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Traducteurs assermentés, accrédités ou linguistes, que choisir ?

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Avec le phénomène de mondialisation, le métier de traducteur connait depuis plusieurs années une croissance non négligeable. Les échanges et interdépendances économiques, culturels, politiques ainsi que les intéractions humaines amènent de plus en plus les individus à être confrontés à au moins deux langues. Que se soit sur un plan professionnel ou personnel, un traducteur (voire un interprète pour une communication orale) peut être sollicité en raison de sa connaissance approfondie d’au moins deux langues.

Dernière mise à jour : 8 juillet 2015

Etre traducteur ne s’improvise pas. Car un bon linguiste n’est pas forcément un bon traducteur voire un bon interprète (comme un interprète n’est pas nécessairement un bon traducteur et réciproquement). Encore faut-il maîtriser le domaine faisant l’objet d’une traduction.

Il faut rappeler que la traduction se spécialise de plus en plus que ce soit sur le plan juridique, économique, politique, médical, littéraire, informatique, scientifique... Et chaque domaine comprend lui-même des sous-sections requérant des traducteurs encore plus spécialisés (ex : l’économie avec sa sous-section sur les “joint-ventures” ; le droit et sa sous-section sur le droit européen, etc). En effet, de nos jours, de plus en plus de documents soumis aux traducteurs correspondent à des domaines spécialisés notamment sur le plan juridique. Toutefois, lorsqu’il est fait appel à un traducteur, une question persiste : A quelle catégorie de traducteurs s’adresser ?

Dans un premier temps, il faut s’interroger sur le caractère officiel ou non du document à traduire. Si le document doit revêtir un caractère officiel, que ce soit envers un particulier ou un professionnel, il sera nécessaire de faire appel à un traducteur assermenté (nommé aussi traducteur agréé ou traducteur expert près d’une Cour d’appel ou près de la Cour de cassation). Les traducteurs assermentés sont accrédités par les juridictions françaises (de premier ou second degré - c’est-à-dire les Tribunaux ou les Cours d’appel - voire la juridiction suprême - la Cour de cassation). Ils sont dits “assermentés” car ont prêté serment devant la Cour d’appel ou le TGI de leur lieu de résidence. Ces traducteurs réalisent des traductions dites certifiées conformes à l’original (ou conformes à des copies certifiées conformes à l’original) revêtant un caractère légal. Ce sont les traductions qui sont qualifiées de certifées et non le traducteur.

Les documents nécessitant d’être certifiés conformes sont généralement et obligatoirement des documents demandés par un organisme officiel national ou étranger. Les extraits du livret de famille, les certificats de mariage/ de divorce/ de naissance/ de décès, les actes notariés tels un acte de vente ou d’achat d’immobilier, les permis de construire, les décisions judiciaires, etc sont des documents faisant l’objet de certifiés conformes. Les diplômes et relevés de notes, les passeports, etc sont aussi des documents pouvant faire l’objet de certifiés conformes notamment lorsqu’une personne souhaite, par exemple, faire des études ou s’installer à l’étranger.

De plus en plus de professionnels recourrent également à des traductions assermentées sur des documents tels que les contrats, des minutes d’assemblées générales, des retranscriptions d’entretiens, etc. Cette demande de traductions assermentées n’est pas obligatoire mais est toutefois sollicitée par les professionnels eux-mêmes pour donner à leurs documents une véritable authentification.

Il faut préciser que le système de traduction assermentée tient compte du système juridique dans lequel la traduction assermentée est demandée. En effet, la France comme la majorité des pays européens (Allemagne, Espagne, Belgique, Luxembourg, Pologne, etc) et des pays d’Amérique latine (Vénézuela, Argentine, Brésil, etc) ont adopté le système de traducteurs assermentés où ces derniers sont homologués soit par les juridictions ou soit par le Ministère de la Justice. Cette pratique permet alors de bien distinguer les traducteurs experts (ou traducteurs assermentés) des autres traducteurs.

