Par Laëtitia Le Metayer, Avocat.
 
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  • Parution : 5 décembre 2014

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Guide de lecture.
 

Méthode agile et projet informatique : ça fonctionne !

Traditionnellement, un projet informatique passe par la mise en œuvre de différentes étapes :
- l’analyse de l’existant, l’expression des besoins par le client et l’élaboration du cahier des charges et des spécifications fonctionnelles détaillées ;
- la conception et le développement de la solution ;
- l’intégration de la solution dans le système d’information du client ;
- la phase de recette ;
- (et quand tout fonctionne la formation et la maintenance de la solution).

Depuis plusieurs années, la gestion des projets informatiques repose sur la méthode agile. En substance, la méthode agile consiste en des méthodes de gestion et d’évolution de projet qui reposent sur le découpage du projet sous forme de sprint.

Cette méthode a aujourd’hui largement fait ses preuves et elle fonctionne dans de nombreux projets (création de site internet, développement d’une application, d’un logiciel spécifique ou d’une couche applicative supplémentaire, etc.).

Elle nécessite en revanche une adaptation / une révision des contrats informatiques qui dans la majorité des cas ne prennent pas en compte les effets engendrés par l’utilisation de cette méthode.

Nous vous proposons ci-dessous quelques éléments de réflexion sur lesquels nous sommes interrogés lors de la rédaction de contrat informatique (ou en cas de contentieux lorsqu’il est trop tard !)… et pour lesquels nous n’avons pas (encore) nécessairement les réponses (pas de décisions de justice définitives).

Par exemple, le devoir de collaboration du client évolue et se renforce puisque le client (même profane) intervient (nécessairement) à chaque itération dans l’expression et l’évolution de ses besoins et du produit.

Cela ne remet pour autant pas en cause le devoir de conseil du prestataire qui est (toujours) tenu de se renseigner à chaque sprint sur les besoins et les contraintes du client.

De même, la phase de recettage évolue par la mise en place d’une recette pour chaque livrable élaborés à l’occasion des itérations. Mais une recette des livrables par rapport à quel référentiel ? En effet, il n’existe a priori plus de cahier des charges de départ permettant de vérifier la conformité du livrable avec ce qui avait été prévu initialement.

L’utilisation de la méthode agile a également une incidence sur la forme du calendrier prévisionnel transmis au client. Le calendrier doit désormais s’appuyer sur les étapes de sprint et plus sur les étapes mentionnées plus haut (expression des besoins, phase de conception puis intégration…).

Enfin, la méthode agile a nécessairement un effet sur le prix du projet. Un prestataire peut-il toujours proposer un budget forfaitaire à un client ou doit-il proposer d’intervenir sous la forme d’une régie (avec le risque évidemment que le client refuse cette proposition) ? Le rédacteur du contrat devra être un peu plus imaginatif et proposer des solutions alternatives (un forfait par sprint et/ou par livrables par exemple).

En conclusion, la méthode agile est parfaitement compatible avec la réussite d’un projet informatique. Il suffit pour le client et le prestataire de réviser et personnaliser le contrat informatique qui les unit.

Laëtitia LE METAYER

Avocat, LAMON & Associés

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