Simon Brenot,
Rédaction du Village de la Justice.

 
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  • 1re Parution: 13 octobre 2021

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Guide de lecture.
 

Baromètre France Tutelle 2021 : quels regards portent les Français sur la vulnérabilité et les outils juridiques pour y faire face ?

Le baromètre 2021 révélé le 6 octobre 2021 par l’association France Tutelle, en partenariat avec le groupe Covea, tente de répondre à une question : quelles sont les évolutions et les tendances post début de crise sanitaire que l’on peut noter concernant la connaissance et la prise en compte de la vulnérabilité et des outils juridiques pour y faire face ?
La Rédaction du Village de la Justice s’est penchée sur les résultats et vous en livre les principaux enseignements.

Le profil des répondants s’établit sur un échantillon de 1 005 personnes de 18 ans et plus, « représentatif de la population française » selon l’étude, puisque composée entre autres à 51% de femmes, d’un âge moyen de 47 ans, avec un ou plusieurs frères et sœurs pour 86 % d’entre eux, et ayant leurs deux parents en vie pour 49% d’entre eux.

Cette édition est une mise à jour deux après la précédente qui se penchait alors sur quatre axes :
- le degré de connaissance et d’information ;
- l’attitude face à la projection et l’anticipation ;
- les attentes des aidants familiaux ;
- le vécu et les besoins des tuteurs familiaux.

Le baromètre 2021 reprend ces quatre axes.

I. Une prise de conscience de la vulnérabilité encore faible.

31 % des Français interrogés affirment se sentir concernés par la vulnérabilité (26 % des Français en 2019). A l’inverse, le pourcentage de personnes ne se sentant pas concernées baisse : 34 % en 2019 contre 30 % en 2021.

Près d’un Français sur deux (45 %) a vu sa perception de la vulnérabilité changer depuis la crise sanitaire : 15 % des personnes interrogées affirment avoir été concernées directement (soi-même ou via un proche) et 30 % disent avoir pris conscience de l’existence potentielle de situations de vulnérabilité et de leurs conséquences suite à la crise.

Pour ces personnes, dans le cas où elles n’auraient pas encore anticipé, la première motivation à le faire pour soi (pour 62 % d’entre eux) est de ne pas être une contrainte pour ses proches.
Du côté des proches, la première raison (à 77 %) expliquant l’anticipation de la vulnérabilité/perte d’autonomie est de faciliter la vie au quotidien de la personne touchée.
Un constat qui est souvent motivé par des émotions, des angoisses que ce soit pour soi ou pour ses proches, que la période d’incertitudes qui a suivi le début de la crise sanitaire a révélé.
Le baromètre retranscrit ce constat avec des émotions majoritairement négatives chez les personnes qui se sentent concernées pour soi par la vulnérabilité et à qui l’étude a demandé de se projeter dans cette situation à titre personnel (50 %) ou pour un proche (58 %). L’empathie s’illustre bien dans cette différence de 8 points.

Néanmoins il demeure une difficulté à se projeter pour un certain nombre de répondants. Par refus de voir la réalité en face, ou pour d’autres raisons, ils sont 29 % (pour soi) et 18 % (pour les autres) à ne pas arriver ou ne pas souhaiter se projeter. Des chiffres plutôt élevés considérant les enjeux.

II. La nécessité d’améliorer la connaissance des outils juridiques.

La prise en compte de la vulnérabilité passe également par une meilleure connaissance des outils juridiques existants pour y faire face.
De ce côté, la tutelle reste le dispositif juridique le plus connu (82 %). Néanmoins, la procuration et la personne de confiance rattrapent leur retard avec une nette progression : 73 % pour la procuration (+ 13 points) et 50 % (+ 12 points).

En queue de peloton, la sauvegarde de justice, les directives anticipées, l’habilitation familiale, l’habilitation judiciaire et le mandat de protection future restent des dispositifs juridiques peu connus.

Du côté des personnes, essentiellement proches aidants ici, aidant les personnes vulnérables, la loi du 23 mai 2019 visant à améliorer la reconnaissance des proches aidants ouvre à ceux-ci, salariés du privé ou du public, des droits sociaux supplémentaires pour leur permettre de concilier leur vie professionnelle et leur vie personnelle par l’aménagement d’un congé et sur le plan médical par l’accès du proche aidant au dossier médical partagé. [1]

Le baromètre indique une nette progression concernant la connaissance de ce statut d’aidant familial depuis 2019 : 77 % des aidants interrogés en 2021 déclarent savoir ou avoir entendu parler de la possibilité de bénéficier de ce statut. Par ailleurs, ils étaient 17 % à savoir pouvoir en bénéficier en 2019 et ils sont désormais 53 % en 2021.

Retrouvez le baromètre complet ici.

Simon Brenot,
Rédaction du Village de la Justice.

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