Village de la justice
Mes comptes Mes comptes
Mes comptes
  • Mes comptes Mes comptes Mon compte MEMBRE
    (Auteur et Forum)
  • Mes comptes Mes comptes Mon compte EMPLOI
    (Recruteur ou Candidat)
2
2
Publicité

Le départ d’un parent en France avec les enfants à l’insu ou contre le gré de l’autre parent.

Par Joana Silveira, Avocat.

2096 lectures 1re parution: 5  /5

Explorer : # garde alternée # autorité parentale # intérêt de l'enfant # résidence de l'enfant

Quelles conséquences pour le départ d’un parent en éloignement aux droits parentaux de l’autre parent ?

-

Je suis souvent consultée sur cette problématique.

Typiquement, la question que les clients me posent est la suivante :

"Maître, avec mon ex, nous avions mis en place un accord pour la "garde alternée" des enfants. Sans me prévenir et sans mon accord, elle est partie avec les enfants, puis elle m’a indiqué qu’elle voulait se rapprocher de sa mère. Or, elle s’est installée à 450 km de chez moi, je ne pourrai pas voir les enfants aussi fréquemment qu’avant et j’aimerais qu’ils résident avec moi. Elle ne me laisse plus voir mes enfants depuis qu’elle a su que je refaisais ma vie. Est-ce que le juge peut décider que les enfants vont vivre avec moi, malgré tout ?"

En effet, sachez que le juge peut décider que les enfants auront leur résidence fixée chez le père, par exemple, en cas de déplacement des enfants contre le gré de l’autre parent. Il s’agit d’un éloignement en fraude aux droits parentaux.

Il y a une certaine tendance jurisprudentielle dans ce sens, surtout quand le juge conclut que la capacité d’un parent à respecter les droits de l’autre parent, critère essentiel pour la fixation de la résidence de l’enfant, n’est pas avérée ou est insuffisamment démontrée.

Il est donc vrai qu’un parent "défaillant" se verra souvent sanctionné par le juge aux affaires familiales. Cette sanction peut signifier, par exemple, la fixation de la résidence des enfants chez le parent délaissé.

C’est ainsi que La Cour de Cassation a déjà pu décider, par exemple, que :

« tout changement de résidence de l’un des parents, dès lors qu’il modifie les modalités d’exercice de l’autorité parentale, doit faire l’objet d’une information préalable et en temps utile, de l’autre parent ; en cas de désaccord, le parent le plus diligent saisit le juge aux affaires familiales qui statue selon ce qu’exige l’intérêt de l’enfant ; il résulte de l’article 373-2-11 (c. civ.) que, lorsqu’il se prononce sur les modalités d’autorité parentale, le juge prend en considération notamment l’aptitude de chacun des parents à assumer ses devoirs et respecter les droits de l’autre ; l’intérêt de l’enfant commande que soient maintenus les liens avec ses deux parents » [1].

La Cour d’appel de Paris a aussi pu décider que : "les motivations personnelles à la base d’un éloignement, comme vouloir se rapprocher de sa famille, ne constituent pas un motif valable pour modifier les relations d’un enfant avec l’autre parent." [2].

Notez néanmoins que la décision du juge aux affaires familiales (JAF) est toujours motivée par l’intérêt de l’enfant, en prenant en compte son équilibre, son bon développement, sa stabilité, ses habitudes et son style de vie.

Cet éloignement de l’enfant en fraude aux droits parentaux n’est donc qu’un critère parmi d’autres pour la prise de décision du juge saisi de votre demande.

Rien n’est garanti et, bien sûr, le droit n’est pas une science exacte !

Aucun cas n’est identique à l’autre.

De plus, la jurisprudence et les lois évoluent tous les jours.

Joana Silveira
Avocat au Barreau de Versailles
https://www.silveira-avocat.com/

Bienvenue sur le village de la justice

Interagir avec l'auteur !

Vous pouvez envoyer une demande personnalisée privée à l'auteur, si ce bouton apparaît :

Recommandez-vous cet article ?

Donnez une note de 1 à 5 à cet article :
L’avez-vous apprécié ?

2 votes

L'auteur déclare ne pas avoir utilisé l'IA générative pour la rédaction de cet article.

Cet article est protégé par les droits d'auteur pour toute réutilisation ou diffusion (plus d'infos dans nos mentions légales).

Notes de l'article:

[1] Cour de cassation - Première chambre civile - 29 novembre 2017 - n° 17-24.015.

[2] Cour d’Appel de Paris Pôle 03 ch. 02, 29 septembre 2015, n° 15/14482.

"Ce que vous allez lire ici". La présentation de cet article et seulement celle-ci a été générée automatiquement par l'intelligence artificielle du Village de la Justice. Elle n'engage pas l'auteur et n'a vocation qu'à présenter les grandes lignes de l'article pour une meilleure appréhension de l'article par les lecteurs. Elle ne dispense pas d'une lecture complète.

A lire aussi :

>
Village de la justice et du Droit

Bienvenue sur le Village de la Justice.

Le 1er site de la communauté du droit: Avocats, juristes, fiscalistes, notaires, commissaires de Justice, magistrats, RH, paralegals, RH, étudiants... y trouvent services, informations, contacts et peuvent échanger et recruter. *

Aujourd'hui: 158 452 membres, 32239 articles, 127 430 messages sur les forums, 1 840 annonces d'emploi et stage... et 1 000 000 visites du site par mois en moyenne. *


FOCUS SUR...

• [Semaine de la médiation] Le mot du parrain 2026, Fabrice Vert, pour les lecteurs du Village de la justice.

• Transformons le droit ! Le nouveau concours de posters du Congrès Transfodroit.





LES HABITANTS

Membres

PROFESSIONNELS DU DROIT

Solutions

Formateurs