Par Christophe Cariou-Martin, Avocat.
 
  • 342 lectures
  • Parution : 16 mai
  • 5  /5
 

Que donnera l’avocature sur brûlis ?

Etre Avocat aujourd’hui c’est le devoir de s’interroger, questionner nos valeurs, croyances et notre métier pour construire une intention fertile de nouveaux développements et rester maître de notre transformation. C’est appeler à une vigilance quant à la santé psychologique de la profession. Cet article est le recueil d’échanges de pensées avec Sandrine Proust, psychologue clinicienne, en charge de la qualité de vie à l’Hôpital Gustave Roussy sur les métiers de la Santé et de la Justice qui ont notamment pour missions parallèles de sauver, guérir et réparer.

11 mai 2020, quelque part sur les territoires verts de la France, un jour capital et sensible dans une période qui peut être objectivement difficile et générer en beaucoup de confrères une sensation désagréable d’ :
Être sans ressources : "redémarrer est possible mais je ne me sens pas capable ..."
Être sans espoir : "l’objectif est aujourd’hui totalement inaccessible, quelles que soient mes capacités je n’y arriverai pas…"
Être sans valeur : "Je ne mérite pas cela, je ne suis pas à ma place, je n’ai pas le droit de, je n’ai rien fait pour …"

Ces expressions illustrent alors une perception négative du présent et de l’avenir de l’exercice de notre métier d’Avocat, bien aidée à s’installer par des mois de grèves, des semaines d’abstinence, les blessures des égos par différents ministères, un droit en état d’urgence et une solitude accrue face au défi financier personnel et collectif.

Certes nos ordres et organisations professionnelles (nationales, syndicales, associatives...) ont organisé les premiers secours, les mesures de soutien et défendent notre pré-carré sur tous les fronts et départs de feu.

Mais les fumées toxiques de ces brasiers ont pu contraindre certains à s’accrocher aux branches en montant un temps pour chercher de l’air, et maintenant, à regarder leurs pieds plutôt que l’horizon, ajoutant au vide un sentiment de vertige.

L’avocature n’est donc pas forcément optimiste en ces premiers jours de retour sur une zone de catastrophes successives, et le moral peut-être proche de celui d’un Koala revenant sur son territoire après des mois d’incendie vécus perché sur une cime.

Il s’agit donc de santé psychologique.

Mais le métier d’Avocat est en vie, et son essence pourrait même s’épanouir dans ces temps.

Nourrie depuis toujours du traitement des difficultés des autres et d’adversité sans laquelle la défense n’a de sens, notre identité pourrait ainsi cultiver de nouvelles ressources sur ces brûlis.

La culture sur brûlis profite opportunément du déplacement d’éléments nécessaires à la croissance, et ce transfert dit de fertilité peut provenir d’une ressource externe favorable au développement de l’espèce, ce qui ne semble pas être d’actualité, ou d’une ressource interne qui paraît être notre seule option.

Seul préalable obligatoire donc, que l’Avocat s’occupe aujourd’hui d’abord de lui comme il s’occuperait de l’autre, de manière endogène fier de rechercher et défendre enfin ses propres intérêts, qu’il n’attende plus que les changements positifs viennent de l’extérieur mais qu’il soit dorénavant prêt à toutes les transformations internes nécessaires.

Avec Sandrine Proust, psychologue clinicienne, en charge de la qualité de vie au travail au sein de l’hôpital Gustave Roussy, nous avons créé #covidetatete #covidetonsac, une lettre hebdomadaire éphémère destinée à son établissement, aux clients du mouvement Further Legal Coaching et à tous ceux qui la lisent. Pendant 8 semaines, nous avons échangé au sujet des émotions liées au Covid mais également à propos de la proximité des métiers de la santé et de la justice qui ont pour mission de "sauver", de "guérir", de "réparer".

Les énergies coordonnées dans la lettre hebdomadaire éphémère sont aujourd’hui redirigées vers de nouveaux projets mais il me semblait opportun de présenter une dernière fois, et de manière unique, les différents points de développements personnels à engager en toute conscience.

Un temps de respiration face au stress chronique.

Les craintes et les questions sur l’avenir peuvent donc nous tenir éveillés la nuit, nous occuper pour le présent pendant toute la journée de travail et freiner voire bloquer le développement des stratégies d’adaptation dites « coping ». Mais une surexposition à l’inquiétude peut contribuer à augmenter nos réactions de stress chronique, d’anxiété ou de déprime et affecter notre motivation et notre énergie pour prendre soin de nous. Cercle vicieux donc...

