Pour être éligible aux élections municipales, 5 critères cumulatifs sont à remplir :
1. Être âgé d’au moins 18 ans (article L. 228 du code électoral) ;
2. Être en règle au regard des obligations du service national (article L.45 du Code électoral) ;
3. Être de nationalité française ou ressortissant européen (article L228 et L.O. 228 du Code électoral) ;
4. Être candidat dans une seule circonscription électorale (article L22 du Code électoral) ;
5. Être électeur ou inscrit au rôle des contributions directes de la commune (article L228 du Code électoral).
Sur cette dernière condition, il y a lieu de relever :
• d’une part qu’elle ne pose que deux critères alternatifs (i) ;
• d’autre part, que la circonstance selon laquelle un électeur aurait présenté une fausse inscription au rôle des contributions directes est sans incidence sur son éligibilité (ii).
Ainsi, il est donc possible d’être élu municipal, voire maire, sans être contribuable de la commune.
(i) L’article L228 du Code électoral dispose que :
« Nul ne peut être élu conseiller municipal s’il n’est âgé de dix-huit ans révolus.
Sont éligibles au conseil municipal tous les électeurs de la commune et les citoyens inscrits au rôle des contributions directes ou justifiant qu’ils devaient y être inscrits au 1ᵉʳ janvier de l’année de l’élection. (…) ».
Deux catégories de groupe sont visées : les électeurs et les citoyens. Ainsi, cela implique nécessairement d’interpréter cette disposition comme conférant l’éligibilité soit aux électeurs de la commune soit aux citoyens inscrits au rôle des contributions directes.
La nation de citoyen étant plus large que celle d’électeur, si le législateur avait entendu instituer deux critères cumulatifs, il n’aurait pas distingué par l’emploi du terme « et », la qualité d’électeur et celle de citoyen.
La quatrième condition relative à la qualité d’électeur ou à l’inscription au rôle des contributions directes doit être entendue comme posant deux critères alternatifs.
Concrètement, il est donc possible pour un citoyen s’acquittant de contributions dans une commune, sans y avoir la qualité d’électeur, de pouvoir être éligible dans cette commune.
(ii) De même, il est parfaitement possible pour une personne ayant la qualité d’électeur d’une commune, sans être inscrit au rôle des contributions directes de pouvoir prétendre à l’éligibilité aux élections municipales.
Dans une décision du 7 janvier 2015, le Conseil d’État [1] a eu l’occasion d’indiquer que :
« 4. Dès lors que M. D. était électeur de la commune de Cazères, il était, en vertu des dispositions citées ci-dessus de l’article L. 228 du code électoral, éligible au conseil municipal. Par suite, la circonstance que M. D. aurait obtenu à la suite d’une manœuvre une attestation du directeur régional des finances publiques de Midi-Pyrénées selon laquelle il serait normalement inscrit au rôle des impôts directs locaux dans la commune à la date du 1ᵉʳ janvier 2014 est sans incidence sur son éligibilité »
Était en cause en l’espèce une personne qui avait, par fraude, obtenu du directeur régional des finances publiques une fausse attestation selon laquelle il était inscrit au rôle des impôts directs d’une commune.
Le Conseil d’État ayant relevé qu’il avait la qualité d’électeur de sa commune, en a déduit que l’attestation frauduleuse n’avait aucune incidence sur son éligibilité.
Si la qualité de contribuable peut être une des conditions pour être éligible, elle n’en est pas nécessaire pour autant.



Discussion en cours :
Bonjour,
Voici le cas d’une personne, non inscrite sur la liste électorale de la commune mais sur celle d’une commune voisine, membre d’une SCI inscrite au rôle de la taxe foncière de notre commune. Peut-il être candidat dans notre commune ? Si je comprends bien votre article, il semblerait que oui, à condition d’être le gérant de cette SCI. Est-ce correct ?