendre du handicap et travailler avec des collaborateurs qui sont comme les autres.
Il faut donner la possibilité à l’écosystème du marché du droit d’accueillir ces personnes en situation de handicap. La filière droit ne doit plus se priver de ces jeunes talents du fait d’une absence de visibilité et d’accompagnement de ces derniers.
"


Il est heureux de constater que le monde du droit s’empare de la question du handicap en son sein et le fasse au grand jour, car bon nombre d’étudiants en droit, de juristes, notaires, avocats... ont eu à pâtir (et souffrent encore) d’enseignements, de locaux inadaptés voire inaccessibles à leur situation spécifique ; de camarades, de confrères, de collègues non sensibilisés à leur accueil dans un cadre professionnel. [2]

Stéphane Baller parle du projet ici (vidéo sous-titrée) :



Etudiants, facultés, cabinets, entreprises... si vous souhaitez prendre part au programme La filière droit à l’heure "H", contactez Stéphane Baller par mail : stephane.baller chez ey-avocats.com ou par téléphone : 01 55 61 13 19.

Marie Depay,
Rédaction du Village de la Justice.

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Notes :

[1Lien vers l’enquête réalisée par le Défenseur des Droits : https://www.defenseurdesdroits.fr/f....

[2Lisez à ce sujet le témoignage positif de Virginie Delalande, juriste, recueilli par la Rédaction du Village de la Justice.

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