Rappelons-nous alors que la peur, le stress chronique et l’anxiété sont des états normaux de notre comportement face à un danger, à l’inconnu et à l’incertitude. Inutile donc de s’inquiéter que ces émotions, ces sentiments nous traversent dans un premier temps. Acceptons-les.

Ces états ou émotions peuvent également être utiles car ils sont une réponse naturelle à ce qui se passe dans notre environnement. Beaucoup d’entre nous se nourrissent de ces sentiments dans leurs dossiers et y trouvent des postures de travail ou de plaidoiries...

La clé est pour donc nous, comme lorsqu’il s’agit de nos clients, de canaliser ces émotions pour nous aider à agir de manière appropriée, plutôt que de rester coincé dans des cycles de rumination mentale.

Nous devons donc parvenir à une mesure de paix et de qualité de vie dans les semaines et les mois à venir, et pour cela, commencer par agir sur ce qui dépend de nous, individuellement, puis au niveau du cabinet, puis selon nos cercles de solidarités professionnelles.

Pour la plupart, nous possédons les ressources et les facultés pour nous adapter à ce type de situation mais parfois il est bon d’en parler. Il est important de prendre soin de notre énergie et de rester vigilants sur nos évolutions et sur celles de nos proches salariés, collaborateurs et associés sur le plan physique, moral et comportemental.

Un temps de discussion et d’écoute reste le meilleur moyen de partager ses pensées, sortir nos émotions, les mettre à jour, les envisager sous toutes leurs formes…

Profiter de nos facultés professionnelles de résilience.

Après la remise en cause de ma retraite, la grève, une pandémie et un état d’urgence de mes règles et procédures, je ne serai plus jamais la ou le même. Heureusement j’ai développé de nouvelles aptitudes que je suis capable d’intégrer à ma vie. Il faut me servir de l’expérience de cette année pour changer et mieux évoluer face aux aléas que notre métier réserve.

Bien souvent le rythme de notre activité ne nous permet que trop peu de parenthèses de récupération, qui sont immédiatement d’intenses moments d’autre chose mais toujours soumis au yoyo émotionnel. La parenthèse offerte par une pandémie a pu apporter un peu plus d’angoisse sur le seuil de la fatigue professionnelle. La résilience serait « l’art de naviguer dans les torrents » selon Boris Cyrulnik, psychiatre. Elle tient aussi à la faculté de récupérer face aux évènements, et non pas seulement à les endurer.

C’est alors un défi à la fois personnel et organisationnel qui se profile pour l’avenir.

Il faut avertir les cabinets que le timing de récupération est individuel et qu’il ne peut être forcé pour les salariés, collaborateurs ou associés sauf à risquer une aggravation du stress en plein Covid, post grève, et contemporaine à une reprise reprise qui ne se fera pas du jour au lendemain pour beaucoup.

Comment penser alors aujourd’hui aux moyens de tirer demain les bénéfices d’une « croissance post-traumatique » sur les attitudes et modes de vie de chacun et dans nos organisations ? Qu’est ce qui a fonctionné pendant ces moments ? Comment tirerez vous les leçons de cet aléa ? Quel sera l’impact de votre feed back sur vous ? Sur les autres ? Comment le ferez et le recevrez vous ? Quels seront les éléments qui vous permettrons de vous transcender ? Et après …

Le changement accepté.

Ces 12 derniers mois ont entraîné des bouleversements sociétaux inédits, majeurs à l’échelle de notre corporation et particulièrement radicaux, entraînant des doutes pour tous et une option de renoncement pour près de 28.000 d’entre nous selon rapport de sondage.

Mais ce serait tronquer la vérité de n’envisager le malaise actuel que d’un point de vue structurel et financier.

Apparentés à des changements de « type 2 » selon l’approche systémique (Paul Watzlawick), ils se caractérisent par une modification du système et une transformation des règles qui le régissent.
Cette mutation des règles d’un système humain engage une reconstruction de la réalité, un changement de ses fondamentaux ou des certitudes ancrées.

Ce changement porte sur les perceptions de la situation, sur les émotions ressenties et sur les attitudes mentales. La mise en œuvre d’un tel type de changement implique donc un processus d’apprentissage pour s’adapter, voire survivre.