Les pays anglo-saxons tels le Royaume Uni, les Etats-Unis, le Canada, l’Australie, la Nouvelle Zélande et la plupart des pays du Commonwealth pratiquent un système différent. En effet, tout traducteur accrédité par une association de traducteurs (ex : ITI, Chartered Institute of Linguists, NAATI, NZSTI, ATA, etc) et ayant une qualification universitaire (optionnel) et/ou une expérience professionnelle peut effectuer une traduction tant pour un particulier qu’un professionnel. Cette traduction devra ensuite être revêtue du tampon et signature d’un “solicitor”, un “barrister” ou un “notary” pour être reconnue comme certifiée conforme. Il n’existe donc pas de système de traducteurs experts (ou traducteurs assermentés) tel que connu en France, la majorité des pays européens et d’Amérique latine.

Ce point est particulièrement important à retenir pour les particuliers ou professionnels qui solliciteraient des traductions dans un de ces pays anglo-saxons.

Pour toutes les traductions non officielles, soit un traducteur agréé soit un excellent linguiste (ex : bilingue) peut assurer les traductions de ces documents. Il faut donc bien distinguer entre un traducteur dit assermenté et un traducteur dit accrédité. Comme dit précédemment, le traducteur assermenté (nommé aussi traducteur expert ou traducteur agrée) est homologué par les juridictions de premier ou second degré en prêtant serment devant le TGI ou la Cour d’appel de son lieu de résidence. Il propose des traductions officielles ayant une valeur légale. Alors qu’un traducteur accrédité est un traducteur reconnu par une association de traducteurs (ex : SFT, ATLF, ITI, etc) ayant soit une qualification universitaire (diplôme de traducteur, diplôme de langues étrangères, diplôme littéraire) soit de l’expérience professionnelle voire les deux, et proposant des traductions non officielles.

Les traductions non officielles peuvent être des traductions de sites internet ou de blogs, de brochures, d’articles pour des revues diverses, etc.

Il faut savoir enfin que de nombreux linguistes proposent des services de traduction non officielle. Si certains se révèlent de bons traducteurs, cela n’est pas une généralité. Et de nombreuses agences de traductions et de professionnels demandent de plus en plus que le traducteur soit pourvu d’une qualification universitaire et d’expérience professionnelle. L’accréditation auprès d’une association est un plus non négligeable car les associations requièrent des candidats la preuve de diplômes et/ou d’expérience professionnelle (au moins 5 ans), et de lettres de recommandation avant d’octroyer la qualité de membre. Un nombre croissant d’agences n’hésitent pas à faire passer des tests pour s’assurer de la fiabilité des traducteurs qui voudraient leur offrir leurs services.

Les offres de traduction par les agences ou les clients sont très attentifs à l’aptitude du traducteur ou du linguiste à travailler sur une terminologie spécialisée (ex : terminologie sur le pétrole et le gaz ; terminologie de la finance, etc). Car la mauvaise maîtrise du vocabulaire spécifique peut conduire à des contre-sens fâcheux. En matière de traduction juridique, l’aptitude est encore plus exigée en ce que le traducteur doit parfaitement connaître le système juridique des pays qui sont en jeu dans la traduction. C’est-à-dire le pays de la langue source ainsi que le pays de la langue cible. A titre d’exemple, la traduction d’un bail de location oblige à bien différencier le système des baux entre le pays de la langue source (ex : anglais) et celle de la langue cible (français). Il en va de même en matière de documents d’assurance.

Si souvent les mauvaises traductions aboutissent à un non-renouvellement de confiance envers le traducteur, les assignations judiciaires restent possibles (notamment lorsque le document à traduire est un contrat). Le métier de traducteur ne s’improvise donc pas. Au contraire, il requiert beaucoup de mâturité et de spécialisation.

Qu’ils soient assermentés, accrédités ou linguistes, les traducteurs peuvent exercer soit en libéral (ce sont des traducteurs dits indépendants ou “freelance”) soit en tant que salarié d’entreprises ou d’organismes officiels. Il est aussi possible que le traducteur ait un double emploi en étant à la fois libéral en matière de traduction et salarié d’une entreprise sur un poste autre que traducteur.

Pour trouver un traducteur, les potentiels clients pourront, selon leur besoin (document officiel ou non), faire référence soit aux listes d’experts d’une Cour d’appel ou de la Cour de cassation (pour les traducteurs assermentés), soit aux listes de traducteurs sur le site des ambassades/ consulats et chambres de commerce et d’industrie (pour les traducteurs assermentés et accrédités), soit les sites d’associations de traducteurs (traducteurs accrédités) soit des sites et forums dédiés aux traducteurs et linguistes (traducteurs accrédités et linguistes).

Audrey LAUR

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