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"12 Jours", le film de la rencontre entre la Justice et la Psychiatrie.

Le film "12 jours", sorti le 29 novembre 2017, traite d’un sujet caché et méconnu du grand public celui de l’hospitalisation sous contrainte.
Depuis 2013, le juge des libertés et de la détention entend tout patient hospitalisé sans consentement pour valider ou non le programme de soin sans consentement mis en place et de veiller ainsi à ce que cette hospitalisation ne soit pas abusive.
Raymond Depardon avec l’habilité qui est la sienne s’empare de cette évolution législative pour en faire un film passionnant et profond.
Le réalisateur met ainsi en lumière la rencontre entre la Justice et la psychiatrie.
Le Village de la Justice soucieux de traiter de tous les visages de la Justice et de ses acteurs vous présente plus en détail ce film qui ne laissera personne indifférent.

Depuis la loi du 27 septembre 2013, dans le cas des patients hospitalisés sous contrainte, l’hôpital les ayant pris en charge a douze jours à compter de leur admission pour saisir le juge des libertés et de la détention afin que ce dernier valide ou non le programme de soin sans consentement mis en place.

Pour le film 12 jours, dont le titre a été choisi pour évoqué ce délai imparti pour la saisie du Juge des liberté et de la détention, Raymond Depardon et Claudine Nougaret placent leurs caméras dans la salle d’audience du Centre Hospitalier Le Vinatier, un des plus grand hôpital psychiatrique de France et précurseur dans l’application de la loi de 2013.

A l’initiative de ce film, deux personnes impliquées dans la mise en place de cette loi de 2013 : Natalie Giloux, Psychiatre et Chef de Service au Centre hospitalier Le Vinatier et Marion Primevert, Présidente de chambre du Tribunal de Grande Instance de Paris. Elles ont invité l’équipe de Raymond Depardon à porter un regard libre, honnête, juste et sensible sur ces audiences dans un hôpital psychiatrique en venant filmer les échanges entre le juge et le patient souffrant de maladie mentale et interné sans consentement.

12 Jours présente avec puissance et sensibilité dix des soixante-douze patients ainsi filmés ainsi que les quatre juges présidant les audiences.
Il en ressort des échanges émouvants, parfois déconcertant pour les Magistrats, mais toujours dignes. La parole des patients, même si elle est altérée par la maladie, n’est jamais totalement dénuée de sens.

Ces échanges rendus publics par la présence du Juge, sont primordiaux pour ces patients éprouvés par la maladie mentale et en souffrance, car ils leur donnent l’occasion de s’exprimer et d’être entendus sur leur perception de l’enfermement, sur leur avenir.

Nous pouvons remercier Raymond Depardon et Claudine Nougaret de nous donner à voir de façon libre cette image de la Justice "hors palais". D’une Justice qui donne la parole à des patients éprouvés par la maladie et qui tiennent à témoigner avec dignité de ce qu’ils vivent.
Ces audiences sont l’occasion d’entendre un dialogue entre le juge et le patient sur le sens des mots liberté et vie.

La bande-annonce ci-dessous donnera un juste aperçu de la force de ce film qui s’adresse à chacun d’entre-nous, en salle depuis le 29 novembre 2017. A voir absolument !

Marie Depay,
Rédaction du Village de la Justice.

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Vos commentaires

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  • Dernière réponse : 26 novembre 2017 à 10:45
    Le 23 novembre 2017 à 18:37 , par VALERIE
    Medecins et juges : parle t on le même langage ?

    Un ensemble de problématiques ignorées du grand public - par peur du "fou" ou présentation médiatique de faits divers épouvantables- qu’il me semble utile d’aborder sereinement ....
    L’expérience du Vinatier devrait être un témoignage très intéressant
    Également j espère que ce film rendra hommage aux personnels soignants qui sont dévoués en très grande majorité , et qui sont parfois maltraités et malaimés par les institutions administratives ( ARS.....) et leurs hiérarchie intermédiaire ( Directions ...) qui devraient mettre en cause leur process "qualité" et d’"optimisation" qui écartent les expériences réussies mais non standardisables des anciens ..
    j’irai bien sûr voir ce film

    • Le 26 novembre 2017 à 10:45 , par Catherine CARTON
      Formation des magistrats

      Ce film risque d’en interpeller plus d’un !
      Les magistrats sont-ils formés à la psychiatrie pour apprécier l’état psychique du patient ?
      Suite aux attentats qui ne cessent de déferler en France, nombre de victimes ont développé ou développeront un ESPT, état de stress post traumatique, référencé dans le DSM5. Confrontées au sentiment de mort imminente, ces victimes développent des troubles importants, allant parfois jusqu’aux pulsions suicidaires. Une longue hospitalisation est donc souvent nécessaire mais surtout il importe que la prise en charge soit effectuée par des personnels (psychiatres, psychologues, infirmiers) spécifiquement formés en psychotrauma. Trop peu de Centres de Psychotroma existent à ce jour en France, et placer une victime de psychotroma au sein d’un hôpital accueillant des pathologies lourdes et des personnes violentes et agressives serait néfaste à son état psychique, aggravant son état d’insécurité.

      Il serait donc utile que des formations en ESPT soit dispensées aux avocats et magistrats afin de leur éviter des "erreurs d’aiguillage".