L’apprentissage est multiple et personnel, conscient ou/et inconscient, de nature cognitive, émotionnelle, comportementale ou/et technique et il produira en retour et par ruissellement un changement à chaque étage du système (avocat, cabinet, ordre, justice, état de droit, démocratie).

Mais tout changement signifie la perte, la fin de quelque chose. C’est donc en toute logique qu’une phase de deuil apparaît à ce moment-là. Ce processus immuable est un passage obligé pour espérer vivre sereinement l’avenir. Proche de la courbe du deuil d’Elisabeth Kübler-Ross, la trajectoire de cet apprentissage pour la profession devrait donc suivre deux grandes phases.

Une phase descendante déjà entamée puis une phase de croissance orientée vers le futur selon les conditions d’émergence de notre résilience, la vision de notre mission, de nos objectifs, nos moyens et nos ressources.

Bonne nouvelle donc, puisque chaque Avocat détient naturellement déjà une réserve de résilience ! Comment se relever sinon après un mauvais délibéré, la perte d’un client, un échec de nos écritures à convaincre, le départ du meilleur collaborateur avec un pan de sa clientèle, etc...

S’armer de nouvelles ressources, accroître ses facultés d’adaptation, développer son assertivité et sa ténacité, est donc possible à condition de mobiliser des éléments clés comme votre capacité d’adaptation, votre optimisme, votre bienveillance envers vous et de procéder à un questionnement personnel.

Suis-je capable de transformer ma perception d’une difficulté en un défi ? De quelles ressources ai-je besoin pour surmonter la période ? Sur quelles valeurs personnelles vais-je m’appuyer ? Comment vais-je mobiliser ces ressources ? Qui peut m’aider ? Comment vais-je préserver mon énergie pour la concentrer sur ce qui dépend de moi ? Suis-je en accord avec mes émotions ? Ce cheminement est-il aligné avec ce que je suis ?

Notre lettre éphémère avait alors accueilli la pensée d’Eric Blondeau, expert en mécanismes comportementaux appliqués à la prise de décision, qui pourrait ainsi être adaptée à la situation de notre métier.

Notre cerveau ne nous a pas été donné pour penser mais pour agir, comment cette dernière année va t’elle impacter nos actions et, avant elles, nos capacités à faire des choix ?

Depuis notre âge le plus tendre, le cerveau nous aide à arbitrer, à choisir, à décider pour nous adapter à notre environnement. Toutes les options qui s’offrent à nous sont logées dans nos mémoires, le cerveau nous programme de manière égocentrée à l’action qui s’en suit. C’est son job.

Jusqu’à il y a quelques mois, nous avions une opinion très arrêtée sur ce qui devait et/ou pourrait nous arriver pour le pire comme pour meilleur.

Nous avions presque tout prévu, tout imaginé. Notre retraite et son système autonome et indépendant était l’illustration même que notre développement professionnel était immuable jusqu’à l’obtention de notre bon de sortie, les affaires criminelles étaient toujours la question du peuple et nous avions un contact humain avec nos clients et collaborateurs.

Terminée cette belle illusion de contrôle ou tentative de contrôle de notre trajectoire.

Grève, puis Pandémie, Etat d’urgence, et peut-être à nouveau grève, Mon normal, Mon bizarre, Mon d’habitude, Mes routines, Mes contrats avec les autres sont partis avec Mes illusions.

Nous allons vivre une période inédite touchant ainsi le culturel, le sociétal, le sanitaire, le rapport à l’institution, et le financier et devoir faire des choix, de nouveaux choix, dans un monde inconnu, incertain, totalement irrationnel et complexe.

Quelle va être notre intention ?

L’étymologie latine de l’intention est éclairante : intentio signifie « action de se diriger vers ». Mais vers quoi maintenant ? L’intention est une projection de mon mental. Mais pour se réaliser, une projection doit trouver un support, et le support conditionnera la projection. Sur quoi nous appuyer avant de diriger notre intention ?

Nos émotions sont un formidable indicateur.

Ce système d’alarme interne protège notre territoire perçu d’un monde devenu hostile. Écouter nos émotions, c’est résonner / raisonner avec ce nouveau métier où nous allons concrètement passer nos prochaines années.

