[Réflexion] Médiation : mettre de l’ordre dans le désordre pour mieux débattre.

Ne craignons pas la confrontation qui est au cœur de la médiation. Un débat contenu par le médiateur conduit au dialogue et évite dégâts et faux débat.

Introduction de Françoise Housty, Présidente de Daccord-Médiation.
« Le débat dans tous ses états : facilitons le dialogue…. dans le désaccord » est le thème retenu pour cette saison 2022 de la Semaine de la Médiation.
D’actualités en questionnements ainsi va cette semaine pour Daccord-Médiation en tentant d’apporter par la légèreté ou par le fond, une réponse au miroir éternel du débat - dialogue.
Pour que nos dialogues ne soient plus de sourds et que nos pensées ne soient plus muettes.

Du « débat » au « dégât » le glissement vers cette dernière image renvoie à ce dont les personnes sont non seulement capables, mais également victimes, dans leur propre comportement de crises relationnelles, émotionnelles, contextuelles.

Le dégât de la parole de trop, le dégât du geste irrespectueux, le dégât de l’officialisation d’une situation entre des personnes arc-boutées dans des positions brandies sur toutes les scènes possibles, environnementales, sociétales, judiciaires…

Dans cette dernière enceinte, depuis des décennies, presque 30 ans, la médiation est entrée dans le langage mais est-elle vraiment entrée dans les mœurs pour « réparer les dégâts » ?

Il y a lieu d’en débattre encore…

Tout le monde débat dans les milieux juridiques des praticiens du droit, que ce soit dans des articles d’analyse des textes de lois, que ce soit en écritures ou en plaidoiries dans les prétoires, que ce soit dans les motivations des décisions des magistrats.

Le débat serait-il un État en lui-même ?

Le débat entraîne systématiquement des controverses, des contradictions, des conceptions opposées, voire des agressions.

La médiation apporterait-t-elle un regard ouvert à la notion de débat, expurgée de tout affrontement, sans qu’en soit exclut l’intensité des échanges ? et, dans ce cas par quelle logique spécifique, par quel comportement étrange a priori, le dialogue y serait-il différent ?

Au risque de se répéter, c’est que la médiation va influer sur l’écoute demandée de l’un à l’autre, dans la patience active des mots et des ressentis, sans perdre de vue tous les éléments concrets des difficultés exprimées ensemble, entre les personnes et devant le médiateur.

Au risque de banaliser, c’est qu’il va se débattre en médiation des options envisageables sans laisser se précipiter le dégât du refus immédiat de l’autre et de sa solution par cette récurrence : « On ne peut pas se parler ! »

L’espace va se remplir d’apparents monologues, prémices de dialogues lors du travail des personnes, se construisant peu à peu leurs variables adaptées, se responsabilisant, soutenues et encadrées par le médiateur pleinement consacré à leurs débats.

Peut-on imaginer et même constater bien souvent que les « désaccords » vont se transmuter en « des accords » ?

Le dialogue s’était enkysté, les dégâts avaient ouvert le conflit, le débat se croyait stérile.

« Et pourtant elle tourne » « Et pourtant ça marche » et à ce moment là le médiateur peut se croire tel un nouveau Galilée, sans être obligé de se dédire…

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