Rédaction du Village de la Justice

 
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  • Parution : 19 novembre 2019

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Guide de lecture.
 

Lancement du 1er label d’engagement des professions du Droit en faveur de l’emploi des personnes en situation de handicap !

C’est dans l’air du temps et c’était nécessaire : l’association à but non lucratif Droit comme un H ! lance un label pour accompagner l’intégration des talents en situation de handicap dans les professions du droit, à commencer par les avocats et les directions juridiques. Le but ? Encourager les juristes qui s’engagent et veulent progresser dans leurs politiques de diversité et d’inclusion, mais aussi favoriser la parole chez les candidats.

Le regard de la société sur le handicap change peu à peu, et le monde de l’entreprise se convainc progressivement de l’importance de l’inclusion d’un point de vue sociétal, mais aussi de la valeur "ajoutée" que ces profils peuvent apporter dans l’entreprise (Voir à ce sujet notre article "Quand le handicap devient une valeur ajoutée pour l’entreprise.").

Selon l’enquête publiée par Droit comme un H ! en octobre 2019 sur la place du handicap dans les cabinets d’avocats, 70% des cabinets interrogés se disent prêts à investir pour faciliter l’insertion de ces jeunes différents et pensent qu’une aide ou un suivi spécifique des processus de recrutement permettrait de faciliter l’insertion pour accélérer leur démarche d’inclusion dans leur organisation.

De l’autre côté, chaque débat avec des candidats en situation de handicap dévoile une véritable difficulté à révéler son handicap tout au long du processus de recrutement, voire le souhait de le cacher pour l’évoquer le plus tard possible, voire jamais. Ce n’est donc pas simple que de créer une rencontre.
Stéphane Baller [1] nous confie que "nous avons observé que tout semblait être organisé dans l’éducation des personnes en situation de handicap pour tendre vers la « normalité » et « cacher » tout signe révélant une différence ; ainsi rares sont les étudiants qui constituent leur dossier de Reconnaissance de la Qualité de Travailleur en situation de Handicap – RQTH - ou Travailleur Indépendant en situation de handicap – TIH – et le précisent dans leur candidature de peur de la voir rejetée".

Le pari est donc de proposer aux candidats le signalement des employeurs qui leur permettront d’indiquer en toute confiance leur handicap pour recevoir le meilleur accueil et un suivi personnalisé [2]. Ainsi les conditions pourraient être mieux réunies pour créer "la rencontre" entre candidats et cabinets ou directions juridiques.

Un label a un autre avantage. Il permet d’encourager la progression des employeurs (il y aura 3 niveaux) qui souhaitent recruter et intégrer des personnes en situation de handicap sur une longue période (nécessité de sensibilisation et d’adaptation des employeurs oblige).

Enfin, le label permettra de formaliser des connaissances et de partager les meilleures pratiques des acteurs du droit engagés dans cette démarche. On est bien là dans un travail de fond et pas de surface.

En fonction du domaine d’exercice des professionnels, le label porte un nom distinct : "TousHanRobe" pour les avocats, "JuristeHentreprisE" pour les directions juridiques fiscales et sociales.

En pratique...

Les directions juridiques, fiscales, affaires sociales des entreprises, les cabinets ou les responsables de M2 contactent Droit comme un H ! pour prendre un rendez-vous pour un audit sur place à l’issu duquel sera décerné le label et son niveau.
L’audit dont le coût forfaitaire est fixé à 1.000€ hors taxes et débours est réalisé par les membres de l’association suivant des méthodes classiques d’interviews et de vérifications sur pièce couvrant les différentes phases de recrutement d’un candidat puis son suivi.
Il passe aussi par l’interview d’un échantillon représentatif de personnes en situation de handicap travaillant dans la structure si tel est le cas.

Le résultat de l’audit donne lieu à l’émission d’un rapport qui formalise les contrôles réalisés, les conclusions et le niveau de label atteint. L’organisation est alors répertoriée dans la base de suivi de Droit comme un H ! et mentionnée sur le site web de l’association [3] avec le niveau atteint et la date d’audit. Elle peut aussi utiliser son label dans ses opérations de communication pendant 2 ans.

"La première campagne d’audit permettra très certainement d’affiner le questionnaire avec toujours l’idée de pouvoir accompagner la progression des organisations" souligne Stéphane Baller.

Le Village de la Justice vous tiendra au courant de cette belle initiative vertueuse !

Les 3 niveaux de label – bronze / argent / or :
- Au premier niveau, la mobilisation minimum de l’organisation concernée en procédant à des achats éligibles aux dépenses AGEFIPH, en répondant au questionnaire annuel d’enquête adressé par Droit comme un H ! et en sensibilisant ses salariés et/ou ses collaborateurs et ses associés aux opportunités offertes par l’emploi de personnes en situation de handicap.
- Deuxième niveau : en plus des éléments du point 1, l’engagement affiché d’être ouvert au recrutement de personnes en situation de handicap et de systématiquement répondre à leurs demandes ; de recruter des stagiaires et des élèves avocats en situation de handicap de manière récurrente ; d’embaucher des personnels support en situation de handicap.
- Enfin le troisième niveau met en valeur les organisations qui ont mis en place un processus spécifique de recrutement pour les personnes en situation de handicap – externalisé ou interne – ont procédé au recrutement de collaborateurs en front en contact avec la clientèle en situation de handicap, leur garantissent les mêmes possibilités de progression de carrière et de rémunération, en adaptant les indicateurs de mesure de la performance et intègrent dans leur politique d’accompagnement celle les accidents de la vie de leurs collaborateurs.

Pour tout contact :
Droit comme un H ! - Association à but non lucratif
Contact stephane.baller.handicap chez gmail.com.

Notes :

[1Membre du conseil d’administration de l’association, présidée par Matthieu Juglar Avocat non voyant, ancien secrétaire de la conférence du stage. Le conseil d’administration est composé depuis aout 2019 par Alexia Rigaud, avocate, Charline Mainguet directrice juridique, Vincent Maurel Bâtonnier des Hauts de Seine et Stéphane Baller professeur associé d’économie à Paris 2.

[2Cette approche pourrait même être étendue aux formations universitaires de niveau M2 qui s’engagent à accueillir des étudiants en situation de handicap et en feraient la demande.

[3En cours de développement.

Rédaction du Village de la Justice

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