Alors sur quelle émotion allez-vous vous appuyer pour actionner votre intentio ? Que vous permet-elle de créer pour vous, pour votre cabinet, pour les justiciables, pour notre profession et les autres professionnels de la justice ? Comment mettre à jour votre grille de perception/réalité pour éviter de douloureuses attentes ? Comment développer cette nécessaire résilience pour sortir de cette ornière ? Que sont devenues vos valeurs ? Qu’est-ce qui est obsolète / pertinent ? Que feriez-vous de votre activité, de votre ambition si vous n’aviez pas peur ?

Aujourd’hui, soyons francs, la peur dirige tous les choix.

Avertis des croyances et biais cognitifs...

Notre connaissance est parfois insuffisante pour expliquer ce qui nous entoure et à plus forte raison dans un contexte où nos habitudes, nos certitudes et nos repères, sont soudainement bousculés.
Parce que notre cerveau déteste le vide, nous éprouvons alors un irrépressible besoin de les compléter, de les systématiser et finalement d’en dire et d’en croire plus que nous en savons.

Nous sommes alors capables de donner un fondement objectif à nos croyances. C’est ce que les sociologues nomment la « rationalité subjective ».

Nous avons même tendance à tenir pour évident ce que nous croyons vrai au point que nous n’y pensons plus.

Plus fort encore, nos croyances ne sauraient toutes être personnelles, gratuites ou arbitraires puisque beaucoup sont inventées, crédibles et valables collectivement. Nos croyances nous paraissent naturelles, universelles ou, a minima, partagées par les personnes de « bon sens » mais elles ne sont qu’un artifice. Allez donc demander à chacun sa définition de la justice, s’il croit en une seule vérité, ou ce qu’il comprend de son serment...

Notre système de pensées, de croyances est donc la base de notre vision du monde. Il détermine le sens que nous donnons à ce qui est vrai ou important. Il faut donc distinguer le réel de la croyance.
Les croyances ont une réalité psychologique mais pas nécessairement de réalité logique.

Un système de croyances ne se construit pas sur les bases de la logique mais sur celles de l’expérience, de ce dont nous héritons (éducation, culture, histoire…). Pire, nous ne sommes pas conscients de certaines de nos croyances qui fonctionnement alors comme autant de postulats implicites à partir desquels nous agissons.

Les croyances qui influent le plus sur un individu sont celles qui ont trait à :
Son identité : ce qu’il est ;
Ses capacités : ce qu’il est capable d’accomplir.

La répétition des atteintes à notre champ d’action par les pouvoirs publics ou même d’autres métiers plus avides et déjà transformés, puis par la pandémie, et l’inflation législative et réglementaire ont aujourd’hui un impact cumulé.

Cet impact est suffisamment fort pour que certaines identités comme "Avocat" soient mises en doute pour des centaines de nos pairs, ou que des capacités de faire perdurer son activité soient en cause pour des milliers d’entre nous.

Et nous savons, qu’une fois que nous avons adopté une croyance, nous avons tendance à perpétuer celle-ci en filtrant ou à déformer ce qui ne concorde pas avec.

Nous maintenons ainsi la cohérence de notre vision du monde, préservons notre propre modèle, notre équilibre et anticipons un événement qui ne se révélera peut-être jamais.

Une croyance peut être aidante ou limitante. Une croyance aidante est une ressource. Une croyance limitante est un frein.

A nous de jouer...

Travailler sur nos croyances personnelles et collectives, débusquer les biais qui nous limitent en tant qu’Avocat ou que profession indépendante et libérale, c’est déjà creuser un sillon sur les brûlis encore fumants.

C’est ainsi avoir une vision cohérente et aidante, c’est se donner les moyens d’apprendre à penser et à faire autrement pour notre métier. C’est un apprentissage propice à créer un cercle vertueux de mieux-être, avec nos ordres et nos organisations professionnelles. C’est ouvrir le champ des possibles…

...11 mai 2020, quelque part sur les territoires verts de la France, un jour capital et sensible dans une période qui peut être objectivement difficile et générer en beaucoup de confrères une sensation désagréable d’ :
Être sans ressources : "redémarrer est possible mais je ne me sens pas capable..."
Être sans espoir : "l’objectif est aujourd’hui totalement inaccessible, quelles que soient mes capacités je n’y arriverai pas…"
Être sans valeur : "Je ne mérite pas cela, je ne suis pas à ma place, je n’ai pas le droit de, je n’ai rien fait pour…"

D’abord conçu pour nous alerter, le biais de négativité peut donc nous conduire vers une pensée limitante, et il faut, pour conclure cet article et élaborer l’avenir, savoir nous en débarrasser.
"Je ne vais pas y arriver. Je ne saurai pas faire. » Préjugé !
"Il est évident qu’ils préfèreront garder une femme car elles sont plus sérieuses." Stéréotype !
"Je suis persuadé(e) qu’un homme aura plus de chances de réussir." Discrimination !
"J’ai renversé mon café ce matin, ce n’est pas bon signe." Superstition !

Ajoutons un biais de confirmation par-dessus, et nous obtenons un cocktail intime de sentiments défaitistes approuvé par nos propres croyances.

Ces pensées sont limitantes en ce qu’elles nous empêchent d’agir ou réduisent notre champ des possibles. Auto-prophétiques, elles provoquent inconsciemment ce que nous croyons.
Les croyances limitantes proviennent d’un système lié à l’alerte, à la peur, elles forment un mécanisme de protection. Nous croyons à tort qu’elles nous protègent de la déception, des critiques, des blessures ou des échecs.

Elles causent en réalité un conflit interne et une frustration, il est donc utile de comprendre et d’en établir la raison.

Lorsque l’on commence à découvrir, à déloger une croyance limitante, on réalise alors que celle-ci peut paraître incohérente, stupide, en contradiction avec ce que l’on est ou ce que l’on veut et en même temps, on ne peut pas s’empêcher d’être influencé.

Si nous sommes attentifs à notre langage, chacun d’entre nous révèle ses croyances pour tout un tas de choses au travers des phrases comme :

"Si je réussis dans…j’ai peur que - Je ne suis pas capable de…parce que - Je suis trop/je ne suis pas assez… - J’ai toujours le problème de… - Je n’ai jamais réussi/ J’ai toujours le problème de……il est évident que…je suis persuadé que".

C’est pour cette raison qu’il est important de verbaliser nos pensées afin de nous en permettre le décodage et le partage de la critique positive, maintenons que collectivement nous nous écoutons.

Et lorsque j’en débusque une, je m’interroge, quel est le but de cette croyance ? En quoi m’a-t-elle déjà freiné auparavant ? Qu’est-ce qu’il se passerait si je n’avais plus cette croyance ? Qu’est-ce que cela va me coûter si je continue à l’entretenir ? Si j’arrive à l’éliminer, qu’est-ce qu’il y aura comme changement dans ma vie ?

Les prises de conscience, évolutions, transformations et développement professionnels ne se font pas sans un renoncement au passé et un travail urgent sur l’avenir... pour le présent, il est déjà trop tard, et les voies de recours sont peu nombreuses.
L’autre c’est moi…
Ce qui fut notamment pour moi une position à tenir lors d’une conférence Berryer en 2007, (face à notre confrère Steeve Ruben et avec notamment Xavier Autain à la contre critique, qui aujourd’hui fait en première ligne celle de la défense de nos retraites), prend aujourd’hui tout son sens pour chacun de nos confrères et notre corporation.

Sans porter une réelle et profonde attention à notre corps et nos cerveaux, recentrée sur ses membres, ses énergies et ses blessures, mais également sur de nouvelles méthodes de développement et de nouveaux pans d’apprentissage, il va être difficile de porter notre assistance, notre conseil ou notre défense à d’autres personnes.
Sans ce soin porté à nos valeurs, à nos croyances et à notre équilibre, c’est un tiers de nos membres, de nombreux espoirs de progrès et une large part des garanties de notre Etat de Droit que nous risquons de perdre.

Une mission d’enquête et une mise en observation de la santé psychologique de notre Profession est aujourd’hui plus que nécessaire et j’appelle ici à sa mise en place.

Elle apportera une prise de conscience et des solutions pour que la vocation de nos forces vives ne soit plus l’alibi de leurs souffrances tues mais un vrai vecteur de développement personnel et professionnel.

Ceux que j’accompagne comme confrère et coach l’ont d’ores et déjà compris, prêts à investir individuellement et collectivement le champs des possibles.

What’s next...

Christophe CARIOU-MARTIN
Avocat Associé TOURNY AVOCATS AARPI
Coach accrédité ICF Consultant FURTHER LEGAL COACHING

Recommandez-vous cet article ?

Donnez une note de 1 à 5 à cet article :
L’avez-vous apprécié ?

3 votes

A lire aussi dans la même rubrique :

LES HABITANTS

Membres
PROFESSIONNELS DU DROIT
Solutions
Formateurs